qui est lizzie armanto, skateuse hors-norme et protégée de tony hawk ?

Originaire de Santa Monica, en Californie, Lizzie est la première femme à avoir complété le fameux looping à 360 de Tony Hawk, une rampe qui défie la gravité et a fait frémir plus d'un skateur.

par Nathan Copelin
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27 Novembre 2019, 10:28am

« Tu vois ce pool, là ? lance Lizzie Armanto. C’est le tout premier dans lequel j’ai fait du skate et un jour je suis tombée de tout en haut. C’était assez horrible. »

Lizzie surplombe le skatepark The Cove à Santa Monica. Et forcément, le premier lieu dans lequel elle a fait du skate lui est cher. « Mon frère et moi avons passé tellement de temps ici, raconte-t-elle en pointant un coin de rampes en bois. Ils en ont ajouté de nouvelles ici, tu vois ? Il y a toujours eu cette piste, ce pool et ces deux bowls. C’est un endroit vraiment cool pour faire du skate. »

Beaucoup de choses ont changé pour Lizzie depuis qu’elle est montée sur son premier skate. Elle a gagné d’innombrables concours, a été adoubée par Tony Hawk et invitée à rejoindre son crew. Elle est devenue une icône, un modèle pour les jeunes skateuses du monde entier et, à seulement 26 ans, son ascension ne semble pas près de s’arrêter de sitôt. Pourtant, elle n’envisageait pas l’idée de devenir skateuse professionnelle lorsqu’elle a commencé à passer ses soirées à s’entraîner sur les rampes de The Cove. « Au début, c’était juste que je préférais largement être ici qu’à la bibliothèque. Et puis j’y ai trouvé un sens de la communauté beaucoup plus fort qu’à l’école. Je me suis retrouvée avec des gens qui faisaient le choix d’être ici, s’encourageaient les uns les autres et passaient de bons moments en même temps. »

C’est à The Cove qu’elle a décidé de poursuivre le skateboard de manière professionnelle. « J’étais là, assise en train de regarder quelqu’un dans le bowl et j’ai réalisé que si je continuais à faire des efforts, ce ne serait pas si difficile d’y arriver moi aussi. Ça avait l’air si facile, c’est à ce moment-là que j’ai eu une révélation. » Soutenue par un sponsor local, elle intègre un championnat dans un nouveau skatepark. « C’était le plus grand bowl contest de l’année, j’ai donc essayé d’apprendre autant de choses que possible. Le jour où j’ai goûté à la compétition, j’ai compris qu’elle rassemblait les gens avec lesquels j’avais envie de passer le plus clair de mon temps et que je me sentais vraiment bien dans cette industrie. »

lizzie armanto by devyn galindo

Même si les choses évoluent lentement, et notamment grâce à des figures pionnières comme Lizzie, le skate demeure une discipline très patriarcale. « À l’époque, il n’y avait aucune skateuse signée par les grandes compagnies, et il y avait comme une honte, parce que le niveau n’était pas aussi élevé que celui des mecs. J’ai dit à ma pote que, si je devais être signée quelque part, ce serait probablement au sein de Birdhouse, l’entreprise de Tony Hawk, parce qu’ils avaient une équipe qui correspondait à mon style. »

Quand Tony Hawk apprend que Lizzie souhaite intégrer son équipe, il commence à lui envoyer des planches, puis lui demande de venir skater avec lui et sa team lors de démos. Évidemment, l’opportunité est colossale pour Lizzie. Peu après, Tony lui produit une planche signature, et commence alors sa carrière professionnelle. Parmi ses dernières distinctions, elle compte une couverture du magazine Thrasher – la première couverture féminine depuis plus de 20 ans – et un deal avec Vans pour créer une nouvelle paire. « Voir mes idées prendre forme, c’était incroyable, raconte-t-elle. Voir la chaussure en boutique, c’est incroyable, mais ce qui est encore plus fou c’est de croiser quelqu’un au hasard, dans la rue, avec la paire au pied. La dernière fois quelqu’un m’a dit : ‘J’ai acheté ces pompes parce que je les adorais, et seulement ensuite, j’ai compris que c’était les tiennes !’. »

Mais la plus grande réussite de Lizzie, aujourd’hui, est un exploit purement technique : elle est la première femme à avoir complété le « looping » de Tony Hawk, une rampe qui défie la gravité, en forme de boucle à 360°, qui force le skateur à rouler la tête en bas à pleine vitesse l’espace d’une demi-seconde. Une performance que seule une poignée de skateurs est parvenu à accomplir, et dont la seule pensée en fait frémir certains. « J’avais conscience de l’énorme risque que ça supposait. Une seule petite erreur peut faire très, très mal. Je savais que j’avais deux options : je me foirais totalement, ou je le passais. C’est surréaliste d’avoir réussi. »

Alors qu’on s’apprête à se séparer, Lizzie remarque un skateur qui évolue dans le bowl en face de nous avec un style incroyable. Je demande à Lizzie l’importance du style dans sa discipline. « Tout le monde peut faire du skate, avec un peu de temps et de patience pour s’entraîner, mais voir quelqu’un en faire avec style, élégance, c’est de la poésie en mouvement. »

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Photographie Devyn Galindo

Cet article a été initialement publié dans i-D UK.

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