léa seydoux et monica bellucci nous expliquent pourquoi james bond est féministe

Les stars de Spectre sont formelles : les femmes qu'elles jouent sont en train de prendre le pouvoir... Prends garde James Bond !

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10 Novembre 2015, 4:00pm

Une longue trainée d'actrices a déjà levé le voile du sexisme à Hollywood. En premier sur la liste, James Bond et son culte du jeunisme avec des Girls toujours plus jeunes que leur pendant masculin Bond et dont l'écart a atteint son paroxysme dans For Your Eyes Only (30 ans d'écart entre Roger Moore et Carole Bouquet). Mais le 26ème opus Bond, Spectre, réalisé par Sam Mendes, met en scène la plus vieille Bond Girl jamais vue à l'écran : Monica Bellucci resplendissante à 51 ans séduit un Daniel Craig de 47 ans. C'est une révélation qui marque peut-être un tournant dans les studios d'Hollywood… La seconde James Bond Girl de Spectre se prénomme Léa Seydoux et on ne vous la présente plus. Léa entend bien défendre le féminisme du dernier Bond et nous parle de son personnage Madeleine Swann - alter-égo de Bond et sauveuse à la rescousse d'un homme pas si invincible qu'il en a l'air.

Quelle a été votre réaction à chacune, quand vous avez appris que vous seriez les nouvelles James Bon Girls ?
Léa : Franchement, je n'y ai pas cru tout de suite. J'étais tellement excitée à l'idée d'être dans un James Bond aux côtés de tous ces acteurs talentueux. Et puis travailler avec Sam Mendes à la réalisation… C'était magique.
Monica : Moi aussi j'avais très envie de travailler avec Sam et Daniel. Je n'avais jamais joué avec Léa, mais elle est incroyable dans le film. On représente deux types de femmes. Lucia (mon personnage) revient de loin, c'est une veuve qui veut à tout prix échapper à sa situation. Sam recherchait une femme dans la cinquantaine qui fasse son âge : on ressent toute la tristesse et son passé dans ce visage. Elle a besoin de Bond pour se sortir d'affaire. Madeleine est une femme d'action - tout son contraire !

L'image de la James Bond Girl a changé au cours de l'histoire des films, non ?
Léa : Les James Bond sont toujours le reflet d'une société à un instant T. Aujourd'hui, mon personnage est moderne, c'est une femme indépendante, elle est forte et puissante. Elle n'a absolument pas besoin de Bond pour survivre ni pour exister. Donc c'est une femme contemporaine.
Monica : Je pense que toutes les James Bond Girls ont toujours été très féminines, même lorsqu'elles sont diaboliques. Je pense à Famke Janssen dans le GoldenEye, je la cite toujours parce que je la trouve super. Et même Eva Green plus récemment ou Sophie Marceau, ou Rosamund Pike. Elles représentent des instants iconiques du temps cinématographie dont on se souvient tous.

Il y a eu toute une controverse autour du culte du jeunisme et du sexisme à Hollywood en ce moment. James Bond revient souvent sur le tapis car les « Girls » sont toujours beaucoup plus jeunes que Bond…
Monica : James Bond aime tout.
Léa : Et pas seulement les femmes d'ailleurs !

Ah bon ?
Léa : (rires) Vous verrez bien… Si vous allez voir le film !

Quelle révélation !
Monica : Il faut le dire : un James Bond est toujours palpitant parce qu'il est imprévisible, mystérieux et aujourd'hui, il devient même très romantique. 

Il y a deux Bond Girls dans Spectre, Léa tu es beaucoup plus jeune que Daniel Craig mais toi, Monica, tu as quasiment son âge. Vous pensez que quelque chose est en train de changer dans la représentation de la femme ?
Monica : Je suis même plus vieille ! Je pense que c'est une vraie révolution de jouer une femme mûre qui ne prétend pas être plus jeune. C'est sans doute un pas vers un regard moins critique envers les actrices et les femmes en général.

Quelles sont vos James Bond Girls préférées ?
Léa : Moi ! (rires) Non, je rigole. J'adore Eva Green et Monica : je te trouve sublime dans le film !
Monica : Amore ! Il y a des moments très forts : Ursula Andress qui sort de l 'eau comme une sirène et Halle Berry… Tellement classe.

Léa, tu joues dans ton premier gros blockbuster. C'est un gros changement pour toi ?
Léa : Pas vraiment en fait. La France, c'est pas l'Amérique. Les gens ne sont pas dans l'idolâtrie des "stars". Le système est différent. Et la vie privée est largement plus respectée.

Tu t'es préparée à affronter la foule après la sortie du film ?
Léa : On verra bien. Personne ne me reconnaît vraiment en réalité. Je prends le métro, comme tout le monde !