le braquage de kim kardashian va être adapté au cinéma par joann sfar

Adapté de sa propre bande-dessinée, Joann Sfar réalisera un film inspiré du braquage le plus médiatisé du XXIème siècle.

par Marion Raynaud Lacroix
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17 Octobre 2019, 5:15pm

Paris, 2 octobre 2016 : de passage dans la capitale pour la Fashion Week, Kim Kardashian se fait braquer et séquestrer dans un hôtel particulier. Déguisés en policiers, ses agresseurs repartent avec un butin de bijoux s’élevant à 9 millions d’euros - le plus gros vol commis sur un particulier depuis 20 ans en France. Très vite, la police judiciaire remue ciel et terre pour retrouver les braqueurs : l’enjeu devient politique pour la Mairie de Paris, qui craint que l’événement ne porte atteinte à l'hôtellerie de luxe, déjà fragilisée par l'état d'urgence. Rendues quelques semaines plus tard, les conclusions de l’enquête sont formelles : le vol à main armée est le fait d’une poignée de braqueurs repartis à bicyclette.

Cette histoire rocambolesque, vous l’avez forcément entendue raconter – par des médias particulièrement prolixes sur le sujet ou par Kim K en personne, confiant après un silence de plusieurs mois combien cette expérience avait fait d'elle « une meilleure personne ». L'affaire est au coeur des planches de Fashion Week, la nouvelle BD de Joann Sfar bientôt disponible en librairie. Mais surtout, une adaptation au cinéma co-scénarisée par l'auteur serait dans les tuyaux, portée par l'ambition de « filmer une comédie populaire, inspirée de faits réels, avec des truands du vieux monde. Le crépuscule du patriarcat. Le musée de l'Homme, en somme. » a résumé Joann Sfar pour Le film français. Superficielle en apparence, il est vrai que l'affaire Kim Kardashian a pour elle l'art des contrastes et de la mise en scène : l'espace d'une soirée, des milliardaires nouvelle génération y côtoient des braqueurs à l'ancienne. Le tout, dans un scénario à mi-chemin entre The Bling Ring et Les Tontons Flingueurs.

L'idée de faire de Kim Kardashian « une déesse affublée des défauts de l'époque, aux prises avec la pègre » avait déjà séduit Grégory Mardon, dessinateur à l’origine de Les bijoux de la Kardashian, dont la BD, co-écrite par le journaliste Julien Dumond, racontait déjà la confrontation de différents mondes : celui d’Instagram, des diamants et des posts sponsorisés contre la réalité de vieux truands fatigués, tentant un dernier coup avant de prendre, paisiblement, leur retraite au soleil.

Invité de l'émission Affaires Sensibles sur France Inter, Julien Dumond revenait sur cette « histoire éminemment graphique », confrontant les « tronches à l'ancienne » des braqueurs au visage d'une « star du vide », avec pour arbitres, « ces policiers du 36 qui ont un pied dans chacune de ces deux époques. » Il y rappelait les circonstances de l'audition de Kim Kardashian « faite à la main parce que l’ordinateur de permanence ne fonctionne pas cette nuit là, sur un papier à en-tête de la préfecture de police encore daté de l’an 1900, que [les policiers] sont obligés de raturer pour mettre 2016. » Un détail qui ne devrait pas échapper à Fabien Onteniente, le réalisateur de Camping qui écrit lui aussi un film autour de l'affaire. En cours d'écriture, son adaptation des Bijoux de la Kardashian sera peut-être en salle avant le long-métrage de Joann Sfar. En attendant, il reste le récit de Kim face à ses soeurs atterrées, qui mêle déjà - brillamment - la fiction à la réalité.

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