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      culture Malou Briand Rautenberg 9 novembre 2016

      7 bonnes raisons de se rendre à paris photo

      La foire internationale de photo ouvre ses portes au Grand Palais du 10 au 13 novembre : l'occasion rêvée de sortir de notre torpeur automnale. La preuve par 7.

      Seydou Keïta. Sans titre, 1949-51. Tirage argentique noir & blanc sur papier baryté. Keïta/SKPEAC, Courtesy Collection Jean Pigozzi, Genève. Exhibitor : DU JOUR AGNÈS B.

      L'année dernière, Paris Photo aurait du se tenir le week-end du 13 novembre. Mais pour les raisons qu'on sait trop bien, la foire n'a pas eu lieu. On ne le répètera jamais assez, l'art est un rempart. Un bastion contre l'ignorance, la bêtise et la barbarie. Et c'est aussi une arme formidable contre l'obscurantisme, en témoignent les mots d'ordres des dernières expositions photographiques françaises, Provoke, Mauvais Genre et Soulèvements en tête. C'est donc une excellente raison d'aller faire un tour à Paris Photo 2016 dès demain et jusqu'à dimanche, histoire de célébrer la jeune garde photographique, ses pionniers, ses mécènes et l'avenir - en le regardant droit dans les yeux. Voici 7 bonnes raisons d'y mettre les pieds (et autant de sortir de sa torpeur).

      1. Réviser ses classiques

      Parmi les galeries qui exposent au Grand Palais - reconverti en temple de la photographie - à l'occasion de cette 20ème édition, beaucoup reviennent sur ceux qui ont fait la photographie d'hier et continuent d'inspirer celle d'aujourd'hui. La galerie Hardhitta, fondée par Benedikt Taschen, célèbre ainsi les pionniers de la photo de rue américaine (Joseph Rodrigues et Arlene Gottfried) pour mieux nous rappeler que la diversité est un des piliers du continent ; la galerie londonienne Atlas ressuscite le mythe surréaliste en exhumant les clichés manifestes de Man Ray, Hans Bellmer et Erwin Blumenfeld ; la galerie Hamiltons expose les maîtres de la photographie japonaise contemporaine - Nobuyoshi Araki, Daido Moriyama et Tomio Seike - tandis que la galerie du Jour propose de redécouvrir le travail des maîtres de la photographie contemporaine africaine : Seydou Keita, J.D Okhai et Malick Sidibé. Dernier shot de culture en noir et blanc chez Camera Work, où l'on pourra redécouvrir le travail de Diane Arbus, Richard Avedon, Herb Ritts et Annie Leibovitz. 

      Et pour toutes les autres galeries représentées, c'est par ici

      Herb Ritts. Helena - Bodysuit (B), Los Angeles, 1990. Vintage gelatin silver print © The Herb Ritts Foundation Exhibitor : HAMILTONS

      2. Jouer les groupies

      C'est le jour ou jamais de révéler la groupie qui est en vous et d'aller tchatcher vos photographes préférés autour d'une séance de dédicaces au Grand Palais. Vous y retrouverez Olivia Bee, chouchoute d'i-D aux éditions Aperture, les artistes qu'on ne présente plus Sophie Calle et Martin Parr chez Xavier-Barral, le jeune Carlos Alba (dont i-D vous parlait déjà l'année dernière) chez La Fabrica. Samuel Gratacap, jeune photographe français exposé l'année dernière au Bal, présentera son ouvrage Empire, fruit de son reportage au sien du camp de réfugiés de Choucha, en Tunisie. Vous pourrez également claquer une bise au papa de la photographie documentaire américaine, Bruce Davidson à l'occasion de la signature de son ouvrage, Survey chez Aperture. Pour retomber en adolescence le temps d'un week-end, le planning des signatures se trouve juste là.

