The Specials

brian griffin a photographié les plus grandes icônes des années 1980

« Iggy avait quelque chose d’écrasant, mais j’ai réussi à le gérer. »

par Oliver Lunn
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30 Novembre 2017, 9:10am

The Specials

Dans les années 1980, le britannique Brian Griffin photographie toutes les stars montantes de l’industrie musicale. Il immortalise d’immenses artistes, d’Iggy Pop à Kate Bush en passant par Depeche Mode ou Echo & the Bunnymen. Avec plus de cent pochettes d’album et de couvertures de magazines à son actif, il est à ce jour l’un des chroniqueurs visuels les plus emblématiques de la new wave, du post-punk et des New Romantics. Pourtant, quand cet enfant de Birmingham déménage à Londres à 25 ans après avoir étudié la photographie à la Manchester Polytechnic, il rêve plutôt de bosser dans la mode.

« Ça s’est mal fini », plaisante-t-il aujourd’hui, se remémorant ses débuts en tant que « photographe d’hommes d’affaires ». Alors comment s’est-il retrouvé à immortaliser les visages les plus emblématiques de la scène musicale des années 1980 ? « J’ai emmené mon portfolio chez STIFF Records, qui était un label indépendant à l’époque, et je leur ai montré mon travail. Ils l’ont aimé et c’est comme ça que tout a commencé », raconte-t-il.

Le nouveau livre de Brian, POP – un ouvrage de 400 pages qui s'étire du milieu des années 1970 jusqu’à la fin des années 1980 – met en lumière l’une des plus riches périodes de l’histoire de la musique, quand une nouvelle scène semblait émerger chaque semaine. Au cœur de cette effervescence, Brian braque son objectif sur les visages qui façonnent ce nouveau paysage musical. Pour i-D, il est revenu sur les clichés qui ont marqué cette période.

The Specials
« Cette séance a eu lieu chez un barbier de Coventry pour le Radio Times. Tout était prêt quand je suis arrivé, j'avais seulement besoin d'être là et de déclencher l’obturateur. J’étais un jeune photographe, ils auraient pu me manger tout cru, parce que j’étais très naïf. Il fallait que je leur donne des instructions. Depuis, je dirige les gens assez fermement, encore plus aujourd’hui. Je considère mes sujets comme des marionnettes à qui il m'est permis de demander de bouger de telle ou telle manière. »

Iggy Pop
« Le shooting s’étalait sur une journée complète et ce jour-là, Iggy m’a épuisé. Nous étions à Notting Hill. Il m’a lessivé, il avait une telle énergie. J’étais jeune donc plutôt en forme, mais lui était extraordinaire, particulièrement inventif, génial dans son corps, dans sa façon de se mouvoir. J’avais un grand respect pour lui parce qu’il venait tout juste de travailler avec Bowie à Berlin. Iggy avait quelque chose d’écrasant, mais j’ai réussi à bien m’y prendre avec lui. Le jour d’après, il faisait son shoot promotionnel et je ne suis pas venu parce que ce n’est pas moi qui avais été commissionné pour le réaliser. Il est devenu fou parce que je n’étais pas là. C’est donc qu’il aimait bien l’idée que je sois dans les parages, ce que je ne m’explique toujours pas. »

Elvis Costello
« Cette photo a été prise dans une maison ou un palace du label, sur les Collines d’Hollywood. Je devais une série au Sunday Times Magazine parce que le groupe jouait à la Hollywood High School. Je sortais beaucoup avec eux et la séance s’est improvisée alors que nous buvions un verre près de la piscine. J’ai dit à Elvis de s’étendre sur le plongeoir. Quelque temps plus tard, j’ai ramené mon travail à Londres et le Sunday Times s’est montré très ferme : il ne voulait d’aucune de mes photos. Elvis Riviera, le manager d’Elvis, m’a demandé toute la série et mes images ont finalement servi comme pochettes de singles et couvertures d’albums. »

Echo & the Bunnymen
« J’ai pris cette photo à Porthcawl Beach, en Galles du Sud, pour la couverture de leur album Heaven Up Here. Le groupe travaillait à Rockfield, un super studio à l’époque, et Porthcawl était la plage la plus proche. L’idée de l’image venait de leurs managers, qui voulaient qu’on les voit entourés de mouettes sur une plage. Je les ai photographiés comme de toutes petites silhouettes, ce qui, comme vous pouvez l’imaginer, n’a pas vraiment plu au label – Ian McCulloch était très beau et ses managers voulaient qu’on le voie le plus possible. Je n’ai pas été bien reçu, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais ils ont fini par choisir cette photo et NME l’a élue meilleure pochette d’album de l’année. »

Kate Bush
« Kate avait en tête A Broken Frame de Depeche Mode, elle avait beaucoup aimé cette photo prise dans le champ de blé et souhaitait quelque chose de proche. J’ai donc trouvé un champ dans lequel nous pouvions travailler, proche de ma maison à High Wycombe. Nous sommes allés là-bas avec le propriétaire du champ, les maquilleurs, les coiffeurs, les assistants et nous avons réalisé le shooting au beau milieu de ce champ. Kate est une femme géniale, tout à fait extraordinaire. Je ne vois pas ce qu’on peut dire d’autre d’elle, vraiment : elle est extraordinaire. C’est quelqu’un d’impossible à oublier, même après avoir passé une seule journée avec elle… »

Siouxsie Sioux
« Nous avons utilisé une larme en argent, qu’on peut voir près de son œil droit. Pour réaliser la photo, j’ai beaucoup joué sur la double-exposition, ce qui correspond bien à Siouxsie. L’important, c’était d’avoir de la pellicule dans mon appareil, de ne pas bouger, de rembobiner l’appareil et de faire une nouvelle prise sur la précédente. »

POP de Bryan Griffin est publié par GOST Books.

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