Edie Sedgwick en sept looks iconiques

La it-girl originelle des années 1960 et muse d’Andy Warhol a failli mettre le feu à son manteau leopard signature.

par Zoë Kendall
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13 Mai 2020, 12:23pm

Photo par Walter Daran/Hulton Archive/Getty Images

Andy Warhol l’avait prédit « À l’avenir, chacun sera mondialement connu pendant quinze minutes ». Si la véracité de cette prédiction s’affirme de plus en plus chaque année, elle ne correspond pas à sa muse, Edie Sedgwick. It-girl originelle et superstar des années 1960, son héritage s’étend bien au delà du quart d’heure de célébrité. Née dans une bonne famille de Californie, l’héritière étudie au Radcliffe College, une prestigieuse université, avant de déménager à New York en 1965. Après avoir rencontré Andy Warhol et rejoint The Factory, l’espace de ce dernier, en tant qu’actrice, Edie devient célèbre au sein de la scène underground de la ville. Elle a aussi attiré l’oeil des médias plus mainstream en raison de la manière dont elle s’habillait. Durant sa courte carrière, elle joue dans un nombre incalculable de films produits par Warhol, apparait dans les pages de papier glacée du Vogue ou de Life, et inspire des chansons aux musiciens les plus célébrés de son époque. Loin des années 1960, Edie reste aujourd’hui l’une des icônes de style les plus reconnaissable et référencée de tous les temps. Chronique de certains des meilleurs looks de Edie Sedgwick, mannequin, actrice, socialite.

Vogue, 1965

Pour ses vingt et un an, Edie devient bénéficiaire du trust fund de sa grand-mère, quitte Radcliffe College (l’université féminine attenante à Harvard à l’époque où seuls les hommes pouvaient y étudier) et déménage à New York pour poursuivre une carrière de mannequin. Le physique d’Edie était en vogue à l’époque, avec son format Twiggy, sa coupe de cheveux à la Jean Seberg et ses gentils yeux de Jean Shrimpton, elle fut vite repérée par Diana Vreeland. En guise d’introduction à ce qui allait devenir sa photographie la plus iconique dans les pages de la bible de la mode, Vreeland avait écrit : « Faisant une arabesque sur un rhinocéros en cuir, écoutant un disque des Kinks ». Une it-girl est née.

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Photo par Hulton Archive/Getty Images.

Avec Andy, 1965

À la fois amis proches et collaborateurs artistiques, Andy Warhol et Edie Sedgwick étaient le duo des années 1960. Après leur rencontre lors d’une fête en 1965, Edie est rapidement devenue une habituée de la Factory. Après quelques apparitions dans ces oeuvres précédentes, Andy lui a donné le rôle principal dans onze de ses films. Lors d’une fête en 1965, Andy et Edie sont sortis tous les deux avec des looks en lamé métallique, peut-être pour rappeler les murs de la Factory qui couverts d’aluminium.

Life Magazine, 1965

« Cette fille aux cheveux courts et cette sacrée paire de jambes font plus pour les collants noirs que quiconque depuis Hamlet » disait la légende qui accompagnait ce photoshoot pour Life Magazine. Edie était déjà une icône de mode en 1965 et, cette année-là, le magazine a commandé une série entière sur ses fameux collants noirs. Mais l’élévation des sous-vêtements d’Edie au statut de pièce must-have de l’année a été purement accidentel. « Lorsque j’étais avec Andy Warhol, je faisais de la danse jazz deux fois par jour, alors je portais simplement ma tenue de danse. Mais Vogue m’a photographié avec ces vêtements et un T-shirt comme si c’était un tout nouveau costume » expliqua-t-elle. Dans cette photo en particulier, Edie porte une robe du designer avant-garde Rudi Gernreich avec une paire de collants noirs.

Portant son T-shirt à rayures signature, années 1960

Le T-shirt favori d’Edie était à rayures dans le style de la culture Beatnik de l’époque. Inspiré par des auteurs et poètes comme Jack Kerouac ou Allen Ginsberg, les Beatniks étaient à la mode chez les jeunes dans les années 1950 et 1960. Leur uniforme - pulls en laine, chemises à carreaux et T-shirts à rayures - sont devenus tellement mainstream que même Audrey Hepburn et James Dean portait des marinières. La Factory était à l’origine d’une culture affiliée aux Beats (Kerouac apparait même dans le film Couch, produit par Warhol) et a également adopté certaines de leurs inclinaisons vestimentaires. Edie, mais aussi Warhol, portaient ce T-shirt à rayures emblématique.

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Photo par John Springer Collection/CORBIS/Corbis via Getty Images.

Au New York Film Festival, 1965

Les choix d’accessoires d’Edie ont été immortalisés par le chanteur Bob Dylan. Certains racontent que sa chanson de 1966 « Leopard-Skin Pill-Box Hat » était inspirée par la starlette. D’autres ont préféré dire que « Just Like A Woman » a été écrite en pensant à Edie, tout particulièrement la phrase « her fog, her amphetamines and her pearls ». Edie a rarement été photographiée sans ses accessoires qu’elle avait transformé en statement: un collier de perles, des gants de soirée en satin, et surtout ses boucles d’oreilles chandelier.

À la soirée d’ouverture du salon de Vidal Sassoon, 1965

La coupe signature de Edie a été inspiré par Warhol lui-même. Lorsqu’elle déménage à New York et rencontre l’artiste, Edit coupe ses longs cheveux bruns et les teints en argent pour être assortie à lui. Sur cette photo, elle est à l’ouverture du salon de Vidal Sassoon, le coiffeur des années 1960 qui a rendu populaire la coupe courte, qui a coiffée Mia Farrow dans Rosemary’s Baby et Nastassja Kinski dans Paris, Texas. À la soirée d’ouverture, Edie porte sa coupe courte signée Sassoon avec ses boucles d’oreilles d’apparat.

Le manteau léopard, 1966

C’est difficile d’imaginer Edie sans rien qui serait en imprimé léopard. Que ce soit sa tenue dans le film Ciao! Manhattan ou bien son corset imprimé. Et bien sur, son fameux manteau en peau de léopard, jeté par dessus l’épaule ou alors étalé comme une couverture. Ce photomaton de Warhol fait état de la relation de Edie avec son manteau chéri. Elle l’appelait « le manteau le plus beau du monde » et prétend qu’un admirateur lui a offert un jour au beau milieu de la rue. Elle l’a porté lors de beaucoup de soirée à la Factory et au-delà, et a même survécu à un feu impressionnant. Edie prétend que ce feu a tout détruit, sauf son manteau, qu’elle gardait à côté de son lit.

Cet article a été initialement publié par i-D UK.

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