zlatan de a à z

Quand l'un des footballeurs les plus iconiques de l'histoire lance sa propre marque de vêtements - de "sporstwear pour tous".

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juin 9 2016, 10:30am

Il y a le foot, et il y a les footballeurs. Ces personnalités qui supplantent l'ardue compréhension des différentes règles de hors-jeu en fonction de la division européenne et un débat sans fin sur l'arbitrage vidéo. Ces joueurs plus forts que leur sport, plus grands que leur(s) équipe(s) - tronches avant d'être sportifs. Si vous doutez que Zlatan entre d'un pas chaloupé dans cette catégorie (Zlatan est véritablement une catégorie à lui tout seul), rappelez-vous de l'époque où le terme "zlataner" jouait des coudes à l'entrée du Larousse. Rappelez-vous comme, avant l'arrivée d'Ibra au PSG, Chuck Norris était encore le roi des mèmes. Le Texan barbu s'est fait zlataner.

Quatre années durant, la capitale s'est faite zlataner. Les fans du PSG vivant (et les autres pleurant) au rythme des frappes acrobatiques du Z, et les moins footeux s'amusant de ses punchlines les plus imagées. Le 7 juin dernier, à l'occasion de la séance de questions-réponses organisée pour le lancement de sa nouvelle marque de vêtement A-Z (A to Z, "de A à Z"), la statue de Malmö affirmait droit dans ses crampons : "Quel genre de président est François Hollande ? J'aide ce pays plus qu'il ne l'aide". Dont acte. Et, oui, vous avez bien lu. Fatigué d'être un roi et une légende, Zlatan lance sa marque de vêtement. Des lignes simples, épurés, pour l'entraînement du sportif débutant, et de celui qui se prépare à gagner l'Euro. Du "sportswear pour tous" qui ne vous transformera cependant pas en X-Men. L'évolution, la progression, c'est dans la tête. On est allé vérifier ça avec Zlatan, en faisant nettement moins de blagues - il nous met bien deux têtes.

D'où t'est venue l'idée de lancer ta propre marque ?
De l'envie de me rapprocher des gens. Je suis l'homme du peuple, et après 15 ans passés à travailler avec de grandes marques, de grandes entreprises, je me suis dit qu'il était de temps de faire les choses à ma manière. C'est un rêve que j'ai depuis très longtemps, de voir les gens s'entraîner dans les vêtements que j'ai conçus.

Notre produit est simple, et la philosophie qui l'entoure ne ressemble à aucune autre. Je ne dis pas "mes vêtements vont vous rendre meilleur". Progresser, c'est dans la tête. Ce n'est qu'une affaire de travail acharné. Notre produit est le meilleur, justement parce que notre façon de voir les choses est différente. Tout n'est qu'une histoire de volonté. Etes-vous prêts à travailler dur et à faire les sacrifices nécessaires pour devenir la personne que vous voulez être ? C'est comme ça que je raisonne.

La fonctionnalité passe avant le style ?
Bien sûr qu'on veut que ce soit beau. Mais l'important c'est le confort, la simplicité. Bien sûr, tout le monde veut avoir un bon look en s'entraînant ? C'est normal, mais notre objectif c'est l'entraînement.

À quel point t'es-tu impliqué dans le développement de la marque ?
Je me suis totalement impliqué, depuis le premier jour. Ça ne fait qu'un an et demi, c'est une courte période, l'équipe a dû travailler très dur. On est très contents du résultat. On arrive maintenant au moment où nous souhaitons toucher un maximum de personnes. On est tous très excité et il y a un tas de choses qui vont suivre. Des choses assez énormes.

Pourquoi « A-Z » ?
Tu commences au A, et tu te traînes jusqu'au Z. La route est longue, mais cette longueur dépend surtout de toi. Jusqu'où veux-tu aller ? Ces vêtements sont pour tout le monde, débutants, professionnels, peu importe. Je veux donner à tout le monde la possibilité de s'entraîner dans les meilleurs habits possible. Pas seulement aux gens à mon niveau. Parce qu'à mon niveau on n'est pas tant que ça, comparé aux débutants. Il faut bien commencer quelque part. C'est d'eux dont je me soucie le plus.

Comment tu décrirais la marque, en quelques mots ?
Magie. Qualité. Simplicité.

Quelle touche personnelle y as-tu apporté ? Qu'est-ce qui nous fera dire "tiens c'est la marque de Zlatan" en croisant quelqu'un la portant ?
La couleur dorée, par exemple. C'est notre couleur principale. C'est quelque chose que j'ai vivement souhaité. Pour mon nom déjà. Dans ma langue, il signifie "or". Et c'est une couleur que j'aime beaucoup. Elle est très forte. Pas parce que c'est de l'or, mais parce qu'elle provoque une réaction quand tu la vois. Et la réaction, c'est ce que je cherche. C'est une touche très personnelle.

