à londres, la mode ressuscite la culture club anglaise

Alors que la fashion week démarre à Londres et que la Fabric ferme, la nouvelle génération de jeunes designers exporte la fête sur les podiums de mode.

par Anders Christian Madsen
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19 Septembre 2016, 2:30pm

molly goddard spring/summer 17

Le dernier jour de la Fashion Week new-yorkaise, Marc Jacobs a lancé la fête, esprit club kids. Elle continue à Londres. Pour son premier défilé, la reine du tutu Molly Goddard est allée puiser dans les productions de mode épiques qui parsemaient son adolescence. « Le monde est souvent assez triste, non ? Donc on essaye simplement de rendre la mode aussi fun que possible. Et je regarde souvent des anciens défilés, quand il n'y avait aucune limite d'argent ou de grandiloquence. J'ai essayé d'émuler ça, avec un budget plutôt insignifiant, » racontait-elle en souriant, en coulisses au Spitalfields Market, qui accueille les défilés NewGen cette saison. 

Molly Goddard printemps/été 2017

« La collection est un retour à mon adolescence. On s'habillait différemment, on ne voulait pas ressembler à tout le monde. On faisait des pièces nous-mêmes, on customisait des trucs. » Une notion qui décrit parfaitement l'aisance et l'attirante naïveté des inventions de Goddard. Cette nostalgie ne fait pas forcément référence aux anciennes productions glamours de Mugler, Gaultier ou Galliano, mais à la Fashion Week londonienne d'il y a tout juste 10 ans, quand les défilés de Gareth Pugh ressemblaient à des concerts de rock déchaînés. Quand l'industrie de la mode londonienne n'était pas aussi propre.

Molly Goddard printemps/été 2017

« Je voulais montrer qu'un défilé pouvait être drôle. Parce que j'ai vu beaucoup de défilés qui n'étaient pas très drôles, » explique Goddard, avant de nuancer : « Pas terrible comme citation. » Mais si ! La nouvelle génération de designers londoniens - principalement des femmes - dont fait partie Goddard est en train de ramener lentement mais sûrement le souffle de folie qui définissait la mode britannique. 

Matty Bovan printemps/été 2017

Ashley Williams, Mimi Wade, Paula Knorr, Marta Jakubowski, Sadie Williams, Shrimps et Ryan Lo et Matty Bowan (côté mecs) ont tous amené leur(s) grains(s) de folie aux premiers jours de la Fashion Week londonienne. Avec toute l'irrévérence de la mode de Londres d'il y a dix ans, avant que les club kids ne disparaissent et que les scènes underground ne s'étalent publiquement sur Instagram. 

House of Holland printemps/été 2017

Et même Gareth Pugh et Henry Holland, aujourd'hui piliers de l'establishment, ont fait des clins d'œil à leurs racines clubbing d'il y a dix ans, quand ils marchaient sur la mode londonienne avec un petit mais influent groupes de designers. En commémoration de son dixième anniversaire, Holland a conclu avec une parade de slogans ésotériques : « You make me hard, Molly Goddard » … Pugh quant à lui, a été vu avec un t-shirt griffé des mots « Optimism as creative rebellion ». 

Gareth Pugh printemps/été 2017

Simone Rocha s'est rapidement fait un nom dans le milieu, mais son design féminin et émotif, ses codes et ses valeurs font d'elle une influente représentante de la nouvelle génération de designers londoniens. Cette saison elle prenait ses quartiers à la Southwark Cathedral pour un défilé aux échos subversifs et à l'allure presque grivoise pour les couloirs d'une cathédrale. 

Simone Rocha printemps/été 2017

Samedi soir, Zayn Malik et Gigi Hadid observaient du bord de piste Belle Hadid ouvrir le défilé Versus de Donatella Versace. Un défilé qui avait peu à voir avec l'underground londonien, mais qui était un rappel bienvenu : même la crème de l'establishment de la mode voit encore Londres comme le noyau du plaisir et de l'amusement jeune.  

Simone Rocha printemps/été 2017

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Texte Anders Christian Madsen

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