pigalle et nikelab dessinent pour paris un joyeux futur

Hier, la nouvelle collection Nikelab x Pigalle défilait au Musée d'Art Moderne de Paris. Une nouvelle étape dans la belle relation qui lie les deux marques et une affirmation de Stéphane Ashpool de son attachement au monde du sport.

par Antoine Mbemba
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23 Juin 2017, 1:20pm

Le futur. C'est un mot qu'on utilise de plus en plus souvent dans ces pages, pour décrire et raconter la création d'aujourd'hui, celle qui marque les esprits. C'est presque devenu le pré-requis à tout intérêt, même quand il joue de la réinterprétation du passé. Et c'est en tout cas la galaxie lointaine que Stéphane Ashpool a décidé de visiter pour la nouvelle collection Nikelab x Pigalle, qui s'est offert un défilé hier au sein du prestigieux Musée d'Art Moderne de Paris. Une collection pour ancrer un peu plus une relation déjà pérenne entre Nike et la jeune marque française. Une collaboration toujours plus logique pour l'ancien entraîneur de basket et le héraut du streetwear qu'est Ashpool. « On est évidemment liés par le sport. Ça rend notre entente totalement naturelle. Il y a une belle loyauté qui s'est créé entre nous, c'est super agréable. Ça dure depuis près de dix ans maintenant, et la première collection c'était il y a six ans ! Chaque été on fait une paire, un été sur deux on fait une collection, et celle-ci est la plus consistante. »

Sous le plafond du musée, au rythme du vibraphone et du hang de deux musiciens, c'est donc un avenir étincelant qui s'est dessiné. Une série de pièces basée sur « une collection qu'on avait fait pour Nike, explique Stéphane. Je suis parti sur la même gamme de couleur, et j'en ai gardé deux-trois détail, pour mêler aux mieux l'ADN de Nike, les chaussures, et les traits Pigalle. » Avant les couleur, on y retrouvait du blanc, comme celui de la feuille vierge qu'il reste à écrire à toute la jeunesse qu'incarne Pigalle. Une jeunesse en avance, en mouvement aussi significatifs qu'aléatoires, à l'image des mannequins d'hier, aux déplacements aussi libres que leur allure ; déambulant, s'asseyant, fixant droit et fier le regard du public.

La force de Stéphane Ashpool, autodidacte, enfant et sûrement un peu aussi papa de Pigalle, c'est les astres qu'il attire. La manière de réverbérer la lumière de ceux qui l'entourent, à l'image de la visière éclatante qui recouvrait entièrement les yeux d'un modèle. Cette faune à l'image de ce quartier de Pigalle, métamorphe et mixeur de genres, d'inspirations, de cultures. Cette même diversité que l'on retrouvait autant dans le public, hier, que chez les mannequins, c'est celle-là même qui fonde l'identité Pigalle. Et ce mélange des genres est au centre de la vision de Stéphane Ashpool. Cette semaine en est l'illustration parfaite, la musique pour le 21, la mode le 22 et le sport avec un tournoi de Basket ce week-end. « Sur le défilé, on est dans une esthétique plutôt artistique, le sportif est là, mais plus lointain. Samedi, sur le terrain de basket, on va être purement dans le jeu. Cette semaine, c'est l'occasion de mêler deux univers. C'est ce que j'essaye de faire à chaque fois, mêler sport et création. » Et plaquer au dos d'une veste quelques anneaux olympiques pour le rappeler.

Et c'est parfois malaisé, d'inclure en une vision inédite deux mondes qui viennent avec leurs codes bien précis, leur lignes parfois trop parallèles. « Moi je suis issu du sport, et j'ai développé ma création de là. On me réduit parfois aux t-shirts. Cette semaine, c'était mon quinzième défilé. La première fois, il y a sept ans, il n'y avait aucun t-shirt, aucun sweat-shirt. Que des costumes avec des broderies. C'est deux mondes, les gens ont parfois du mal à les assimiler, ils ne savent pas si je fais de la mode ou des t-shirts. Mais ça devient cohérent. J'utilise les mêmes matières que les grosses maisons, mais ma toile de fond c'est avant tout le sport, ou la rue. » Et hier, on a été sacrément rassuré sur la rue du futur. En tout cas celle de Pigalle. 

Credits


Texte : Antoine Mbemba
Photographie : Christoph Wohlfahrt