Quand tu as sorti ton parfum, tu as dit que tu voulais que l'on se sente comme « un boss » en s'en aspergeant. Comment veux-tu qu'on se sente en portant du A-Z ?
Confiants.

C'est donc une marque de sport. Et je sais que tu es un grand fan de pêche. On peut porter du A-Z pour aller à la pêche ?
On n'est pas dans ce domaine… pas encore ! On se concentre sur l'entraînement et le sport. Peu importe le sport, boxe, gymnastique, football. Tout. Mais les vêtements ne feront pas le travail pour vous. Ils ne vous rendront pas meilleur. Mais les vêtements sont les meilleurs. En termes de forme, de qualité, de confort. Il n'y a pas de détail inutile. Je ne vous dirais jamais "portez ce t-shirt et vous vous sentirez plus fort". C'est des conneries, je peux vous l'assurer avec mes quinze années d'expérience. Voilà la différence entre moi et le reste. Tu progresses en t'entraînant et en faisant des sacrifices. C'est comme ça que ça se passe.

Tu t'es inspiré d'autres joueurs de foot qui ont franchi le pas et lancé leur propre marque ?
Non, non ! Pas du tout. Mon approche est globale. Quand l'opportunité s'est présentée, j'ai tout de suite dit "allons-y, et faisons ça comme on le veut". Le rêve, c'est de voir des gosses du monde entier s'entraîner avec mes vêtements. Quand ce sera le cas je serais satisfait. Ce n'est pas du business. Je n'en ai pas besoin, j'ai largement ce qu'il faut dans ma vie. Je ne plains pas.

Tu t'es autant amusé que tu as travaillé en développant A-Z ?
C'était un peu des deux. Beaucoup de boulot et beaucoup d'excitation. Tu as vu la vidéo ? Tous les gens qu'on y voit ont été minutieusement sélectionnés par moi et l'équipe. Des professionnels aux amateurs, des débutants au haut niveau. C'est pour tous et pour tout le monde. Je sais que mon équipe a dû faire beaucoup de sacrifices, vu que je suis moi-même débutant en la matière. Mais proposer un tel produit, une telle collection, en si peu de temps, ça paraissait totalement impossible. Mais les choses se sont passées comme prévu.

À propos de la vidéo. C'était important de tourner en France et en Suède ?
Oui, bien sûr. J'ai une réelle connexion avec Paris, j'aimerais y habiter encore plus. Je m'y sens plus chez moi, que chez moi. Donc c'était une manière de rendre cette faveur à Paris. C'est très important. Paris m'a donné tant de bonheur, tant de joie et tant de souvenir que je n'oublierai jamais…

L'Euro arrive. Beaucoup de Français supportent les Bleus, et la Suède…
Ouais ! C'est ce que je me tue à dire à l'équipe ! On aura avec nous les supporters suédois et les supporters français !

C'est spécial de jouer le tournoi ici ?
Très. Quand on n'a raté la qualification automatique, j'étais déçu, vraiment. Mais il nous restait les éliminatoires. C'était impossible, impensable que Zlatan ne participent pas à l'Euro en France, après les quatre ans que je viens de passer à jouer ici. Il fallait que j'y arrive, il fallait que je vienne ici avec mon pays. Je savais que j'aurais les Français et le suédois derrière moi. Ça devait arriver, c'était mon destin. L'équipe s'en est fièrement sortie pendant les éliminatoires. C'était la victoire ou rien. Cette fois ce fut la victoire.

Tu vas offrir quelques-uns de tes vêtements à tes coéquipiers ?
Je ne sais pas ! J'y réfléchis. Ils devront d'abord les mériter. Ils devront s'entraîner dur s'ils en veulent.

Ce n'est pas le cas ?
Ils s'entraînent dur mais, je pense qu'ils peuvent s'entraîner encore plus. On verra bien ce qu'il se passe. Peut-être que je ferais une surprise à tout le monde.

Après le foot, les vêtements, quelle pourrait être ta prochaine ambition, le prochain rêve ?
Ce que je sais, c'est qu'en tant que personne, peu importe ce que je fais, je me donne à 200%. Je veux réussir, peu importe ce que j'entreprends. Avec ce projet comme avec le foot que je pratique depuis 15 ans. Quoi que je fasse, je fonce, je me donne à 200% et je réussis. L'objectif principal, avec A-Z, c'est de s'étendre rapidement au monde. Je veux voir le monde s'entraîner dans mes vêtements. Voilà mon ambition. Quand j'aurais réussi, je pourrais me satisfaire. Je ne crois qu'en de gros projets. Les petites ambitions ne me donnent pas l'adrénaline nécessaire, ni la motivation. Je dois viser gros. La deuxième place est la première place des perdants. C'est inacceptable.

Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter en 2016 ?
On verra bien ce qu'il se passe la saison prochaine. Beaucoup de choses vont arriver… beaucoup de nouvelles choses. 

Credits


Texte : Antoine Mbemba
Photographie : Léon Prost