In French we say : Premier amour

Sortez les marshmallow, Nokia 3310, et autre ras-du-cou, les teen movies ont la côte ! i-D vous régale avec une sélection ambiance premier béguin.

par Camille Laurens
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07 Mai 2021, 9:51am

“Oops I did it again !” Regarder des teen movies en ce moment procure autant de plaisir que de se replonger dans les albums des Queens Aguilera ou Gwen Stephanie, sucette à la bouche et papillons au ventre. C’est le moment de ressortir de vos placards vos DVD, walkmans et autres posters, et de s’installer confortablement pour une virée sur les grands classiques du genre. Des premiers love, aux premiers émois, en passant par les chagrins d’amour, Love French Movies vous replonge dans les films pour ados qui séduisent les plus petits aux plus grands ! Ces premiers baisers qui ravivent la flamme de nos premiers amours… Retour vers le passé garanti.

1. L’émoi no future : Bye Bye Blondie

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Bye Bye Blondie de Virginie Despentes (2011)

Quand l’amour de jeunesse refait surface 20 ans plus tard. Qu’advient-il ? Lorsque la question est soulevée par une Virginie Despentes sur fond de punk lesbien, suintant le rock subversif, le film prend toute son ampleur. Plongée dans ces passions éternelles qui nous tiennent à vie, peut-on réellement oublier notre premier amour, celui pour lequel on hurle, on crie, on s’effondre. Et lorsque Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart tiennent la barque d’une main de fer, on s’émerveille devant la puissance sauvage des idylles destructrices.

2. L’émoi le temps d’un slow : La boum

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La boum de Claude Pinoteau (1980)

La boum, ou comment faire du teenage film, la référence ultime du cinéma français. La boum, c’est une Sophie Marceau aux traits juvéniles, mais à l’audace insolente, c’est les premiers baisers, les appels aux copines le cœur palpitant, c’est la grand-mère/meilleure amie dont on a toute rêvée, c’est les premiers slows, les invitations tremblantes, les premières fois, les doutes, les pleurs, et surtout une bande son culte, qui nourrit nos imaginaires depuis l’enfance. La boum, c’est le film que l’on montre à nos enfants, sourires aux commissures des lèvres. Encore et toujours. Et qui donne envie de croire en nos rêves.

3. L’émoi fantasmé : Été 85

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Été 85 de François Ozon (2020)

Un regard, une parole, un sourire. Parfois, il suffit d’un rien pour être bouleversé et sentir que l’on ne sera plus jamais le/la même. Dans Eté 85, le réalisateur nous plonge avec nostalgie dans la romance qui emporte tout sur son passage. Entre drame, amitié, douceur et rébellion, les deux héros, Benjamin Voisin et Félix Lefebvre, nous plongent dans l’esthétique mi-rétro mi-kitch d’un Deauville ensoleillé, dans les 80’, entre jukebox, mobylette, et veste en jean sans manche. J’irais danser sur ta tombe, ou comment Ozon ravive l’histoire d’amour qui hante nos nuits mais fait frémir nos cœurs à tout jamais.

4. L’émoi indécis : A nos amours

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A nos amours de Maurice Pialat (1983)

Nier l'importance majeure de la découverte charnelle dans les premiers émois, c’est amputer à l’amour un spectre puissant de la découverte amoureuse. Si le mythe de la première fois chez les jeunes femmes nourrit l'imaginaire des réalisateurs, peu osent en déceler la complexité, en décrire le plaisir, la jouissance et la liberté qui en découle. Sandrine Bonnaire, par la caméra complice d’un Pialat, offre une interprétation d’une femme éprise d’amour sensuel. Car oui, le sexe et le désir ne sont pas l’apanage de ces messieurs.

5. L’émoi obsessionnel : Tu mérites un amour

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Tu mérites un amour de Hafzia Herzi (2019)

De l’amoureux transi, aux rencontres d’un soir, le film dépeint avec justesse les itinérances émotionnelles d’une jeune femme qui découvre l’amour. Qui n’a jamais eu autour de soi, le départ du premier amour pour des contrées lointaines, afin de trouver “son vrai soi”. Entre passage à l'âge adulte et doute, le film se concentre sur celle qui est laissée dans l’oubli, mise sur pause, le temps d’un voyage mais qui pourtant s’émancipe grâce à cette fuite. Passer à autre chose, y croire ? Hafsia Herzi célèbre l’amour et la liberté. Car chacun le mérite.

6. L’émoi estival : Contes d’été

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Contes d’été de Eric Rohmer (1996)

L'été, source inépuisable de scénarios amoureux. Sous le soleil et l’ambiance ardente des soirs de vacances, les tabous s’estompent aussi vite que les crépuscules. De rencontres en rencontres, les cœurs valsent au gré des jours qui se ressemblent. Rohmer suit avec authenticité les déambulations d’un jeune vacancier qui fait le choix de ne jamais choisir et de laisser son cœur, maître de sa raison. Quand le quotidien est mis sur pause, les vacances prennent l’allure d’un soap opéra timide et virevoltant.

7. L'émoi à sens unique : Les roseaux sauvages

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Les roseaux sauvages de André Téchiné (1994)

Un triangle amoureux sur fond de trame historique, Téchiné livre un portrait fidèle de l'adolescence au prisme de jeunes adultes qui tâtonnent timidement l’amour. La guerre d’Algérie, maillon majeur de l’histoire de France, vient porter dans toute sa complexité, une histoire d’amour entre différents protagonistes entre politique, amour, et idéaux. A l’approche du baccalauréat, les personnages font l’apprentissage de la vie, et deviennent devant nos yeux, des adultes. Plus qu’un film, un portrait de vie.

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