Courtesy of Jonathan Tegbeu

Rencontre avec la cheffe Clémence Gommy

Des produits frais aux légumes confits, inspirés des plats méditerranéens et libanais, Gomi, le restaurant aux saveurs du Sud fait honneur aux bruits des grillons en plein Paris. Rencontre avec Clémence.

par Camille Laurens
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03 Septembre 2021, 1:22pm

Courtesy of Jonathan Tegbeu

Cheffe à domicile, puis propriétaire de son restaurant dans le Sentier, Clémence Gommy est au cœur des compositions les plus provençales de la capitale. À peine la trentaine et déjà un menu garni et des recettes savoureuses qu’elle propose dans son restaurant à la décoration typique Sudiste, on entendrait presque la mer au loin. Car si le confinement a eu un impact positif, c’est bien de mettre en lumière ce nouveau visage de la cuisine dont les ambitions dépassent largement celle de la capitale, et démarre tout juste son ascension. Au cœur d’une équipe féminine, Clémence a voulu prouver que son espace de vie n’est pas l’apanage des ses homologues et que Gomi a déjà tout des grands. Une invitation à l’ouverture d’esprit, au réveil gustatif et à la découverte de recettes généreuses, faites de produits gourmands, et de légumes croquants. Parfait pour les nostalgiques de l’été. 

La décoration de ton restaurant, tout comme ta cuisine sont un véritable voyage dans le Sud de la France, pourquoi ?  

Une évidence. On a emménagé début Décembre avec l’équipe. J’ai travaillé avec un architecte qui a capté ce désir méridionale qui m’est chère au cœur et c’était parti. 

Ton parcours ? 

Dans ma cuisine ! Je suis autodidacte. Depuis enfant, cette passion m’habite, j’ai gravité autour du secteur pendant quelques années, mais je me suis définitivement lancé comme cheffe à domicile il y quelques années.

D'où te vient cette passion ? 

De ma grand-mère. Tous mes souvenirs d’enfance sont liés à la nourriture. Son clafoutis … Même dans les dessins animés, les scènes de pâtes à gâteaux, les repas sont ceux qui ont nourri mon imaginaire.

Et celle de la cuisine méditerranéenne ? Il me semble que tu as découvert des choses sur le tard …

Alors anecdote amusante, j’ai appris il y peu que j’avais des origines libanaises. Mais à la base, je n’en avais aucune idée. Comme quelque chose d’innée qui m’a poussée vers cette cuisine de cœur. 

Ça a pris de suite ? 

Non. Le confinement a été un tournant majeur. Je suis passée de deux/ trois prestas à 8 par semaine ! Insta a joué un rôle dans cette demande. En parallèle, j’ai ouvert ce lieu et depuis l’ouverture, c’est une explosion.

Pourquoi la cuisine a été l'obsession du confinement ? 

C’est très visuel. La cuisine est vitale donc donner envie de manger des bons produits a fait sens durant une période de non-sens ! L’envie de manger du bon, des produits frais. Les mentalités ont changé, être soucieux de ce qu’il y a dans son assiette et offrir une carte de qualité sont des enfants du confinement. 

Et dans ton approche de la cuisine, tu fonctionnes comment ? 

Aucune règle ! Je change à chaque fois, en fonction de mon frigo, de mon feeling, de mes envies. La cuisine c’est libre, autant en profiter pour créer. Je me laisse inspirer ! 

Et le statut de jeune cheffe apportés par les réseaux, une pression ?

Il y a deux prismes : c’est une chance, on s’en sert mais il ne faut pas se reposer dessus. Être suivie, likée, partagée, suivie, c’est éphémère et il ne faut pas prendre Insta comme un acquis. Il y a tellement d’offres que le vrai se passe dans les cuisines, pour garder les pieds sur terre et continuer à vivre sa passion de manière authentique. J’y vais piano piano avec mon rapport aux réseaux.

L’identité Gomi ?  

Une cuisine solaire, conviviale et de saison ! Et le lieu est en corrélation. Quand tu viens ici l’hiver, c’est chaleureux, lumineux avec des grandes assiettes et du partage. Un bout de Provence à Paris. 

Tu aimerais aussi ouvrir dans le Sud ?

Bien évidemment de nombreux projets mais secrets …  

Ta cuisine est uniquement composée de femmes, pourquoi ?

J’avais cette envie de prouver que le milieu n’est pas uniquement masculin. Et qu’on est tout à fait égaux. Il y a quelque chose d’assez machiste dans le secteur de la cuisine, t’es une “famelette” alors qu’à quel moment il y a une différence devant ton plan de travail ? Les langues se sont déliées, et une vague de cheffes prend les fourneaux. Le métier est accessible à tous donc c’est un choix.

Il y a-t-il une véritable solidarité entre les chefs ? 

Tellement ! On échange beaucoup, on se conseille, il y a une entraide touchante. C’est un milieu très bienveillant et peu compétitif.

Et l’engouement est-il au rendez-vous depuis la réouverture ? 

C'est un boom ! On est presque dépassé. Une joie mais un sport intense au quotidien ! On ne va pas se plaindre hein ? (Rires). 

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​Courtesy of Jonathan Tegbeu.
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