6 artistes féminines imposent leurs corps sur instagram

Ces jeunes photographes mettent à profit leur regard authentique et novateur pour renverser la représentation du corps féminin sur internet.

par Blair Cannon
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02 Août 2016, 1:50pm

Sur les réseaux sociaux, les débats autour du corps (et particulièrement des corps féminins ou queer) sont trop souvent propres à la controverse, la comparaison biaisée et la censure. Mais sur Instagram, l'acceptation (et surtout l'auto-acceptation) du corp féminin - dans toute sa pluralité - devient lentement mais sûrement la norme. Les six photographes qui suivent font partie de cette nouvelle vague, de ces jeunes qui s'exposent ou mettent les autres en avant pour promouvoir une vision du réel, des formes naturelles et des couleurs. Via Instagram et Tumblr, ces artistes proposent une expérience visuelle différente et révolutionnent les débats qui prennent racine sur les réseaux sociaux et ailleurs. 

Laurence Philomene
Basée à Montréal, la photographe de 22 ans met à profit sa perspective queer qu'elle projette sur ses sujets pour déséquilibrer les conventions du genre admises. Souvent, Laurence donne à ses modèles une perruque rappelant sa propre chevelure orange, reconnaissable ; bouleversant ainsi et restructurant les identités visuelles. Son approche de l'androgynie, du féminin, du masculin, de la femme, du trans et de toutes les personnalités non-binaires est un souffle nouveau - la remise en question salutaire d'une photographie en ligne encore trop homogène. 
@laurencephilomene

Milly Cope
Cela fait deux que l'adolescente d'Oxfordshire a commencé à s'essayer à l'autoportrait. Depuis, elle s'est construit une esthétique sombre et magnifique. Qu'elle soit complètement vêtue, en sous-vêtements ou enveloppée des bras de son mec, Milly parvient à nous transmettre quelque chose de brut et d'hanté à travers ses postures. Elle utilise Instagram et Tumblr pour mettre en avant sa vision et son acceptation d'un corps féminin naturel et pour déplorer le peu de visibilité des expériences féminines qui s'expriment hors des canons minceur, blancheur et binarité des genres. 
@millycope

Azha Ayanna Luckman et Apryl Fuentes
Basées à Oakland, la photographe et rédactrice Azha Ayanna Luckman et la co-rédactrice Apryl Fuentes (photographiée ci-dessus, par Azha) ont créé la publication Tumblr Shade Zine avec à l'esprit de fournir aux jeunes gens non-binaires et de couleur un espace de liberté. Avec des shoots photo et des interviews d'artistes comme Sanam Sindhi et Dylan the Gypsy, les deux jeunes filles se font les curatrices d'une plateforme spéciale et originale dans le monde de l'art féministe en ligne. Un monde qui exclut parfois les points de vue non-blancs, non-binaires ou queer. Le site est une source intarissable d'inspiration politique, en plus d'être un régal esthétique.

@shadezine

Alice Joiner
L'artiste britannique de 22 ans se sert d'Instagram pour raconter les hauts et les bas d'un quotidien lié à l'acceptation corporelle et la sexualité féminine. Les images de sa série "A Diary From the Five Years I Lived With an Eating Disorder" apparaissent à côté de portraits joyeux de mères et de filles ou de clichés de ses amis agrémentés d'un #girlgaze. L'ouverture d'Alice sur les difficultés de sa maladie est une grande inspiration, à une époque où Instagram peut être le moteur d'une haine de son corps et d'une compétition acharnée. 
@alicejoiner

Lauren Oliver
L'artiste new-yorkaise n'a pas peur des réalités du corps féminin que peuvent être les poils pubiens ou le sang. Mais ce qui l'a fait sortir du lot c'est sa manière de juxtaposer la féminité avec des objets symboliques, et son intérêt pour la relation complexe entre religion et corps féminin. Sur son compte Instagram, Lauren mélange les hommages à d'autres artistes avec des aperçus de son propre travail qui s'articule autour du chevauchement des esthétiques de la chrétienté et de la féminité. 
@lauren_noelle_oliver

Jamie Knowlton
La photographe Jamie Knowlton capture tout types de corps avec une même esthétique qui rappelle subtilement Ryan McGinley ou Ren Hang, mais reste tout à fait unique, personnelle et définitivement féminine. Ses modèles se mettent à nue avec un sens de la liberté totalement captivant. Knowlton les autorise à inclure leurs propres accessoires, comme des cordes, de la dentelle, de la fumée, des filets et un tas de fleurs. Cet accent sur l'amour et l'acceptation de soi sans détour se reflète dans ses images, comme elle parvient à chaque fois à faire ressortir les aspects les plus bruts et naturellement beaux de chacun de ses sujets.
@jamisaysrelax

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Texte Blair Cannon

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