In French we say : dernière séance

Rebelle, sauvage, cascadeur, séducteur, Belmondo est l’as des as du cinéma français. i-D et Love French Movies ont voulu rendre hommage à cette icône.

par Camille Laurens
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10 Septembre 2021, 4:24pm

A l’instar d’un Alain Delon, ou d’une Isabelle Adjani, Belmondo fait partie des références dont il est impossible de nier l’impact sur nos vies. Tête brûlée à la dégaine d’un gavroche chic, l’acteur détonne. Que l’on ait grandi avec, pleuré, ou ri, celui que l’on surnomme Bébel semble faire partie de notre quotidien tant il habite l’histoire du Cinéma. D’abord chouchou de la nouvelle vague et du cinéma d’arts et essai, il passe de vedette à star incontournable des plateaux. Avoir Belmondo, c’est la garantie de vivre une expérience unique. Car si l’acteur brille par ses performances exaltées, il surprend surtout par sa personnalité, son bagou et sa gueule et ouvre la voie à un style. On lui baisse notre chapeau, ou plutôt Borsalino. Retour sur 6 actions qui font de Belmondo, la légende dont il jouit.

1.    La Cascade dans Peur sur la ville

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“Déjà à 14-15 ans, je me baladais sur les toits, je n'ai pas le vertige!", confesse l'acteur, il n’aurait donc "jamais compris pourquoi on (lui) a tant reproché (ses) cascades".  Si de nos jours les acteurs multiplient les doublures pour éviter tous risques lors des scènes d'action, hors de question pour l’acteur de ne pas incarner son personnage, et ce jusqu’au bout ! Et l’une des plus impressionnantes reste la course poursuite dans le métro parisien, où Bébel a lui-même grimpé sur le toit du wagon de la ligne 6 pour rendre plus réel que jamais cette scène mythique. Dangereuse certes, mais jouissive à regarder, surtout lorsque l’on sait qu’il serait impossible de la reproduire aujourd’hui !

2.    La scène Torride dans Le magnifique

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L’une des plus belles femmes au monde, Jacqueline Bisset, aux côtés de l’irrésistible Jean-Paul Belmondo, voici comment garantir des scènes dantesques entre les deux acteurs. Et ce n’est pas la pellicule qui dira le contraire, preuve à l’appui, cette scène au fort potentiel torride où nos héros illuminent l’écran. Comme deux statues grecques, lui le corps ciselé et huilé, elle parée d’une simple étole de léopard, la scène est aussi picturale qu’une toile de maître. Le sex-appeal du Bébel est à son comble.

3.    Le Baiser dans Pierrot le fou

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“Jamais je ne t'ai dit que je t'aimerais toujours” lance Anna Karina à son amant tandis que celui-ci lui répond “On le saura quand on sera mort, dans soixante ans, on sera si l’on s’aime toujours” rétorque Belmondo, allongé sur le lit, admirant la danse de sa tendre, tous deux vêtus de peignoir. Une scène sans artifice mais qui offre à l’acteur son statut d'icône grâce à la caméra du pape de la Nouvelle Vague, Jean-Luc Godard. Avec Pierrot le fou, l’acteur devient la coqueluche des cinéastes qui admirent son flegme naturel, un jeu quasi inné qui le pousse à interpréter des personnages aux milles facettes.

4.    La réplique culte : “C’est vraiment dégueulasse" dans À bout de souffle

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Allongé à même le sol face à une Jane Seberg décontenancée, Belmondo lance avec insolence cette topline qui rentre dans l’histoire du septième art. Car l’une des signatures de l’acteur, c’est sa gueule, mi-cassée, mi-titi parisien, qui clôt le chef-d'œuvre absolu d’un réalisateur, encore méconnu du grand public, Truffaut dira d’ailleurs à ce sujet «C’est presqu’un clochard qui a fait le film. Il est rare qu’étant aussi malheureux et aussi seul, on puisse faire un film.». Dans une respiration, Bébel lâche sa dernière phrase, touché d’une balle dans le dos, une dernière pensée pour finir en beauté une course poursuite, où l'acteur à bout de souffle s'effondre.

5.    Le style dans Borsalino

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Des vestes en cuir, aux chapeaux, aux cols roulés, l’acteur tient à être sapé avec classe. Plus qu’un amateur de mode, Belmondo considère le style comme une porte de lecture de ses personnages. D’ailleurs dans A bout de souffle, Godard laisse libre court à l’imagination de ses acteurs pour les costumes, ce qui lui vaut cette éloge dans Vanity Fair "La garde-robe du film a fait découvrir au public américain cette nonchalance française, une sorte de look beatnik-bourgeois" . Il peut rendre un habit culte comme le Borsalino qui donnera même son titre au film, "Le borsalino au cinéma est bien plus qu’un couvre-chef : c’est une signature, une façon d’être" décrit son créateur Giuseppe Borsalino, ce que l’acteur illustre avec panache.

6.    La scène de danse dans Une femme est une femme

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3ème long-métrage du réalisateur, ses deux acteurs fétiches, Anna Karina et notre Bébel, le film souhaite être un pastiche du cinéma américain. Comédie romantique, les deux tourtereaux se retrouvent dans la rue et échangent une danse "façon Nouvelle Vague”,  comprendre une succession de pauses absurdes comme si le film était sur pause, une mise en abyme brillante qui fait des trois comparses, des visionnaires. Polyvalent, brillant, l’acteur s’essaie à tous les styles. Aussi inventif que surprenant, l’acteur mérite amplement les honneurs qui lui sont décernés. Une pluie d’hommage à la hauteur de son génie ! Pour toujours Bébel.

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