à saint-pétersbourg, gosha rubchinskiy s'accapare le carreau polémique de burberry

La carreaux-mania du début des années 2000 s’est invitée vendredi à Saint Pétersbourg pour célébrer la collaboration de Gosha Rubchinskiy avec Burberry pour son défilé printemps/été 2018.

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juin 13 2017, 12:25pm

C'est l'un des clichés les plus célèbres de l'histoire postmoderne du Royaume-Uni : en 2015, toute de Burberry vêtue, Danniella Westbrook balade une poussette Burberry. Sommet de la culture chav, cette photo de paparazzi fait de l'imprimé Burberry un véritable symbole. « Je ne me suis jamais montré snob envers ça, parce que c'est une part importante de notre histoire » affirme Christopher Bailey à l'Astoria de Saint Pétersbourg ce vendredi. Il a fait le voyage pour voir la collection printemps/été 2018, marquant sa collaboration avec Gosha Rubchinskiy, bien connu pour son amour du second degré.

Comment ne pas voir dans cette collaboration une ode au passé de la marque, enfin décidée à assumer fièrement son histoire plutôt que d'essayer de l'enterrer ? Osant le total look carreaux, short de sport et flap cap signé Stephen Jones, Gosha assume : « Je ne fais que refléter ce que je vois en Russie. Les Anglais en savent long sur les chavs, mais j'ai des amis fans de football, un peu plus âgés que moi et ils portent tous du Burberry »

Aujourd'hui, collaborer avec Burberry représente une chance inouïe. Revenue à son âge d'or, la marque est parvenue à conquérir une nouvelle génération de férus de mode, en continuant de célébrer la culture working class des années 90 et 2000. Désormais, des marques comme Vetements, Off-White ou Cottweiler rendent hommage aux pionniers. Une collaboration avec Adidas est d'ailleurs en cours, qui imprimera évidemment les célèbres carreaux sur certaines pièces. Dans la veine de son précédent défilé à Kaliningrad, Rubchinskiy a basé sa nouvelle collection sur la prochaine Coupe du Monde en Russie et sur ses liens avec le football anglais.

Car, qu'il s'agisse de football, de musique des années 1980 ou d'électro des nineties, Saint Pétersbourg fait rêver l'Occident. Ce qui fait dire au créateur russe : « L'argent, c'est Moscou, Saint Pétersbourg, c'est la liberté. » Au royaume de Rubchinskiy, le spectre de la middle class britannique est donc devenu synonyme de « football, de mode et de musique : autant de choses capables de réunir les gens ».

Credits


Photographie : Gosha Rubchinskiy pour Burberry