on n'en fait plus des comme ça : les 8 clips de boys band qui nous font regretter les années 1990

On se replonge dans l'esthétique de Take That, Boyz II Men ou Backstreet Boys, et tout ce qu'elle avait de chorégraphies millimétrées, de coupes de cheveux approximatives et de torses huilés.

par Tom Aspaul
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29 Août 2017, 8:42am

Screenshot von YouTube aus dem Video "'N Sync - Tearin' Up My Heart" von NSYNCVEVO

Depuis quelque temps, je pense énormément à One Direction. Plus précisément : à tout ce qui manquait à ce groupe pour réellement entrer dans l'histoire de la musique. À savoir les chorégraphies intemporelles, les clips cultes et les tenues ridicules. Il fut un temps, pas si lointain, ou le boys band était roi, était loi. Des groupes R&B américains aux formations dance-pop cheesy du Royaume-Uni – sans oublier les stars françaises du Hit Machine – le monde était peuplé de looks embarrassants et de coupes de cheveux improbables. Les ados ne juraient que par les litres de gel et les mèches blondes, terrassés qu'ils étaient par les phéromones males et leur cœur en construction. Les années 1990 dans toute leur gloire, si vous voulez, avant que Westlife ne tue la danse et ruine tout le reste. Allez, retour sur les perles de nos jeunes années.

Take That, Do What U Like (1991)
Les strings en maille ? Check. La tenue bondage ? Check. La bataille de gelée fluo torse-nu ? Check. Pourquoi pas. Quand on sait ce qu'est devenu Take That, on comprend assez difficilement comment ils ont pu laisser ce clip sur leur chaîne YouTube officielle. Personne n'autoriserait une telle vidéo aujourd'hui, si ? La vue des fessiers des membres du groupe est restée gravée sur ma rétine depuis mon plus jeune âge. C'est à ce moment-là que j'ai su que j'étais gay. Mes sœurs avaient la cassette vidéo, et je pense que j'ai usé la bande à force de mettre pause au moment où cette fille (chanceuse) nettoie la gelée des fesses de Robbie Williams.
Alors imaginez ma déception aujourd'hui, quand je me regarde à nouveau le clip en attendant ce moment-clé de ma vie… Et rien. Cette version postée sur leur chaîne est éditée, purifiée de tous ces culs qui ont éclairé ma jeunesse. Vous allez devoir faire avec et compter sur votre imagination.
Ce qu'il en reste : On n'a jamais bouffé la gelée de la même façon après ce clip.

Color Me Badd, I Wanna Sex You Up (1991)
C'était bizarre le début des années 1990, non ? Je ne m'en souviens pas vraiment, mais c'était clairement une étrange période pour la mode et la musique, comme le dernier râle du pire des années 1980. Par exemple, éveillé par le succès du new jack swing et des New Kids On The Block, un gars très malin de l'industrie musical s'est dit à l'époque : « Pourquoi ne pas fusionner les deux ?! » Et comme ça, d'un coup, Color Me Badd était né. Bon, rendons leur ce qui leur appartient : ce son est d'une douceur extrême et certains des membres ne sont pas en reste physiquement, loin de là.
La personne à qui est venue cette idée de clip mérite un Video Music Award. C'est finalement ce qu'on peut s'imaginer d'une chanson qui s'appelle I Wanna Sex You Up, même si le titre serait plus fidèle au visuel si on le rallongeait un chouïa : I Wanna Sex You Up In The Office and Then Probably (And Deservedly) Get Done For Sexual Harassment.
Ce qu'il en reste : Je suis quasiment sur que c'est ce clip qui a instauré la « bonne » habitude du plan « cassé » - ce plan de caméra incliné qui nous fait un peu mal au bide.

Boyz II Men, I'll Make Love To You (1994)
En voilà une façon toute distinguée de dire « j'ai envie de te ****** ». Pour ce qui est du clip, il s'y passait beaucoup trop de choses pour qu'on parvienne à y comprendre quoi que ce soit. Mais au moins il se passait quelque chose. On est quasiment dans le court-métrage, filmé comme un soap australien au budget proche de zéro, avec une tonne de flous artistiques et de bougies. Eh oui, en 1994, les boys bands n'avaient pas peur des concepts novateurs. Pour le meilleur et pour le pire.
De ce que j'arrive à saisir de la narration du clip : un mec sacrément beau gosse (joué par un acteur et pas un membre de Boyz II Men, bizarrement) installe un système de sécurité dans le palace d'une femme, elle aussi très belle. L'homme ne porte ni salopette ni tenue de travail. Il est même diablement bien sapé pour un électricien. Elle lui dit qu'elle se sent en sécurité grâce à lui. Puis elle prend un bain, pendant un bon bout de temps. Il lui écrit une lettre. Elle lit la lettre, se touche un peu en même temps. Et puis c'est tout. Pendant ce temps-là, nos quatre compères de Boyz II Men déambulent sur les marches ou devant le portail du manoir de la jeune dame et chantent en gémissant qu'ils veulent lui faire l'amour. Bonjour 1994.
Ce qu'il en reste : J'ai envie qu'on m'installe un système de sécurité chez moi. Immédiatement.

