trainspotting : la meilleure bande-son du cinéma ?

Underworld, Brian Eno, Iggy Pop, Pulp et Lou Reed ? Oui, ça se défend.

par Joe Gamp
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03 Février 2017, 3:20pm

Sorti en 1996, Trainspotting a rapidement monopolisé l'attention du monde entier. Emblématique de par son rythme, son scénario et son ancrage musical, le film représentait la vie pleine de contradictions de jeunes adultes drogués et au futur incertain. Vingt ans plus tard nous sommes toujours aussi excités à l'idée de retrouver le désormais ancien héroïnomane Mark Renton (Ewan McGregor) et sa bande issue de la génération X sur grand écran pour la suite du film. Aussi emblématique que tout ce qui entourait le film, la bande originale capturait l'essence des débuts de la britpop, de la culture rave et de l'influence des années 1980 sur ces différentes scènes.

La question est donc de savoir si la nouvelle bande-son capturera l'énergie d'une génération de manière aussi pertinente et contemporaine que la première. L'évolution croissante des réseaux sociaux, l'accès instantané aux cultures et musiques du monde entier rendent l'exercice compliqué. Comment retranscrire en musique la dystopie urbaine dont traître Le film ? Le trio écossais Young Fathers, très présent sur la bande originale, est à l'image des nouvelles générations : celles qui vivent l'instant présent à fond et qui ont fait de l'underground une norme. Parce que, comme l'évoque le film, la majorité d'entre nous a décidé de « choisir la vie ».

Ce n'est pas la faute de quelqu'un en particulier - simplement que les temps changent rapidement. Les années 1990 ont été incubatrices de nouveaux genres, à un moment où la musique atteignait moins de monde. La bande originale de Trainspotting avait révélé à la face du monde la britpop, la rave et la new wave. Suite à ce succès retentissant, Danny Boyle et son équipe sortaient en 1997, un deuxième CD, Trainspotting #2.

Ci-dessous, nous nous sommes intéressés à quelques-uns des artistes majeurs qui ont participé à ces deux compilations. En essayant de comprendre comment leurs musiques, en plus d'avoir enjolivé l'histoire de Renton et son gang de mécréants, ont aidé le film à devenir l'un des films britanniques les plus importants de tous les temps. Ce succès est sûrement dû au choix des artistes présents sur la BO qui, ensemble, donnent à voir toutes les couleurs musicales de cette période et parce qu'ils gardent, 20 ans plus tard, toute leur pertinence et leur originalité.

Iggy Pop
Le plus grand des Stooges ne fait pas une ni deux, mais bien trois apparitions sur la bande-son originale de Transpotting. On retrouve d'abord son tube Lust for Life. Un titre qui représente bien l'intensité et la débauche de la jeunesse et qui résume parfaitement les phénomènes britpop et raves des années 1990. Dans un deuxième temps, Monsieur Pop nous présente Nightclubbing. Une chanson pleine d'ironie et de nonchalance qui rappelle fortement la réticence de Renton face à ses amis qui le tirent vers le fond. Enfin, Iggy revient dans T2 avec The Passenger.

Underworld
Born Slippy, ses ruptures exaltantes, ses couplets lourds comme un son de basse qui sature, ses drums torturés et ses voix répétitives. Un morceau aussi excessif que la jeunesse anglaise. Bien que cette chanson parle soi-disant de la victoire d'un lévrier au cynodrome de Walthamstow, elle est devenue l'hymne de la scène finale au cours de laquelle Renton parvient à fuir son gang. Un morceau emblématique dont les nombreuses couches résument parfaitement la personnalité torturée de Renton.

Primal Scream
Mélangez l'indie rock, l'esthétique dansante de la rave, une poignée de mépris et un hédonisme arrogant, et vous obtiendrez Primal Scream. Dans une interview pour Spin, le leader du groupeBobby Gillespie explique comment le groupe a offert un morceau spécialement composé pour le film. Ils se sentaient en effet comme « un putain de groupe de junkie », encore plus que les pionniers de la britpop, Blur et Pulp. La chanson apparaît sur leur album Vanishing Point, sorti en 1997. Leur plus grand hit, Come Together, apparaît dans la seconde bande-son du film.

Lou Reed
Le leader du Velvet Underground délivrait ici l'un de ses plus grands classiques, Perfect Day, sans aucun doute l'une des chansons les plus touchantes et sincères du compositeur. Intervenant dans l'une des scènes les plus mémorables du film, au moment où Renton frôle l'overdose, la chanson est on ne peut plus poignante.

Pulp
Même si Pulp ne semble pas être aussi approprié que Lou Reed ou Underworld pour ce film, Mile-End - originalement présent sur la face B du vinyle de Something's Changed - parle de la difficulté de vivre sans fric. Avec ces paroles puissantes, la chanson correspond parfaitement aux protagonistes du film.

Sleeper
Le groupe de britpop Sleeper a repris l'immortel tube de Blondie, Atomic, en hommage à Debbie Harry. Le titre, ici, injecte un peu de groove punk-funk à la bande-son du film.

Brian Eno
Le titre ambient de « l'expert de l'antichambre », Deep Blue Day, est devenu un incontournable de la bande originale. Ces sonorités aussi douces qu'apaisantes correspondent parfaitement au moment surréaliste du film où Renton plonge dans « les pires toilettes d'Écosse » pour récupérer son suppositoire d'opiacé.

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Texte Joe Gamp

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