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dior célèbre une héroïne de guerre

La collection printemps/été 2020 rend hommage à Catherine Dior, sœur de Christian Dior et résistante déportée dans le camp de concentration de Ravensbruck durant la deuxième guerre mondiale.

par Felix Petty
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26 Septembre 2019, 1:08pm

La genèse créative du dernier Défilé de Dior ne provient pas du travail de Monsieur Dior en personne. Ni de l’œuvre d’un artiste, comme ce fut dernièrement le cas sous l’impulsion de Maria Grazia Chiuri. Cette fois-ci, la directrice artistique a puisé l'inspiration dans l'histoire de la sœur de Monsieur Dior, Catherine.

Catherine Dior est née en 1917, elle a été résistante durant la deuxième guerre mondiale et fut déportée dans le camp de concentration de Ravensbruck. À la fin de la guerre, elle devint jardinière. Son métier, aussi bien que son esprit combatif et son incroyable force de vie, formaient le sous-texte de cette collection printemps/été 2020.

Une collection faisant du jardin le point de départ d’une discussion autour de la créativité, de l’environnement, du féminisme, de la communauté, de l’histoire et de l’héritage. « Nous regardons tous le jardin avec la perspective de Monsieur Dior, lançait Maria Grazia, juste avant le début du défilé. On y voit toujours quelque chose de très décoratif. Mais je voulais m’écarter de cette vision, je voulais faire du jardin un moyen de trouver l’espoir dans le futur, comme Catherine après la guerre. »

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Le premier parti-pris de la collection tenait d'abord dans le lieu du défilé : une forêt luxuriante. Une œuvre d’art créée par le collectif artistique et activiste Coloco, que Maria Grazia Chiuri a découvert à Manifesta 12 à Palerme l’an dernier. « Ils créent des projets communautaires partout dans le monde, en plantant des arbres. Je voulais faire quelque chose de proactif, je voulais agir, alors on a créé cet espace qui sera ensuite recyclé – ces 164 arbres seront plantés aux quatre coins du monde. Nous voulions quelque chose d’un peu moins ‘Dior’, de moins décoratif et plus activiste. Quelque chose de plus en phase avec notre réalité actuelle. »

Les mannequins déambulaient à travers cette forêt d’arbres venus de toute l’Europe, parfois coiffées de coiffures rappelant les désormais célèbres couettes de Greta Thunberg. Du look nineties, au très chic, en passant par le fonctionnel ou le glamour, les premiers looks associaient aussi des chemises bleu ciel et des jupes et robes en paille, comme pour souligner encore plus le lien à la terre de toute la collection. Il y avait aussi des compositions florales, mais subtiles, plus sauvages qu’arrangées. Les chaussures étaient pensées pratiques : faites pour se promener dans les sous-bois. L’inspiration hippie était palpable sur une partie du défilé, une autre se tournait du côté de la nouvelle vague, une autre dans les looks des années 40 utilisés par Monsieur Dior pour rendre hommage à sa sœur, une autre encore faisait référence à son éternelle obsession pour le Japon.

Pour Maria Grazia Chiuri, l’idée principale était la « réflexion » – ce jardin en tant qu’espace individuel de créativité, de « passion et de patience ». « J’aime exprimer ma créativité, mes désirs, mais ils sont pleins de contradictions. Nous voulons faire avancer les choses, mais nous sommes une marque de luxe ? Comment s’y prendre ? Il est nécessaire de créer quelque chose d’intemporel, mais je pense qu’en tant que designers, nous ne devons jamais cesser de nous poser les bonnes questions, parce que je n’ai pas les réponses. »

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