10 artistes à ne pas manquer ce weekend à rennes

Rap, afrobeat, trap, punk, pop, folk ou psyché : jusqu'à dimanche, les Bars en Trans de Rennes accueillent toutes les musiques.

par i-D France
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06 Décembre 2018, 12:39pm

Entre Nantes et Saint Malo, pas très loin du Mans, se trouve Rennes, une ville que vous connaissez peut-être pour sa cathédrale et ses maisons à colombage. Si le gris de Paris vous déprime, que la perspective de Noël vous paraît encore trop loin pour vous remonter le moral et que vous avez la bougeotte, sachez que Rennes aussi la ville dans laquelle se déroule le festival Bars en Trans du 6 au 9 décembre. Trois jours de concerts à travers plein de lieux différents et une programmation géniale. Tour d’horizon subjectif des artistes que vous devez, on vous l’assure, partir découvrir à Rennes.

Noir Boy George

Vous connaissez la « Grande Triple Alliance Internationale de l’Est » ? Non cela n’a aucun rapport avec des amitiés stratégiques de quelque Guerre Mondiale qu’il soit, mais bien avec la musique. C’est le nom d’un collectif, actif depuis le début des années 2000, basé entre Metz, Strasbourg, Nancy et l’Italie, et qui donne allègrement dans le l’indus, le rock psyché, le noise, les merveilleux cris primitifs. Parmi ceux qui le composent, un homme : Noir Boy George, crooner qui ne dort pas, même quand il s’enveloppe dans ses nappes lo-fi et un son punk travaillé depuis de longues années. À savoir : Noir Boy George a choisi ce nom parce que ça sonnait bien (c’était d’abord « Black Boy George »), il est très drôle, a tourné avec Jessica 93, a tout piqué à Jean-Louis Costes et il joue donc ce soir au Bar’Hic. Retrouvez Noir Boy George Jeudi 6 décembre au Bar'Hic avec Regina Demina et Oktober Lieber.

Bonbon Kojak

L’histoire de Bonbon Kojak se lit dans ses voyages. C’est au Congo-Kinshasa, où il est né, qu’il commence à se frotter, naturellement, à la richesse de la musique de son pays. En grandissant, il décide de s’en aller pour Johannesburg et d’y étudier la musique, avant d’atterrir enfin à Montréal où il rejoint le collectif Moonshine. Il s’y affirme en mêlant avec énergie et talent les sonorités éléctro, afrobeat et favela funk, partage la scène avec DJ Marfox, Uproot Andy, Branko ou Kaytranada. Depuis quelques années à Montréal, une soirée avec Bonbon Kojak à l’affice est l’assurance de sensations fortes et lunaires. Et comme le voyage lui connaît, il tentera ce soir de transposer ses good-vibes à la Contrescarpe, aux côtés de Pierre Kwenders et Petit Piment.
Retrouvez Bonbon Kojak à la Contrescarpe jeudi 6 décembre à 21h.

Regina Demina

Une histoire de vengeance, de tuning, de charognes et d'amours ratés. Dans son premier EP sorti au printemps, l'artiste et performeuse Regina Demina transcrit son univers gore et girly en musique, dans une techno froide qui percute, une trinité de tubes en acier hachés par une basse qui tranche comme une guillotine. L'été meurtrier a la même saveur qu’un vieux nanar dont l’héroïne – féminine bien sûr – serait embarquée dans une vendetta infernale et meurtrière. Entre Glenn Close dans Liaison Fatale et Carrie. Prenez garde, elle est génialement vénéneuse.
Regina jouera au Bar'Hic jeudi 6 décembre à partir de 20h.

Youv Dee

Les rappeurs aiment les mangas, ce n’est pas nouveau. Et si l’on devait faire un classement des références les plus récurrentes, One Piece prendrait facile le top 3. Tengo John, Freeze Corleone, Orelsan, Booba, Ol’Kainry ou Nekfeu ont tous fait appel dans leurs métaphores au monde des pirates créé par Eiichiro Oda. Eux, et Youv Dee, autoproclamé héritier de Monkey D. Luffy, le héros du manga. Les deux albums de son groupe L’Ordre du Périph, font directement référence à One Piece ( Vogue Merry et Mugiwara) et avec son premier projet solo sorti il y a un an, une nouvelle aventure l’attend. Passons les clins d’œil : outre le fait qu’il soit capable de kicker sur un sample de Pokémon, Youv Dee c’est un flow, une dégaine, un égotrip, une trap qui n’appartient qu’à lui et une énergie qui risque de soulever Rennes ce week-end.
Youv Dee sera sur la scène du 1988 Live club le samedi 8 décembre à partir de 15h45.

