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jeremy scott printemps/été 2017

Cuir rose, jupes crayons et sweat-shirts en hommage à New York : c'était la lettre d'amour du créateur à sa ville chérie.

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13 Septembre 2016, 10:49am

"Mais je n'étais qu'un enfant !" s'est exclamé Jeremy Scott, choqué qu'on le pense assez vieux pour avoir vécu et écumé les raves du New York des années 1980. Peu étonnant qu'on lui demande sa carte d'identité, le créateur s'est inspiré plus que de mesure de cette époque aérienne pour sa collection printemps/été 2017. Jean-Michel Basquiat et Madonna parcouraient le Lower East Side, Scott était à l'école à Kansas City, au fin fond du Missouri. Mais il rêvait déjà d'ailleurs, de la ville et sa belle effervescence. "Cette collection, c'est une lettre d'amour à New York," confiait-il en backstage de son défilé. 

"Je me suis replongé dans l'imagerie du New-York des années 1980, quand les gens portaient fièrement des tenues ultra-sexy, osées, à la limite du BDSM dans les rues. L'allure était stricte mais l'air ambiant était à la fête et la liberté," soulignait le créateur. 

Un arrière-goût acide de lendemain de cuite était en effet à l'honneur chez Jeremy cette saison. En rose et néon, vinyle noir et pins colorés, over-sized ou au contraire, très ajustés, Jeremy Scott a pensé sa collection et le maquillage de ses mannequins comme un hommage à Liquid Sky comme à l'ère politique d'Ed Koch, aux commandes de la Big Apple dans les seventies. "Slime City" pouvait-on lire en grosses lettres sur l'un de ses mannequins. 

La seconde phase de ce défilé mettait les formes géométriques chéries par la décennie 80 à l'honneur. La panoplie des raveurs, en guise de conclusion, se retrouvait disséminée dans les jupes triangles et trapèze, dans l'ajout de sequins bleu nuit et les coupes très glamour. « C'est comme si une navette spatiale s'invitait dans une soirée habillée. C'est une soirée ovniesque qui démarre alors, » s'esclaffait Scott en backstage. Le créateur n'avait peut-être pas l'âge de sortir en club dans le New York excentrique et extatique des années 1980, mais sa version imagée, fantasmée de cette époque en retranscrit brillamment l'aura délurée. 

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Credits


Texte : Alice Newell-Hanson
Photographie : Mitchell Sams