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banksy va-t-il devoir se mettre aux produits dérivés ?

Dans sa croisade contre le capitalisme, le street-artist britannique combat le feu par le feu.

par Andrea Nkom
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11 Mars 2019, 11:11am

On le sait, Banksy a toujours accordé une importance prépondérante à son anonymat. Si cela lui a permis de bâtir sa mythologie personnelle et empêché de s’attirer des ennuis avec la justice britannique - qui punit le street art sous toutes ses formes - ça l’a également empêché de faire valoir son droit sur ses oeuvres dans de nombreuses situations.

Banksy, qui a notamment déclaré que « le copyright, c’est pour les losers », se fiche globalement du droit d’auteur. Cependant, l’artiste anti-capitaliste ne tient pas non plus à ce que le grand public se fasse exploiter en son nom, c'est la raison pour laquelle que l’an dernier, il a franchi une étape inédite dans la protection de son œuvre. Fin 2018 débute l’exposition « The Art Of Banksy. A Visual Protest» au Mudec, un musée d’art milanais. Le musée expose les œuvres de Banksy sans son autorisation et se permet de mettre en vente des produits dérivés décorés des œuvres les plus célèbres de l'artiste.

Cette fois, Banksy contre-attaque et décide de s'en prendre au musée via Pest Control, la société chargée d’authentifier ses oeuvres. Mais c'est un dilemme cornélien qui se présente à lui puisque pour attaquer le musée, il a le choix de : 1) décider de faire valoir son droit d’auteur, ce qui entrainerait la perte de son anonymat, 2) utiliser le droit des marques, ce qui va à l’encontre de sa position farouchement anticapitaliste. Il opte pour la seconde option, et la semaine dernière, le jugement du tribunal lui donne en partie raison. Si l’expo peut se poursuivre et continuer à utiliser le nom de Banksy, le musée n’a plus le droit de commercialiser de produits dérivés, qui relèvent de la marque « Banksy ».

Un hic demeure : une marque ne peut être protégée que si elle est exploitée. En d'autres termes, si Banksy ne veut pas que des tiers exploitent sa marque, c'est à lui de commercialiser ses propres produits dérivés - sinon, il perdra le bénéfice de sa marque. Un positionnement pour le moins problématique pour un artiste dont l'oeuvre repose sur l'idée que personne ne peut se l'approprier. Pas même aux enchères, où un acheteur en a récemment fait les frais. L’arroseur arrosé ?

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