Juicy

Les deux chanteuses de Juicy incarnent à merveille le trope des « girls next door », ces filles d'à côté que l'on regarde avec envie à travers la lunette d'un judas, depuis le fond d'une classe ou celui d'un bus scolaire. C'est dans les rangs d'un conservatoire de Jazz bruxellois qu'elles se sont rencontrées il y a sept ans avant de monter un duo R’n’B établi sur les vestiges des années 2000. En mars dernier, elles sortaient un premier EP Cast a Spell mais la meilleure façon de les découvrir reste sur scène, où elles déploient une énergie rare. Rennais, rennaises et les autres : foncez.
Le duo belge Juicy sera sur scène au Café des Champs Libres le vendredi 7 décembre à partir de 20h30.

Wael Alkak

Lorsqu'il se trouve sur scène, le musicien originaire de Syrie Wael Alkak disparaît quelques minutes derrière un écran et des montagnes de fils électriques, le temps de lancer la machine : un beat et une ligne de synthé saturée, quelques peaux et des harmonies traditionnelles improvisées. Ce n'est qu'une fois que la transe commence à faire effet que Wael réapparaît pour poser sur ses boucles touts fraîches un chant possédé, une poésie psyché qu'il déroule à pleins poumons. Accrochez-vous car vous risquez de ne jamais redescendre.
Retrouvez Wael Alkak à la Maison des Associations jeudi 6décembre à 21h.

Eden Dillinger

Eden Dillinger s'est fait connaitre dans les battles de freestyles et les open mics. Aujourd'hui; il collabore avec des artistes comme le beatmaker Piège ou les rappeurs Tengho John et Beeby. Son histoire est celle d'une grimpe tranquille, micro agrafé aux mains, typique d'une génération de rappeurs rompue au DIY, au travail en collectif et à l'entraide. Les cursus honorum d'antan ne veulent plus dire grand-chose : les rappeurs sont désormais maitres de leur propre jeu. Et ça donne des pépites comme Eden Dillinger qui, à 22 ans à peine, n'a plus rien à prouver à personne.
Eden Dillinger jouera sur la scène du 1988 Live club le samedi 8 décembre pour la Bars en Trans Rap Session.

Oktober Lieber

Oktober Lieber, c’est le projet musical formé par Charlotte Boisselier et Marion Camy Lou, qui donnait lieu à un premier album intitulé « In Human » il y a tout juste un mois. Six titres en forme de voyage vers une contrée de monstres métalliques, d’ordinateurs et de transhumains, nappés de couches sombres et de voix séductrices. Si le décollage opère avec de simples écouteurs, il y a fort à parier pour qu’en live, Oktober Lieber fasse l’effet d’un aller simple vers le centre de la terre. En tout cas nous, on prend notre billet.
Retrouvez Oktober Lieber au Bar'Hic jeudi 6 décembre.

Bamao Yendé

Chez i-D, ça fait un petit moment qu’on est tombé pour Bamao Yendé et qu’on a arrêté de s’en cacher. Il faut dire que grâce à ses beats afros déchaînés, ses furieuses percées de grime et sa tachicardie contagieuse, son label Boukan records et la belle bande de potes qui l’accompagne a fait (re)battre le pouls de la nuit parisienne. Pied-de-nez joyeux à tous les corbeaux de nuit qui pensent qu’être cool consiste à ne surtout pas bouger, Bamao Yendé va vous rappeler à l’essentiel : quand on sort, c’est pour danser.
Bamao Yendé jouera à la Contrescarpe vendredi 7 décembre à partir de 21h.

Muddy Monk

Tout droit descendu d’une montagne suisse qui sent le miel de fleurs, Muddy Monk chante la nostalgie sans chichis, animé par une sincérité touchante - dont on vous parlait il y a peu. Habitué au studio, il n’envisageait pas de se produire sur scène. Comme seuls les imbéciles ne changent pas d’avis et qu’il n’en est pas un, il a finalement décidé que oui, il partagerait en live sa pop douceureuse et mélancolique. Alors, préparez-vous au slow et sortez vos mouchoirs (mais par pitié, brûlez cette vieille couronne de fleurs).
Muddy Monk jouera à la Place le samedi 8 décembre à 20h.


Crédits

Bamao Yendé pour la i-D Class 2017

Photographie : Jun Yasui
Stylisme : Xenia May Settel
Make-up : Aya Fujita
Coiffure : Chiao Chenet
Production : Mayli Grouchka