rodarte printemps/été 2017

Kate et Laura Mulleavy ont pensé leur collection comme un miroir inversé de la décadence individualiste actuelle. Brillant.

par Rory Satran
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15 Septembre 2016, 3:30pm

Janis Joplin a sans doute écrit le plus bel a capella de sa carrière avec Mercedes Benz avant de mourir à l'âge prophétique de 27 ans des suites d'une overdose d'héroïne. Écrit main dans la main avec le poète Michael McClure, cet écrin de beauté sonore se fait le miroir inversé du rêve américain, parle des belles choses chères qu'il faut acquérir (une Mercedes, une télé couleur, une Porsche ou une collection Rodarte, par exemple). Parce qu'aujourd'hui, la marque rend un hommage à la chanteuse la plus irrévérencieuse du continent en infusant dans ses pièces des imprimés psychédéliques très seventies. L'autre inspiration principale de ce show, d'après Laura, tient en un film, espagnol, L'esprit de la Ruche. "C'est un conte qui nous apprend à voir les choses avec candeur et naïveté, à l'image des enfants, confiait-elle. L'idée était de montrer qu'il ne faut jamais renoncer à sa créativité au quotidien." Rodarte, quand on y pense, a toujours fait preuve d'une imagination débordante (voire décadente) à la Janis Joplin, sans doute, présente en filigranes et par petites touches dans toute la collection : dans les vestes en cuir diamantées, les fleurs brodées, les fleurs en couronne sur la tête. 

Laura, à ce propos, parlait de sa découverte de la chanteuse américaine en ces termes, se remémorant : "C'était comme découvrir une peinture de Monet pour la toute première fois. On a l'impression de tout savoir de la vie et soudain, quelqu'un apparait, comme Janis et vous ne pouvez que vous demandez : comment ai-je fait pour passer à côté d'elle ? C'est une véritable chance de l'avoir découverte. Nous en sommes d'autant plus conscients aujourd'hui". 

On n'aurait pu trouver de plus bel hommage à l'état d'esprit de Janis. Entonné sur un refrain des Velvet Underground, le défilé s'est clot sur I'm Set Free. Pour mieux célébrer la liberté de créer, sans doute. 

Credits


Texte : Rory Satran
Photographie : Mitchell Sams

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