les avatars de la nouvelle campagne camper sont plus énigmatiques que jamais

Avec ses personnages atypiques réunis en un morphing, la marque espagnole explore sa part de fantastique et réaffirme sa singularité.

par i-D Staff
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06 Septembre 2016, 12:35pm

En janvier dernier, on vous dévoilait la campagne printemps/été 2016 de Camper pensée par Romain Kremer : une série d'avatars fous et baroques, tous plus psyché les uns que les autres. En filigrane, un hommage à Majorque un peu barré, qui ne s'encombrait pas des impératifs du réel. Redux. Pour sa nouvelle campagne, automne/hiver 2016, la marque espagnole poursuit ses rêveries fantastiques et redistribue sa nouvelle série d'avatars, encore imaginée par Romain Kremer et son équipe, inchangée.

Cette fois-ci, les modèles sont moins figés, vivent, rient, défient, charment, s'arment, se transforment en hybrides, à deux doigts et moins du reptile. Chacun sa singularité, ils finissent par se fondre dans un morphing rythmé et surréaliste dans une vidéo d'une minute qui couronne peut-être la campagne la plus forte de la marque espagnole. Pour déchiffrer le caractère de cette campagne et de ces visages aussi puissants qu'indécodables, on a demandé une explication de texte à Romain Kremer, directeur créatif de Camper. 

Comment est venue cette idée ?
Après avoir étudié les archives de Camper, tant pour les modèles de chaussures que pour les éléments de communication à mon arrivée, il m'a paru essentiel de faire redécouvrir (ou découvrir pour certains) la singularité de la marque. L'idée de créer des « avatars », des produits clefs de la saison très graphiques et à la limite du réel, permet de donner de la vie aux produits tout en jouant avec les codes de l'histoire de la marque, avec pour principal objectif de laisser place à l'imaginaire et de ne pas tomber dans la dictature d'un style ou d'un genre de consommateur, mais évidemment aussi d'apporter une dimension plus mode.

Pourquoi toujours la même équipe ?
Le choix de l'équipe, composé de Daniel Sannwald pour la photographie, Anna Trevelyan pour le stylisme, Charlie Le Mindu pour les cheveux et Isamaya Ffrench pour le maquillage, depuis maintenant quatre saisons, m'a paru naturel. Je crois que nous avons tous ce plaisir à ne pas appartenir à un modèle et de ne pas se figer face aux exigences du marché.

Quelles ont été vos principales références ?
Cette saison le thème de la collection est basé sur l'idée d'anachronisme, un mélange des genres qui m'est cher pour le développement des collection. Mixer les éléments et rompre les codes de typologies classiques, favoriser des modèles hybrides et atypiques.Des éléments de sports, croisent des dinosaures, des rois et des armures.

D'où vient cette dimension fantastique, qu'on ressent de plus en plus chez Camper ?
Si l'univers paraît de plus en plus fantastique, c'est probablement parce que nous repoussons ces limites un peu plus à chaque fois. Il s'agit aussi de s'amuser et de ce fait, je l'espère, transmettre cette légèreté et envie de création à ceux qui le veulent.

En quoi la marque s'y retrouve-t-elle ?
Camper a toujours été progressiste avec ses campagnes et son approche de communication, ne se préoccupant que très peu de ce que font les autres. Le graphisme, le sens de l'humour et la créativité ont toujours été les facteurs essentiels.

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