Jeanette, l'enfance de Jeanne d'Arc

10 films à voir absolument cette rentrée

À peine remis de « 120 battements par minute », la rentrée ciné signe le retour du clown qui a ruiné notre enfance, une version hallucinée de celle de Jeanne d’Arc, l’épopée rap et white trash de Patti Cakes et une « Happy End » d’Haneke.

par i-D France
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30 Août 2017, 11:15am

Jeanette, l'enfance de Jeanne d'Arc

Jeune Femme, de Léonor Serraille, sortie le 1er novembre

Il y a quelques mois,i-D se réjouissait du retour des loseuses à l'écran – de Lena Dunham dans Girls à Virgina Efira, avocate au bord de la crise de nerfs dans Victoria. Auréolé de la Caméra d'Or, le premier long-métrage de Léonor Serraille retrace le périple odysséen de l'une d'entre elles : Paula, 30 ans, larguée par son mec et lâchée dans la jungle parisienne, les poches vides et le coeur lourd. Librement inspiré de la vie de son auteure, Jeune Femme discute et disserte de tout : de l'avortement, de masturbation, de la solitude en ville et des poils sous les bras. Hé ouais. C'est aussi ça, la vie d'une vraie Jeune Femme. M.B

En Attendant les Hirondelles de Karim Moussaoui, sortie le 8 novembre

L'Algérie, Karim Moussaoui y est né et y a grandi. C'est d'ailleurs à la jeunesse de son pays natal que le réalisateur dédiait son moyen-métrage, Les Jours d'Avant (2013). Il y retraçait alors l'histoire d'une génération aux espoirs freinés par la guerre civile de 1991. Avec son dernier film propulsé à Cannes dans la section Un Certain Regard, le cinéaste s'attaque aux désillusions du peuple algérien en 2017. De quoi rêve-t-il, qu'attend-il ? Un printemps à la hauteur de ceux qui ont réveillé la jeunesse tunisienne ou égyptienne, laisse entendre le titre prophétique de son film, En Attendant les Hirondelles. Ou juste de l'optimisme et de l'espoir. Nul doute qu'ils seront portés par la jeune génération qui vient. M.B

Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc de Bruno Dumont, sortie le 6 septembre

Mélanger pop, métal et dabber sur un texte de Charles Peguy autour de la révélation de Jeanne d'Arc : c'est le défi relevé par Dumont dans ce film hallucinant d'audace. La cousine de Jeannette se déplace en faisant le pont, son oncle rappe en robe de bure, sa bonne sœur a une jumelle et semble avoir appris à danser au Hellfest. Pendant ce temps là, Jeannette fredonne son destin comme un tube de l'été. Décalée mais sincère, sa performance transgresse tous les genres et chante haut la candeur de l'enfance. M.R

Barbara, Mathieu Amalric, sortie le 6 septembre

Affres de la création, tourments du succès et infinie solitude, la vie de Barbara semblait taillée pour le biopic. Mathieu Amalric s'était déjà immiscé dans le quotidien du spectacle avec Tournée, épopée burlesque d'une bande de strip-teaseuses emmenée par un patron intense, lui-même interprété par Amalric. Près de vingt ans après la mort de Barbara, le réalisateur rejoue à la mise en abyme et interprète un cinéaste travaillant à un film sur la dame en noir. Pour parfaire cette composition enchâssée, c'est à Jeanne Balibar (elle-même chanteuse) que revient la partition de Barbara. M.R

12 jours de Raymond Depardon, sortie le 29 novembre

12 jours, c'est le temps avant lequel les personnes internées contre leur gré sont présentées à un juge dans le cadre d'une audience. L'intérêt de Depardon pour la psychiatrie n'est pas neuf : en 1980, il y consacrait déjà San Clemente, film dédié à un hôpital psychiatrique italien sur le point de fermer ses portes, errance déchirante de patients livrés à eux-mêmes dans des couloirs anonymes. Avec 12 jours, c'est toute la procédure institutionnelle qu'il interroge, invitant à une réflexion puissante sur l'idée même de liberté. M.R

Petit Paysan de Hubert Charuel, en salle aujourd'hui

Un jeune éleveur de vaches laitières découvre que l'une de ses bêtes est infectée par une dangereuse épidémie. Pour sauver l'exploitation familiale, il est prêt à tous les compromis. Parce qu'il est temps que le naturalisme cesse d'être la seule approche valable du monde agricole et que le film rechigne à s'inscrire dans un genre particulier, oscillant en permanence entre thriller et tragédie. Hubert Charuel a puisé dans son enfance le décor de ce drame rural porté par le brillant Swann Arlaud. M.R

Patti Cake$ de Geremy Jasper, sortie le 30 Août

Les plus de 20 ans se souviennent d' 8 Mile, le film épique et culte inspiré de la vie d'Eminem. Les Millenials retiendront peut-être Patti Cake$. Le premier film du réalisateur de clips Geremy Jasper met en scène une apprentie rappeuse qui veut à tout prix s'extirper de son New Jersey natal et des griffes de sa mère, chanteuse de country raciste et ratée. Patricia Dombrowski alias Patti Cakes parvient finalement à ses fins en montant un crew de hip hop avec sa grand-mère, son meilleur ami et un jeune anarchiste réfractaire rencontré au hasard de ses déambulations dans un supermarché. Pop et burlesque, Patti Cake$ est la comédie qui va adoucir votre rentrée. Bonus : la traduction des lyrics a été orchestrée par Deen Burbigo, savant rappeur de l'Entourage. M.B

Seule La Terre de Francis Lee, sortie le 6 décembre


Une ferme, deux garçons que tout oppose, une idylle homoérotique naissante en territoire hostile : c'est le pitch du premier long-métrage orchestré par le cinéaste anglais Francis Lee, Seule La Terre. Ok, c'est aussi celui de Brokeback Mountain mais rien ne sert de chercher dans cette romance un remake du carton signé Ang Lee. Epurée et solennelle, c'est l'histoire de Johnny Saxby, jeune éleveur de moutons dans le Yorkshire rural et agraire d'aujourd'hui qui fait la connaissance de Gheorghe, un immigré roumain venu aider la pour la saison. Autour de ces deux ados et à l'abri des regards naît une relation plus complexe qu'elle en a l'air – et un teen-movie plus politique qu'il n'y parait. M.B

Happy End, Michael Haneke, sortie le 4 octobre

Autopsie d'une famille bourgeoise sur fond de crise migratoire, Happy End poursuit l'exploration des liens du sang si chère à Haneke. Au casting, Trintignant et Huppert, fidèles comédiens du cinéaste autrichien et Mathieu Kassovitz, nouvelle recrue de ces retrouvailles sous tension. Présenté au dernier festival de Cannes, Happy End n'a pour l'instant droit qu'à une formule « Tout le monde et nous au milieu, aveugles. » Peu de chances pour que ça se termine bien. M.R

Ça, Andrés Muschietti, sortie le 20 septembre

Après s'être imposé dans l'imaginaire collectif à la télévision, le clown de Stephen King s'invite au cinéma. S'attaquant à une bande de misfits qui n'en demandaient pas tant, un clown maléfique terrorise une petite ville tranquille du Maine. S'il s'annonce particulièrement inquiétant, Ça n'est pourtant pas qu'un film d'horreur. A travers ses laissés pour compte, le film porte aussi le deuil d'enfants qui, héroïques ou non, ne riront plus jamais comme avant. M.R.L

Crédits


Texte : Malou Briand et Marion Raynaud Lacroix

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