Backstreet Boys, Quit Playing Games (with My Heart) (1996)
Un peu dans la lignée du souffle homo-érotique de Take That, on en arrive au summum de l'imagerie gay moyennement subtile utilisée à l'époque pour vendre de la musique (géniale, soit dit en passant) aux jeunes adolescentes. Personne ne peut résister à cette chanson. Contrairement à beaucoup d'autres clips des Backstreet Boys, celui-ci ne s'aide pas d'une chorégraphie millimétrée, et c'est bien dommage. Mais bon, on s'en fout quand, à la place, nos héros s'adonnent à un concours de t-shirts mouillés dans une cour de récréation, pas vrai les filles ?
Ce qu'il en reste : Les tétons d'Howie.

Five, Slam Dunk (Da Funk) (1997)
On passe d'un tube de Max Martin à un autre. Et j'adore Max Martin, mais sérieusement, ça veut dire quoi « Slam Dunk (Da Funk) » ? Peu importe, mais déjà à l'époque, j'étais assez intrigué par ce groupe de quatre gamins anglais qui parlaient de basketball dans leurs chansons et qui rappaient avec un accent américain au pied d'un HLM. Mais là est justement toute la beauté du truc. Dans son absurdité. Toute la force de Five, dans leurs premières années, est venue de leur capacité à copier leurs vis-à-vis américains d'une manière si maladroite qu'elle en est devenue mignonne. Et puis après tout, leurs chorégraphies tapaient dans le mille et les mecs étaient beaux gosses. Que demande le peuple ?
Ce qu'il en reste : Des remerciements infinis à cette vidéo, qui a fait entrer Jason « J » Brown dans nos vies.

NSYNC, Tearin' Up My Heart (1997)
Et encore un autre hit signé Max Martin (!) pour un clip qui use de tous les archétypes du boys band : le play-back enflammé, l'incroyable synchronisation des pas de danse et de leurs tenues. Pas « SYNC » pour rien les gars. Les premiers clips des boys band ont toujours quelque chose de spécial, une saveur particulière de début de carrière. Peut-être une hargne encore innocente qui s'explique par la recherche d'un succès encore majoritairement absent. Cette vidéo a quelque chose de pur, comme quand Justin Timberlake chante : « I am down on my knees » et que ses quatre potes tombent à genoux juste après. Si ça ne marche pas sur vous je ne peux pas vous aider.
Ce qu'il en reste : Quand on regarde cette vidéo aujourd'hui, on se demande parfois pourquoi ce n'est pas JC Chasez qui a percé à la place de Justin.

A1, Be the First to Believe (1999)
Sur le papier, A1 aurait dû marcher dès la première seconde. Tous les ingrédients étaient réunis : le blondinet souriant, le narquois aux cheveux bruns qui lui encadraient le visage, le timide tout le temps bronzé, et le mec avec une coupe en pics qui passait son temps à déambuler en serviette de plage. De l'or en barre, non ? Ça pourrait tout aussi bien être une description de Take That cru 1992 ou des Backstreet Boys de 1997. Mais malgré les chorés, l'auto-bronzant et des chansons parfois efficaces, il y a toujours eu quelque chose qui me chiffonnait avec ce groupe. Les choses ont plutôt roulé pour les gamins d'A1, jusqu'à leur horrible reprise de Take On Me. Et puis, arrivant à la fin de la décennie, peut-être aussi qu'on en avait simplement assez des boys band.
Ce qu'il en reste : Caught In The Middle, le tube du groupe qui a acté leur rédemption. Mais un peu trop tard, quand la formule nineties commençait déjà à se tarir.

B2K, Uh-Huh (2001)
D'accord, je triche un peu ici en extirpant celle-là de la décennie suivante, mais dieu sait que la chanson vaut bien un petit écart. La chanson, que dis-je, l'incroyable tube. Et ce clip ! Le décor à gros budget, les tenues, les abdos, la danse… Et ils n'avaient que 15 ans ! En quoi c'était légal cette affaire ? Ils n'étaient pas censés être à l'école ? Et pourquoi ils avaient l'air d'être sous stéroïdes ? À leur âge à ce moment-là, je jouais au Sims jusqu'à 1h du matin ou je me bouffais un bucket entier de chez KFC en chatant sur MSN. Je ne faisais pas ça. On applaudit quand même le flair de la personne qui a réuni leurs talents. B2K méritait une carrière plus longue, c'est triste d'avoir vu le groupe imploser, mais on a pu se consoler avec les quelques diamants qui sont sortis de la carrière solo d'Omarion.
Ce qu'il en reste : Justement, un album d'Omarion qui s'appelle Sex Playlist. Un titre carrément cool.

Et voilà. Avouez qu'en finissant la liste, vous en arrivez presque à regretter votre coupe au gel. Bien sûr, depuis les années 1990 on a eu JLS, McFly ou The Wanted. Sans parler du mastodonte des boys bands, One Direction, qui s'en sont sortis avec les honneurs même s'ils ne savaient pas danser pour un sou. Reste quand même qu'il y a un énorme vide en termes de boys band dans la culture pop occidentale actuelle. Verra-t-on un jour le retour des chorégraphies et des sous-entendus homo-érotiques ? Est-ce que le nouveau projet de Simon Cowell, PRETTYMUCH, ouvre la voie au revival ? Je l'espère très fort.

Tom Aspaul écrit des chansons pour vos pop stars préférées. Vous pouvez aussi écouter son podcast très drôle, Bottle Pop, par ici.

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