découvrez le nouveau court-métrage de kenzo en exclusivité sur i-D

C'est le premier film d'une série de trois courts-métrages venant célébrer la collection automne/hiver de la marque. Un film de mode comme vous en avez rarement vu.

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nov. 6 2017, 12:55pm

Pour présenter leur collection automne/hiver 2017, Kenzo a collaboré avec trois jeunes réalisateurs – Mati Diop, Baptiste Penetticobra et Eduardo Williams – dont le travail s'attache à la planète et met en lumière sa fragilité. Résultat : des films expérimentaux et une belle manière de se rappeler à l'importance du monde qui nous entoure À nous y reconnecter.

Pour lancer sur i-D le premier film de la série, nous avons posé cinq questions au réalisateur argentin Eduardo Williams sur son film à la fois étrange et somptueux, Tzzd. Restez attentif, le second film sera aussi présenté en exclusivité sur i-D.

Récemment, Kenzo a travaillé avec des gens comme Gregg Araki, Sean Baker, Carrie Brownstein et Kahlil Joseph, pour des courts-métrages souvent récompensés. Comment as-tu réagi quand tu as reçu cet appel de Kenzo, et d'où t'es venue l'inspiration de ce film ?
C'est toujours très excitant de recevoir une proposition qui me permette de travailler comme je le souhaite. Et puis c'était un tout nouveau challenge, je n'avais jamais réalisé de court-métrage de ce type avant ça. Ça m'a rendu assez nerveux, mais une nervosité assez plaisante, qui ne me faisait pas peur. Je n'arrive jamais à commencer à travailler en partant d'un seul point précis. Alors j'ai commencé par étaler plusieurs idées qui me traînaient en tête. Ça formait comme un nuage de petits points. Il y avait notamment des endroits que j'avais visités et que je trouvais intéressants, pour différentes raisons, et des gens que j'avais répérés sur Internet ou en personne, en m'imaginant des interactions possibles entre eux. Après ça, j'ai dû creuser un peu plus, pour voir lesquels d'entre eux s'adapteraient le mieux à ce projet, à ses possibilités et ses restrictions, et à comment ils parviendraient à travailler ensemble.

Si les spectateurs ne devaient retenir qu'une seule chose de ton film, de quoi aimerais-tu qu'il s'agisse ?
Je suis moi-même assez mauvais lorsqu'il s'agit de tirer une seule chose d'un film ou de définir exactement ce que j'en ai retenu. Si je devais penser à quelque chose en particulier, je penserais aux connexions insoupçonnées et à la coexistence de différentes possibilités. Je ne m'attends pas à ce que les spectateurs pensent en ces termes là, mais je crois que ce film peut les amener à ce type de réflexion.

Ce clip est tout sauf un film de mode classique. Comment envisages-tu la réunion entre la réalisation et la mode – qu'est ce qui fait un bon film de mode d'après toi ?
Je crois que je n'ai encore jamais vu de film de mode. D'après mon expérience, c'est une collision qui peut être intéressante. Quand je faisais des films avant, les vêtements occupaient une place importante. J'aimais choisir des pièces dans la garde-robe personnelle des acteurs. Dans le cas de ce film, différentes options se sont présentées à moi dès que j'ai commencé à penser ce projet. Observer la collection me plonge dans un type d'espace créatif qui influence ma manière de penser. J'aime quand la mode est créative et qu'elle entrechoque différentes manières d'imaginer et de ressentir les formes, les couleurs et les personnages. Ce sont des sujets qui m'importent beaucoup au delà du film de mode, lorsque je travaille sur n'importe quel film.

Qu'est ce qu'il y a de plus excitant – et de plus difficile – dans le fait d'être un jeune réalisateur en 2017 ?
Ce qu'il y a de génial, c'est d'être libre d'imaginer et de réaliser des histoires en créant des sons et des images sans nécessairement avoir besoin de beaucoup de mots. Pouvoir matérialiser une pensée de cette façon-là en collaborant avec plein d'autres gens qui y amènent une nouvelle interprétation, c'est extraordinaire. Ça n'a rien à voir avec l'époque dans laquelle on vit. Mais c'est ce qui me plait le plus. La dimension la plus difficile de ce boulot c'est d'avoir à chercher des financements continuellement. La plupart des organismes qui offrent des bourses et des soutiens financiers sélectionnent les artistes en fonction de leur capacité à verbaliser des histoires et à manier les mots justement, et non pas leur capacité à créer des images ou de leur maitrise d'un langage cinématographique. Ce sont deux talents tout à fait distincts.

Comment appréhendes-tu le futur ?
J'espère apprendre à mettre mes idées en forme d'une certaine façon afin de pouvoir les partager avec des gens susceptibles de vouloir financer mon prochain film. En 2018 , je tournerai un film dans plein d'endroits où je n'ai encore jamais mis les pieds, j'y rencontrerai plein de nouvelles personnes. J'espère mener mes idées encore plus loin et découvrir celles des autres aussi.