une nouvelle série netflix renverse les stéréotypes liés à la sexualité féminine

She's Gotta Have It, nouvelle série Netflix signée Spike Lee, va soigner bien plus que nos gueules de bois du dimanche.

|
24 Novembre 2017, 11:49am

Cette année, les séries Netflix ont fait fort. On a pu plonger dans l’esprit frappé des tueurs psychopathes dans Mindhunter, on a failli se laisser tenter par les bodies en spandex en regardant GLOW et il a été impossible pour tout le monde d’ouvrir les yeux et de naviguer l’internet sans être inondé par la seconde vague de Stranger Things.

Et la plateforme n’en a pas fini. Netflix s’apprête à diffuser une nouvelle série qui risque de conforter nos plans casaniers de l’hiver. Par contre, celle-ci mérite bien plus qu’un visionnage dominical en gueule de bois. She’s Gotta Have It s’articule autour du personnage de Nola Darling, une peintre de Brooklyn « sexuellement positive, polyamoureuse et pansexuelle » jouée par DeWanda Wise. On y suit ses navigations parfois mouvementées entre trois relations amoureuses différentes. La série est un remake du film de Spike Lee du même nom, est réalisée par Spike Lee himself, qui s’aide de quelques noms supplémentaires à l’écriture. La Nola Darling « originale » était née du seul stylo de Spike Lee. Cette fois-ci, le cinéaste a recruté la scénariste Radha Blank, l’auteure et actrice Eisa Davis, l’auteure Lynn Nottage et sa propre sœur Joie Lee – surtout actrice, scénariste et réalisatrice. La diversité proposée par la série devant et derrière la caméra nous laisse présager des personnages habilement écrits et crédibles. Et dans la lignée des séries Chewing Gum ou Insecure, on peut s’attendre à une représentation bienvenue des femmes de couleurs, loin des symboles et des quotas vides qui ont occupé les écrans de télé (et le reste des médias) pendant déjà trop longtemps.

La série ne fait pas seulement la promotion de la diversité. Depuis que le cinéma existe, les femmes et leur sexualité ont été cantonnées à une sélection de stéréotypes condescendants. On a le choix entre la femme fatale et manipulatrice, l’innocente ingénue ou la romantique encore célibataire dont tous les problèmes sont réglés par l’arrivée d’un prince charmant dans sa vie. Ici, par contre, le polyamour de Nora la met aux commandes de sa propre vie, et on a rarement vu des femmes représentées à l’écran avec à ce point confortables et en contrôle de leur propre sexualité. Comme Spike Lee l’expliquait au New York Times : « Nora est une femme qui jongle entre trois hommes, et je pense qu’il y a de plus en plus de femmes qui font cela aujourd’hui. Mais la façon dont ces femmes sont jugées n’a pas changé pour autant. »

Si les représentations réductrices des femmes à l’écran ont ancré la société dans une vision plus qu’étroite de la sexualité féminine, on espère que cette série aidera à lui élargir l’horizon. Dieu sait qu’il est tant que les femmes prennent le contrôle de leur sexualité et de leurs envies, le climat actuel aura fini d’en convaincre les plus septiques.