à kiev et abidjan, laylow a tourné un des clips les plus fous de l'année

« Megatron » est le premier extrait du premier « véritable album » du rappeur français. La couleur est donnée : en 2020, Laylow augmente la pression.

par Antoine Mbemba
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11 Décembre 2019, 1:21pm

« En été, on a pas envie de se prendre la tête. En hiver, on a besoin de satisfaire notre aigreur. Mes sons passent mieux en hiver, donc ça ne me dérange pas d'avoir été un peu absent cet été. » En effet, ça faisait un moment que Laylow n'avait pas fait parler de lui. Aujourd'hui on comprend déjà un peu mieux pourquoi. Après une tournée qui l'a convaincu du fait qu'il n'est « peut-être pas totalement un mec de laboratoire – de studio – comme je le croyais », le rappeur originaire de la région toulousaine, qui sortait le très bon dyptique .RAW et .RAW Z en 2018, s'est attelé à la production de son premier véritable album.

« Je suis tombé dans le rap avec les albums très longs des années 2000, où t'avais une vingtaine de morceaux. J'aimais bien ce déroulé, qu'on a perdu. Aujourd'hui les gens ne veulent plus que faire des rééditions, se revendre. On a oublié l'aboutissement de l'album. Je suis allé chercher ça, avec des interludes, du changement, et surtout une histoire. »

Le premier extrait de cet opus, c'est « Megatron », morceau puissant dont les drums rappelleront aux oreilles fines celles de « Black Skinhead » de Kanye West. « A l'échelle de Kanye, ce titre n'a pas du tout été un tube. J'ai voulu faire comme un hommage. J'adore ce mec et j'ai adoré Yeezus. D'ailleurs il y a plusieurs clins d’œil à cet album dans le projet. »

Ici, pas de mélodie mais une rythmique sauvage, sans concession, et un message : « J'augmente la pression ». Un mantra confirmé à travers le clip réalisé par Osman, de l'équipe TBMA, tourné à Kiev et Abidjan, et qui, en termes de maîtrise visuelle va encore au-delà de ce à quoi le rappeur nous a habitué – c'est-à-dire des cyborgs, des dragons, des zombies, des chevaux, des voitures volantes...

« L'idée du tribunal est très vite arrivée. Au début je me suis dit : 'Ils sont où mes néons ? Ils sont où mes robots ?' Mais malheureusement, cette esthétique s'est un peu banalisée. » Reste tout de même un bras bionique, et le personnage barré et futuriste de « Maladresse » de retour pour être jugé dans un tribunal international en Ukraine pour un crime commis en Afrique. « Depuis mon premier projet je me dis que je vais retourner en Côte d'Ivoire avec beaucoup de moyens pour faire un clip qui n'a jamais été fait en Afrique. C'était un rêve qui prenait vie – mon métissage dans un clip. Ma mère est même venue sur le tournage ! C'était la première fois. Elle avait sa petite chaise, son retour juste pour elle... »

Aux visages vieux, froids, ridés du tribunal européen, s'opposent « le flow, la jeunesse, les couleurs, la digitalisation d'Abidjan. Mais aussi le piratage, le danger... je trouvais ça important, le danger. Qu'on arrête de poser un regard complaisant sur l'Afrique. C'est offensif. » Au même titre que « Megatron », une introduction à ce nouvel album (dont on ne connaît pas la date exacte de sortie) qui ne laissera pas indifférent. Soyez prêts, en 2020 Laylow augmente la pression.

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Photographie Ilyes Griyeb
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