c'est prouvé : le gène gay n'existe pas

Si certains en doutaient encore, une étude officielle vient définitivement clore le débat.

par Alim Kheraj
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02 Septembre 2019, 8:32am

Depuis des dizaines d'années, les scientifiques débattent de l'existence du gène gay, ce fameux marqueur génétique qui distinguerait les gay et les lesbiennes des hétéros. Son existence a souvent fait débat : comme le chante très bien Lady Gaga, sommes-nous nés ainsi ? Ou est-ce une construction ?

C'est un débat que la science a peut-être (enfin) réussi à clore. D'après une vaste étude publiée dans Science; s'appuyant sur des analyses génétiques de plus d'un demi million de personnes, il n'existe pas de gène gay.

L'étude, qui utilise les données de la UK Biobank et de société biotechnologique américaine 23andMe, montre qu'un certain nombre de « variantes génétiques » (c'est-à-dire de petites différences d'ADN) influent sur le comportement sexuel. Pour autant, ces variantes ne sont en aucun cas immuables mais plutôt fluides et changeantes. En réalité, elles ne sont responsables que d'un «maximum de 8 à 25% des comportements sexuels homosexuels de la population étudiée». Donc même si le comportement homosexuel n'a pas d'origine tangiblement génétique, l'étude n'exclue pas l'origine biologique de l'attirance homosexuelle.

« La génétique n'informe qu'en partie le comportement sexuel, mais elle est tout de même un facteur déterminant, affirme le professeur de génétique Ben Neale à la BBC. Il n'y a pas de gène gay, et un test génétique ne permet pas de déterminer une orientation sexuelle. Il est impossible de prévoir le comportement sexuel d'un individu à partir d'un génome

En réalité, comme le signale le Guardian, les auteurs de l'étude affirment plutôt que la sexualité n'est pas vraiment binaire et doit être considérée à plusieurs échelles. « Certains gènes semblent liés à l'attraction qu'un individu éprouve pour une personne de même sexe tandis que d'autres sont liés au sexe opposé, mais ils sont bien distincts, » affirme le docteur Brendan Zietsch, co-auteur de l'étude de l'Université de Queensland. « Ces résultats suggèrent que nous ne devrions pas catégoriser les préférences sexuelles en fonction d'un spectre unique allant d'hétéro à gay, il serait plus pertinent de distinguer deux notions : l'attraction pour le même sexe et l'attraction pour le sexe opposé. »

Et en effet, David Curtis, professeur honoraire à l'institut génétique de UCL explique à la BBC que « même si l'homosexualité n'est pas déterminée par un gène, comme le montre l'étude, elle peut tout de même être une composante inhérente à la personnalité de quelqu'un ». Cette idée est reprise par Zeke Stokes du groupe LGBT, GLAAD, qui affirme : « Cette nouvelle étude confirme bien qu'on ne peut déterminer à quel point le comportement gay ou lesbien est dû à la nature ou bien à la culture. »

Ainsi, le fait qu'il n'existe pas de gène gay montrent bien que l'homosexualité et le désir homosexuel ne sont pas anormaux ou dus à une mutation génétique. Il semblerait plutôt que le désir éprouvé pour une personne de même sexe soit une composante inhérente et biologique de l'être humain.

Mais comme aurait pu le dire n'importe quelle personne gay, lesbienne, bisexuelle ou pansexuelle, nous étions déjà au courant.

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