5 films de mode repérés au festival asvoff

Avec Pamela en dominatrix, Frodon Sacquet en postier et le sosie de Romain Duris période Péril jeune.

par i-D France
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24 Octobre 2018, 7:12pm

La mode adore se faire des films. Depuis 2007 et le jour où Mike Figgis a dévoré Kate Moss dans un film pour Agent Provocateur, l'industrie n'a eu de cesse de flirter avec le monde du cinéma. La mode envie-t-elle la liberté du 7ème art ? Cherche-t-elle à créer des mondes ? À se raconter des histoires ? Un peu de tout ça. C'est surtout que la mode transfère ses univers sur internet et dématérialise ses symboles. Les maisons l'ont bien compris : il est aujourd'hui nécessaire de s'imposer dans les flux incessants d'images, de visuels, de mini-films, de bande-annonces qui abondent chaque jour sur nos écrans. Et sur Internet, le film de mode se révèle être une ligne de fuite, un espace sans limite. On se souvient de la bande-annonce d'un film imaginaire réalisé par Asif Kapadia pour Burberry en 2016, ou encore de cette vidéo commissionnée par Vogue dans laquelle on découvre une Céline Dion plus excessive et baroque que jamais, sous la direction de Gordon von Steiner. Et cette année, du court-métrage, The Everything réalisé par Humberto Leon pour Kenzo avec un casting digne d'un blockbuster – Milla Jovovich s'il vous plait ! Créé en 2008 par Diane Pernet, le festival ASVOFF récompense chaque année une sélection de films, clips, pubs et court-métrages réalisés pour la mode. Parmi les jurés de cette édition, on retrouvait Rossy de Palma et Jean Paul Gaultier, le scénariste et réalisateur Roger Avary ou encore le producteur Patrice Haddad. Sur 80 films présentés, le jury en a récompensé une dizaine. En voici 5.

Grisha's Guide to Kiev Jordan Blady

Dans les films du réalisateur californien Jordan Blady, la mode ne tient qu'un rôle secondaire. En fait, elle lui sert de Cheval de Troie. Pour son film Grisha's Guide to Kiev, Blady propose un guide culturel décalé de la capitale ukrainienne, de ses centres culturels, sa bibliothèque historique à l'architecture brutaliste, ses parcs publics où les gens viennent faire de la muscu sur des engins du siècle dernier et ses immenses marchés populaires. Un parcours commenté par un sosie de Romain Duris dans le Péril Jeune. Ça valait bien le Grand Prix du Jury, oui.

Charles Jeffrey – Loverboy by Matt Lambert

Charles Jeffrey incarne la mode anglaise dans ce quel a de plus cinglé et de plus touchant aussi. Tenter de retranscrire toute son énergie fantasque en quelques minutes de vidéo relève de l'impossible. Mais c'est sans compter sur Matt Lambert qui signe pour le créateur anglais une vidéo à son image. Autour d'une table, des femmes participent à une séance de chamanisme d'un autre monde. Sorcières modernes, elles bougent en choeur jusqu'à la transe. Et jusqu'à ce qu'apparaitre un enfant de lumière, le visage fait de peinture.

Nadia Lee Cohen – Bumfuck Nowhere pour GCDS

Au cas où l’acronyme vous aurait échappé, GCDS signifie God Can’t Destroy Streetwear. Pour lui donner corps, la réalisatrice Nadia Lee Cohen a choisi celui de Pamela Anderson – l’un de ceux qu'il est toujours agréable de découvrir sous une nouvelle couture. Dans son film, alors que des millenials pianotent sur leurs portables dans une maison abandonnée, Pamela joue la maîtresse BDSM moulée dans un ensemble immaculé. Trop vite, elle disparaît. Seul témoignage qu’elle a existé ? Sa culotte, qui elle, appartient à l’éternité.

The Postman Dreams – Autumn de Wilde pour Prada

Tout commence dans un décor à la Wes Anderson avec un livreur très zélé – normal, il travaille pour Prada. Sa tête vous dit quelque chose ? Normal, c’est Elijah Wood, le Frodon Sacquet du Seigneur des Anneaux, qui a troqué ses oreilles montante contre une coiffe de postier. Ascenseurs, gratte-ciels, parkings et bâtiments labyrinthiques… peu importe l’endroit, sa mission reste la même : livrer un sac Prada dont la couleur varie selon les épisodes. Et devinez quoi ? Il s’en sort avec les honneurs - et ce, peu importe le coloris.

Miss Black Germany – Elisha Smith-Leverock

En 2011, Elisha Smith-Leverock présentait à l’ASVOFF le portrait d’une culturiste sensuelle dont le visage rappelait étrangement celui de Reese Whiterspoon. Une vidéo aussi pop qu’hypnotisante explorant les possibles de la beauté au féminin. Cette année, elle fondait son travail sur un constat simple mais urgent : « Être allemande ne signifie pas être blanche » . Ode à la diversité, à la beauté plurielle et au pouvoir du métissage, Miss Black Germany venait rappeler à travers des portraits entrelacés, que si les normes esthétiques doivent abandonner leur rigidité, c’est parce que la vie, est elle, a bien plus à offrir qu’un concours de beauté.

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