7 animés japonais pour passer à l'âge adulte en douceur

Laissez un peu tomber Larry Clark.

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nov. 18 2016, 1:15pm

Non, les dessins animés ne sont pas que pour les enfants. Derrière l'univers en apparence enfantin se cache, parfois, une complexité psychologique et émotionnelle digne des plus grands thrillers.Your Name, le dessin animé qui s'apprête à sortir en France et qui met en scène des adolescents désireux d'échanger leurs corps, n'en sera que la preuve.

Derrière ces film s'érige une critique forcément politique des moeurs japonaises et de la binarité du genre. Les tourments de l'adolescence et les dessins animés japonais vivent une histoire passionnée depuis longtemps. Certains ont capturé les sentiments contradictoires et amoureux de la cour de récrée, la douleur que provoque la sentence "restons amis" et la complexité d'un un âge entre deux. La preuve par 7.

Je peux entendre l'océan

Ce très beau téléfilm signé Studio Ghibli prouve que la magie peut s'opérer ailleurs que dans la forêt du Dieu cerf. Réalisé et retransmis dans les années 1990, Je peux entendre l'océan est un conte sans morale où un lycéen s'éprend de la nouvelle de la classe. Seul problème : tout le monde en pince pour elle et surtout son meilleur ami. Dans ce triangle amoureux, on découvre la complexité des rapports homme/femme et de l'amitié masculine. L'occasion de plonger dans le quotidien des étudiants japonais, habitués au cours de tennis, aux interminables voyages en métro et aux quais des trains qui défilent tout au long de cet écrin poétique.

La Traversée du Temps

Comme Your Name, La Traversée du Temps brouille les genres et se situe à la frontière entre le teen-movie et le film d'anticipation. Une étudiante découvre le pouvoir de voyager dans le temps et en profite pour réajuster les quelques événements problématiques de son existence. Mais rien ne se passe comme prévu et toutes les situations finissent par se compliquer, comme lorsque son meilleur ami lui demande de sortir avec elle, qu'elle revit la situation, la jeune femme tente l'impossible pour éviter sa question - sans y parvenir. Elle fait l'apprentissage de la vie et découvre de fait, qu'on ne peut pas toujours revenir en arrière. Ce dessin animé teinté d'idéalisme, fait l'éloge de l'imprévisible.

Si tu tends l'oreille

Attendez-vous à ce que celui-ci vous brise le coeur. Sorti en 1995, ce chef-d'oeuvre d'animation pensé par le Studio Ghibli et réalisé par Hayao Miyazaki suit les pas d'une adolescente qui revoit quotidiennement le même nom masculin imprimé sur ses livres empruntés à la bibliothèque. "Je me demande à quoi il ressemble", murmure-t-elle les yeux plongés dans ses rêves. Lorsqu'elle le rencontre enfin, c'est le coup de foudre et les joues roses se dessinent sur leurs visages. Mais le garçon doit se rendre en Italie pour devenir apprenti et, comme Miyazaki nous l'enseigne depuis le début de sa carrière, la vie sait être belle comme elle peut être injuste. Scène finale romantique en apothéose : avant son départ, le garçon monte jusqu'à chez elle, l'emmène en vélo et pédale à toute vitesse sous le soleil levant. Préparez vos mouchoirs.

Beck

La vie de Yukio prend un tournant vraiment inattendu lorsqu'il rencontre Ryusuke, un guitariste âgé de 16 ans. Ensemble, ils décident de monter un groupe de rock, Beck (qui n'est pas un hommage au Beck qu'on connaît trop bien). Yukio - qui accumule les tares et les caractéristiques du nerd asocial - trouve ainsi refuge et salut dans la musique. Et surtout, il finit par tomber amoureux d'une fille de sa classe. Écrits et illustrés par Harold Sakuishi, les 26 épisodes du manga nous rappellent à quel point un morceau, un air de gratte et un crush peuvent changer toute une vie.

Kids on the Slope

"Le nouveau de la classe" est un thème récurrent du cinéma d'animation japonais pour une raison. Il est atemporel mais s'adapte parfaitement au cadre esthétisant des années 1960. Dans Kids on the Slope, Yuki Kodama raconte le parcours d'un ado forcé de suivre son père, en déplacement professionnel qui débarque en ville. Asocial et misanthrope, il déteste ses semblables et réduit au maximum la diversité de ses interactions à l'école. Il prétend être le centre du monde et lâche des phrases du type : "Tout me donne envie de vomir". Mais évidemment, tout bascule quand une fille lui fait découvrir les environs à l'heure fatidique de la pause dej. Grâce à elle, il rencontre un jazzman effronté qui l'initie au plaisir de la bonne musique. L'occasion inratable de faire une balade musicale dans le Tokyo jazzy des années 1960.

La Colline aux coquelicots

Une ode au romantisme forcément signée Ghibli, La Colline aux Coquelicots raconte l'histoire d'amour entre une jeune femme et un étudiant en journalisme dans le Japon des sixties. Tous deux font partie d'une bande de kids qui veulent à tout prix sauver leur université de la démolition qui l'attend, à la veille des Jeux Olympiques de Tokyo en 1964. Réalisé par le fils d'Hayao Miyazaki, Gorō Miyazaki, ce film n'a rien perdu de sa splendeur ni de sa poésie, toujours appréciable en 2016.

Lettre à Momo

Lettre à Momo est un des rares dessins animés dont l'univers, semblable à celui du Voyage de Chihiro, transporte le spectateur dans un espace-temps onirique et parallèle. L'histoire met en scène une jeune femme qui quitte Tokyo après la mort de son père. Elle entrevoit avec anxiété le futur qui l'attend, repense sans cesse à la mort et en veut à sa mère de l'avoir déracinée. L'ennui s'installe et la dévore, jusqu'à ce qu'elle se replonge dans un vieux livre d'images, dans le grenier de sa nouvelle maison. Les esprits apparaissent et s'immiscent dans son champ de vision et à travers eux resurgissent les questions existentielles que Momo se pose, à l'instant crucial de son existence et avant de rejoindre le monde des adultes.

@OliverLunn

Credits


Texte : Oliver Lunn