première : brnfkd, brnfkd

Ce vendredi 22 avril sort le premier EP du duo français BRNFKD, en écoute en exclusivité sur i-D.

par i-D Staff
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22 Avril 2016, 10:20am

La musique électronique française se porte bien. Et ce ne sont pas les nappes et basses planantes de BRNFKD (lire "brain fucked", s'il vous plaît) qui vont nous faire penser l'inverse. Aujourd'hui sort le premier EP du jeune duo parisien composé d'Ikaz Boi et Monk. Quand on discute avec le deuxième, on se rend compte que les ambitions du groupe se résument en un mot, le même qui nous enrobe au premières notes du merveilleux single éponyme : le feeling. "On ne calcule vraiment rien. BRNFKD ça s'est fait comme ça, d'un coup. Naturellement. Maintenant on y va au feeling, limite au hasard !". Attention, le feeling, ici, se drape dans des intentions qui rendent les mélodies du groupe - à mi-chemin entre l'électro, le r'n'b, et de lourdes prods cloud - diablement envoûtantes. "On privilégie l'émotion, assure Monk. On recherche une sonorité intimiste, mélancolique et je dirais même sensuelle."

Une recherche qui colle au sujet déroulé avec finesse par le groupe (et leurs quatre invités - "des potes") le long des 6 tracks qui vrillent l'EP. Le choix du nom du single, Sixteen ? "C'est par rapport à l'âge, tout simplement. À tout ce qu'il sous-entend. Les premières relations, le premier amour... Ça colle aux paroles, mais on n'avait pas envie que la légèreté du thème nous fasse tomber dans les clichés." Et pour ça, visuellement, l'écart est pris avec le clip, magnifique ; une imagerie barrée faite d'alien, de 4D et de morphing qui colle à l'esthétique sonore du groupe, agrémentée pour le coup du chant traînant de Camille Michelle Gray. À la réalisation, Clara Luzian aka Render_Fruit, à qui Kanye West M.I.A ou Frank Ocean ont déjà fait appel. Rien que ça. "C'est Ikaz qui m'a envoyé une image d'elle qu'il avait trouvé sur Instagram ou Tumblr. ça correspondait parfaitement à la charte graphique du projet. On l'a contactée et ça s'est fait très vite." Question de feeling, peut-être.

Sur l'état de la musique électronique française, et le rôle que son jeune groupe a à y jouer, Monk est tempéré : "Il n'y a personnellement pas beaucoup d'artistes qui me scotchent. Mais il y a une grosse effervescence et c'est bien. BRNFKD n'est pas révolutionnaire, mais je pense qu'on est singuliers en France ; qu'on se démarque." Sur l'après EP et les projets futurs : rien de précis, ce n'est que le début. Chaque chose en son temps. Quand on lui demande par exemple si une collaboration avec des rappeurs est envisageable, au vu des influences qu'on en ressent : "On prévoit rien à l'avance. On y va au feeling." Et c'est exactement ce qu'est BRNFKD, du ressenti et de l'émotion pure sans calcul. De l'honnêteté musicale sans prétention. C'est trop rare pour qu'on ne vous en parle pas.

Le premier EP de BRNFKD sort aujourd'hui, 22 avril, chez Nowadays Records

Credits


Texte Antoine Mbemba
Photographie Emma Ledoyen

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Musique
BRNFKD
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