voici les 10 finalistes mode du festival de hyères

Dix finalistes, venant de huit pays, ont été sélectionnés parmi 300 candidats pour le Prix mode de la 32ème édition du Festival International de Mode et de Photographie d'Hyères qui se tiendra du 27 avril au 1er mai prochains. Le Japonais Wataru...

|
29 mars 2017, 8:20am

Présidé par Bertrand Guyon, directeur du style de la maison Schiaparelli, le jury a sélectionné dix créateurs âgés de 24 à 31 ans. Ils concourent pour le Grand Prix du jury Première Vision doté d'une bourse de 15 000 euros et d'un projet de collaboration avec les métiers d'art de Chanel. Ils sont invités à présenter sept silhouettes sous forme de défilés. Collections masculines à la virilité chahutée, silhouettes asexuées, uniformes déconstruits, expérimentations sur la matière : une fois encore le grand vainqueur de cette édition bousculera les idées reçues.

Marine Serre

Ancienne étudiante de La Cambre, la corrézienne Marine Serre, mêle design inspiré des vêtements arabes du 19e siècle (caftan, saroual, karakou) et tops moulants en jersey aux découpes athlétiques. Des volumes bouffants en tissu moiré, des gants en cuir conçus avec la maison Agnelle, et un croissant de lune pour logo, clin d'œil à la virgule de Nike. Egalement sélectionnée parmi les 8 finalistes du prix LVMH 2017, Marine travaille actuellement au studio Balenciaga.

Gesine Försterling

La créatrice allemande de 30 ans Gesine Försterling a travaillé dans un atelier de broderie à Mumbai et étudié à l'Université des arts de Berlin. Elle propose une collection intitulée « Work?! » donnant aux habits masculins de nouveaux ornements. Les vestes de smoking se parent de motifs en relief tissés à la main, les sweats sont décorés d'un gros logo « EXPERT » brodé et les tabliers en tissu de costume rayures tennis prennent l'allure de robes.

Danial Aitouganov

Diplômé du AMFI (Amsterdam Fashion Institute), Danial Aitouganov, 24 ans, explore les zones grises de la féminité. Ancien stagiaire d'Alexander Wang à New-Nork, le créateur originaire des Pays-Bas vient d'intégrer le studio de la maison Chloé dirigé désormais par Natacha Ramsay-Levi. De larges volumes de jupes à la Cristóbal Balenciaga et des imprimés très colorés (motifs floraux, aplats de couleurs primaires, motifs façon coups de pinceaux) : une forme de féminité affirmée se dessine, libre et enjouée qui ne cherche pas à mimer les codes du vestiaire masculin pour s'affirmer.

Marianna Ladreyt

Marianna Ladreyt, 27 ans, (Franco-Chypriote) a étudié la philosophie à la Sorbonne avant d'intégrer l'Académie Gerrit Rietveld, une école d'art néerlandaise spécialisée dans les arts visuels et le design. Dans sa collection masculine, elle réinterprète la figure baudelairienne de l'artiste flâneur qu'elle habille d'un bomber en nylon prolongé en toge, fusionnant les codes du streetwear et du vêtement traditionnel romain.

Maria Korkeila

L'artisanat est à l'honneur avec Maria Korkeila (Finlande), 24 ans, diplômée de l'école de mode Aalto d'Helsinki et ancienne stagiaire de Rick Owens. Inspirée de Christo et de ses magazines enveloppés de plastique, la créatrice s'est interrogée sur le recouvrement des corps masculins et leur exposition. Elle mélange plusieurs techniques d'impression et de superposition (des tissus jacquard se mêlent aux tulles de soie) et incorpore dans ses silhouettes des photos de femmes nues issues de magazines érotiques des années 1970. La couleur jaune doré domine ses créations.

Hyunwoo Kim

Le créateur sud-coréen âgé de 25 ans délivre une collection unisexe. Inspiré par les films d'horreur de série B de Roger Corman et en particulier « La Petite boutique des horreurs « de 1960, Hyunwoo Kim s'est penché sur la figure du jardinier japonais qui fournit les plantes suceuses de sang humain. Résultat : des manteaux façon kimono matelassés et brodés de plantes carnivores, un long trench gris pierre avec un dos rembourré dont s'échappe de longs fils couleur sang.

Hermione Flynn

Créatrice de 31 ans néo-zélandaise installée à Berlin, Hermione Flynn s'est interrogée sur la notion de confort dont seraient dépourvus nos vêtements. Avec sa collection C+B = C(ock) + B(alls) = C(ocktail dresses) + B(allgowns)…for men, elle mêle gender fluidity et déconstruction. Ses vêtements ornés de multiples poches, se transforment à volonté (plis, drapés, nouveaux volumes) grâce à de nombreux boutons pression.

Lotte Van Dijk

Diplômée du AMFI, actuellement étudiante en Master mode à ArtEZ, école d'art hollandaise et ex-stagiaire de Phoebe English, Lotte Van Dijk signe une collection féminine très picturale, exposée il y a quelques semaines à L'Atelier Néerlandais, à Paris. Inspirée de l'artiste peintre Marlene Dumas - l'une des femmes peintres dont les toiles sont les plus chères au monde - la créatrice néerlandaise a peint ses tissus avant de les transformer en vêtements.

Fuhong Ya

Diplômée d'ESMOD, la créatrice chinoise Fuhong Ya cherche à faire ressentir à travers sa collection le moment clé de l'essayage, quand le vêtement est encore en gestation. Les séances de fitting l'inspirent, quand on ajuste et réajuste la toile ou le modèle jusqu'à trouver la bonne inclinaison, le bon mouvement. Sa collection dénommée « Retoucherais » comprend denims effilochés et trenchs semblant inachevés. 

Vanessa Schindler

Novatrice, Vanessa Schindler (Suisse), diplômée de la HEAD (Haute Ecole d'Art et de Design) - dont la directrice du pôle « Design Mode » n'est autre que Léa Peckre, lauréate du Grand Prix du jury du Festival en 2011 - utilise comme matière première l'uréthane, liquide qui en séchant lentement devient gommeux et transparent. Avec ce polymère, l'ancienne stagiaire de d'Etudes Studio, Balenciaga et Henrik Vibskov, à Copenhague, développe une nouvelle technique de montage et appréhende un nouveau vocabulaire de finitions dans le vêtement, fruit de deux ans de recherche.

Credits


Texte : Sophie Abriat
Photographies : Louise Desnos