guide d'été des expos à faire (par les artistes)

Le reste de l'année, ce sont eux qui font l'actu artistique. Pour i-D, Karin Schlageter, Jeanne Briand, Pierre Clément et Jill Gasparina nous confient leurs indispensables de l'été : les meilleurs expos qu'ils ont vues, mais aussi celles qu'ils...

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juil. 19 2016, 7:25am

Jill Gasparina, curatrice au Confort Moderne à Poitiers

L'expo à ne pas rater cet été ?
J'adorerais voir "Journeys Out of the Body" de Shana Moulton au Museum of Fine Arts à St Petersburgh en Floride. Je suis complètement fan du travail de Shana, avec qui j'ai travaillé à plusieurs reprises. En novembre 2015, Shana avait fait une performance magique avec Nick Hallet au Confort Moderne. J'ai hâte de voir cette exposition, ses nouvelles installations et la mise en espace de ses vidéos. Et puis la rencontre avec la Californie, d'où vient Shana, et de la Floride, promet d' être excitante. Paradoxalement, c'est son premier solo-show aux Etats-Unis.

Quelle est ton actu du moment ?
Cet été, je montre "Le Musée des Futurs" de Wesley Meuris. C'est une immense installation en forme de musée fictionnel dédié à la vulgarisation de questions de prospective et de futurologie, que Wesley et moi avons conçu en collaboration. L'exposition est visible dans la Salle des Pas Perdus du Palais de Justice de Poitiers, une sublime et vaste salle de réception construite par Aliénor d'Aquitaine à la fin du 12e siècle, où viennent se télescoper le futur et le passé, dans la ville du Futuroscope.

Shana Moulton, "Journeys Out of the Body", jusqu'au 9 octobre au Museum of Fine Arts à St Petersburgh en Floride, USA 

Wesley Meuris, "Le Musée des Futurs", jusqu'au 27 août, Le Confort Moderne hors-les-murs à la Salle des Pas Perdus au Palais de Justice de Poitiers 

Jeanne Briand, artiste

L'expo à ne pas rater cet été ?
L'exposition labyrinthique d'installations vidéos de l'Argentine Mika Rottenberg au Palais de Tokyo à Paris. L'humour et la qualité de ses vidéos, augmentées d'installation immersives, dépeignent une mécanique acérée et fantastique vraiment captivante. Cela fait deux fois que je me rends au palais de Tokyo cette semaine pour me précipiter dans cette exposition que je recommande absolument. Les loops vidéos, d'apparence absurde au premier abord, mais en réalité crus et acerbes dans la réflexion qu'ils proposent sur le réalité contemporaine, magnifiquement réalisés aussi, m'hypnotisent à chaque fois. Il y a une autre exposition que j'aurais envie d'aller voir de plus près : le projet « Outdoor » d'Alisa Baremboym à la Biennale de Liverpool.

Sur quoi travailles-tu ?
Mi-octobre, je participerai à l'exposition des félicités des diplômés de la session 2015 des Beaux-Arts de Paris, ainsi que 32 autres sortants des Beaux-Arts. Elle se tiendra au Palais des Beaux-Arts, sous le commissariat d' Alexia Fabre, Morgane Tschiember, Jean-Luc Blanc et Jean-Charles Massera.

Mika Rottenberg, jusqu'au 11 septembre au Palais de Tokyo à Paris 

Karin Schlageter, co-éditrice de la revue Poli

L'expo à ne pas rater cet été ?
Celle que j'ai le plus envie d'aller voir, c'est "Poster Géant !" à Arles dans le off du festival de la photographie. Une proposition de Nicolas Hosteing qui joue habilement des modes de diffusion de la photographie, notamment via la presse.

Que trouvera-t-on dans le dernier numéro de ta revue Poli ?
Le dernier numéro de Poli (Politique de l'Image) s'intitule "Les coulisses du musée" et propose une approche sociologique des métiers et des identités qui façonnent l'institution muséale. Si l'exposition est souvent interrogée en tant que lieu de discours et de représentations, elle l'est plus rarement en tant que résultat d'un processus de production particulier qui met en jeu une diversité d'acteurs et de pratiques. Les objets exposés, les textes produits, tout comme l'organisation spatiale et matérielle de l'exposition et de sa visite, portent pourtant la trace de ces activités. Il en va de même pour le musée en général. De l'administration d'une page Facebook à la création d'une offre dédiée aux jeunes adultes, de l'acquisition de nouveaux objets qui déjouent les méthodes habituelles de préservation à l'élaboration d'une base de données qui permet la classification numérique des objets d'une collections…

"Poster Géants !", un projet de Nicolas Hosteing, jusqu'au 30 juillet à la Galerie Quatre à Arles en France 

Pierre Clément, artiste

L'expo à ne pas rater cet été ?
"
Vanilla Eyes" de Pakui Hardware au MUMOK à Vienne en Autriche. J'ai rencontré les deux artistes Neringa Cerniauskaite et Ugnius Gelguda qui travaillent en duo sous le nom de Pakui Hardware, lorsqu'ils ils sont venus montrer leur travail à l'espace Exo Exo à Paris, sur l'invitation de Fenetre Project. Je connaissais déjà un peu leur travail, et je les suis depuis un moment. Leur exposition au MUMOK à Vienne me parait être le projet le plus abouti qu'ils aient jamais fait. Je suis complètement séduit par les recherches qu'ils mènent et par les esthétiques qu'ils emploient : ce truc organique, high-tech, extra-terrestre et scientifique. Évidemment, ça me parle car je travaille moi aussi sur ces sujets, même si je les mélange peut-être à d'autres sources : l'émulation avec ce duo qui place la barre très haut me fait beaucoup de bien.

Où peut-on actuellement voir ton travail ?
Je participe actuellement au group-show "Né un 2 juillet" à la galerie Derouillon à Paris. C'est une expo d'été sans prise de tête avec une belle liste d'artistes, des propositions pertinentes, tout en n'oublient pas la légèreté de la saison. La sculpture que j'y montre, "I'm prepping for the end of the world", prends source dans mes recherches sur le monde du survivalisme, et plus particulièrement le stockage de vivres en vue d'une éventuelle fin du monde. 

Pakui Hardware, "Vanilla Eyes", jusqu'au 9 octobre au MUMOK à Vienne en Autriche 

Credits


Texte : Ingrid Luquet-Gad