Publicité

emily ratajkowski veut être féministe sans renoncer à sa féminité

La selfie queen d'Instagram n'en a pas fini de faire bouillir les haters.

par Hannah Ongley
|
07 Avril 2016, 10:00am

@emrata

Sans Emily Ratajkowski, le clip controversé du tube Blurred Lines de Robin Thicke n'aurait certainement pas atteint les quelque 445 millions de vues qu'on lui connaît. À l'époque, la jeune femme alors connue comme la "Blurred Lines model" a polarisé le mépris des gardiens de la morale d'Internet pour s'être dandinée avec assurance, uniquement vêtue d'une petite culotte et d'un rouge à lèvres rouge. Trois ans et quelques faits d'armes incontestables dans la mode et le cinéma plus tard, la mannequin/actrice/féministe provoque encore plus de colère en osant contrôler son image et faire fi du regard masculin vitreux qui l'a toujours "attentivement" scrutée. Alors, est-elle la plus détestée ou la plus adorée du net ? La réponse change selon la personne à qui l'on pose la question. Une chose est sûre : elle fait partie des personnalités les plus détonnantes.

Le nouveau rôle de Ratajkowski, celui de porte-voix féministe, a réellement pris de l'ampleur quand elle a défendu le désormais célèbre selfie de Kim Kardashian nue en suivant le pas. "Que porter ce soir ?" se demandait-elle avec humour, postant dans le même temps une photo d'elle nue dans sa salle de bains. Les likes, les cœurs, les emojis et toutes les formes de soutien qui ont suivi sont totalement passés à côté du propos : les selfies (presque) nus n'ont rien à voir avec le regard des hommes ; c'est une affaire de propriété et de contrôle de son image. Et puis, il y a aussi eu ceux qui ont indiqué avec aplomb que Ratajkowski ne pourrait en aucun cas changer le regard masculin - et ne pourrait même pas se déclarer féministe - parce qu'elle avait des cheveux et un maquillage trop soignés. À tous ces gens, elle vient de répondre avec fermeté, rappelant au monde qu'être une féministe ce n'est pas (toujours) refuser de porter de rouge à lèvres et se laisser pousser des poils sous les bras.

"Oui, nous vivons dans une société patriarcale et les standards de beauté en sont la conséquence," expliquait-elle récemment à WWD. "Ça ne veut pas dire que je dois absolument agir en dehors de ça. Je peux agir à l'intérieur de ce prisme pour appuyer mon propos. Par exemple, je porte du maquillage. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas féministe. Je peux porter du maquillage pour améliorer mes traits et oui, je me plie donc aux standards de beauté imposés par par cette société patriarcale, mais j'y vis. Je ne porte pas de maquillage pour faire plaisir aux hommes, j'en porte pour me faire plaisir, à moi. Et je ne me laisse pas pousser les poils sous les bras pour protester contre ce patriarcat. Je porte un soutien-gorge. Voilà des choses que je n'ai pas besoin de rejeter pour affirmer ma sexualité ou mon féminisme."

On ne peut que lui donner raison parce qu'en effet, nos teints blafards et nos aisselles poilues n'endigueront pas les inégalités entre hommes et femmes.  Après le scandale du selfie nu, Ratajkowski a écrit un essai poignant sur les pressions que subissent les mannequins érigées en sex symboles. "Je refuse de vivre dans ce climat de honte et d'excuses. La vie ne peut pas être dictée par la perception des autres et j'ai compris que les réactions des gens à propos de ma sexualité n'est pas mon problème, c'est le leur." Il est vrai que le corps qu'elle expose sur Instagram est un idéal inaccessible pour 99,9% des femmes - tout aussi inaccessible aux hommes, donc. on peut donc plus ou moins comprendre comment certaines personnes peuvent se sentir, indirectement, discriminées ou attaquées. 

Credits


Texte Hannah Ongley
Image via Instagram

Tagged:
Culture
selfie
Emily Ratajkowski
feminisme