      3. Réunir les générations et les genres 

      Paris-Photo propose cette année d'appréhender le médium photographique à travers plusieurs expositions présentant côte à côte le travail de deux artistes. Ces "duo-shows" feront dialoguer Sibylle Bergemann et Jörg Knöfel, deux photographes dont l'objectif a immortalisé la RDA - du côté des femmes et de la mode pour la première, du côté de l'installation comme métaphore de la politique de l'époque pour le second. 
      Tout près de ces mastodontes de la branche documentaire, leur relève plus farfelue et expérimentale, s'exhibe à travers plusieurs solo-shows. L'occasion de découvrir ceux dont la pratique flirte avec la tradition vernaculaire : Thomas Mailaender présentera son exposition personnelle "Ultraviolets" et Thierry Struvay réunira au sein de "Love & Hate & Other Mysteries" sa collections de photographies de familles dénichées, glanées, récupérées au cours de sa carrière.

      Thomas Mailaender. Dude, 2015. Cyanotype print on paper with leaves rayogram. Roman Road and the artist Exhibitor : ROMAN ROAD

      4. Réapprendre à scroller de vraies pages

      Le festival Offprint revient cette année, plus éclectique et prolifique que jamais. Le salon de l'édition indépendante se tiendra au Palais des études, dans l'enceinte de l'école des Beaux-Arts de Paris et rassemblera près de 130 éditeurs, illustrateurs, curateurs et artistes autour de la grande problématique esthétique du livre d'art. L'occasion de feuilleter les pages des plus beaux livres photo de cette fin d'année et d'embrayer sur l'émergent festival Polycopies qui se métamorphose en librairie éphémère jusqu'à dimanche, sur le bateau concorde-Atlantique. Le livre est mort, vive le livre d'art. 

      5. Prendre l'air

      En vous offrant une cure loin du tumultueux 8ème arrondissement. Il suffit d'arpenter les rues parisiennes et frapper aux portes des institutions qui n'ont pas attendu Paris Photo pour célébrer comme il se doit la photographie : Provoke au Bal du côté du 17èmeSoulèvements  au Jeu de Paume, Mauvais Genre à la galerie du Jour et Richard Avedon à la BnF. Bon point : l'intelligentsia artistique aura déserté ces lieux périphériques et vous pourrez vous recueillir tranquillement sur ceux qui ont fait rimer art et politique. De passage à République, AKAA, au carreau du temple, sacrera l'art africain contemporain, ses bigarrures, ses pionniers et sa belle relève. Autre alternative pour les curieux indécis : opter pour les vernissages, forcément innombrables ce week-end dans les galeries de l'Est parisien. L'occasion immanquable de siroter du vin rouge et d'oublier que le monde ne tourne pas rond. Chez i-D, on a choisi de se rendre au Lancement du livre Ordinary Stones, chez Etudes Studio pour faire d'une pierre trois coups, au vernissage de  l'exposition Young Dubliners, de Daragh Soden, pour comprendre le quotidien de la jeunesse irlandaise et de marcher aux côtés de Pierre Hardy, pour qui les étudiants de l'Ecal ont réimaginé 15 pièces emblématiques. Dernière destination : galerie Yvon Lambert le samedi 12 novembre au soir, où le photographe américain Mark Steinmetz présentera son dernier livre, Fifteen Miles to K-Ville.

      Young Dubliners, Soden Daragh

      6. Ou s'enfermer

      Tout le monde en parle et la meilleure façon de s'en faire une idée est encore de s'y rendre. Pour fêter son ouverture en grande pompe,  le club Salo, invite l'irrévérencieux photographe Antoine d'Agata à festoyer (et à présenter son dernier film intimiste, White Noise) dès le 10 novembre. 
      La Nef des Beaux-Arts de Paris se transformera quant à elle en piste de danse où se dérouleront quelques Djs sets à la nuit tombée. 

      7. Et procrastiner

      Pour tous ceux qui ont préféré plier bagages et se faire un week-end à la campagne loin de l'humanité, d'Internet, de Trump, bref de tout, pas de panique : la réflexion artistique se poursuit la semaine prochaine. L'exposition collective et réflexive Au delà de l'image explore les mutations contemporaines du médium photographique à l'appui du travail de plusieurs artistes : Michael Jones McKean, Anouk Kruithof, Gaia Fugazza & Haroon Mirza, Muriel Leray, Laura Porter, Andrés Ramirez, Florian Sumi et Romain Vicari. Ça se passe à la galerie Escougnou-Cetraro, dès le 17 novembre

      Sibylle Bergemann, susi, Rathenow, 1976

      Crédits

      Texte : Malou Briand Rautenberg

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      Tags:culture, photographie, paris photo

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