les 6 films sci-fi les plus mode des années 1990

Du Cinquième Élément à Matrix en passant par Ghost In The Shell.

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mai 9 2017, 3:15pm

Les films de science-fiction des années 1990 se distinguent tous par leur sens affuté du style. Et même si les films de la décennie précédente marquaient une énorme évolution du genre - pensons notamment aux "fembot" futuristes de Metropolis ou au magnifique travail de déco de H.R. Giger dans Alien - il était encore inenvisageable de vouloir se vêtir des costumes qu'ils mettaient en avant. Dans les années 1990, le genre sci-fi intégrait petit à petit le monde de la mode qui s'inspirait de son surréalisme et de son avant-gardisme. Et le film de science-fiction qui a su s'imposer comme aucun autre dans la mode est celui de Luc besson, Le Cinquième Élément, qui fête cette année son 20e anniversaire. L'occasion rêvée pour revenir sur les films qui comme lui, ont influencé l'esthétique de la décennie qui les a enfantés - et bien plus encore.

Le Cinquième Élément
Avec des costumes signés Jean-Paul Gaultier, il n'est pas surprenant que l'extraordinaire film de Luc Besson soit le film de science-fiction le plus stylé des années 1990. Il suffit de penser à l'une des toutes premières scènes pour le comprendre. Milla Jovovich - qui avait alors 19 ans - est allongée dans un tube de verre. L'humanoïde nouvellement reconstruite porte des bandes de tissus blancs qui couvrent son corps dénudé. Ses cheveux de feu ont exactement la même couleur que le t-shirt de Bruce Willis qui apparaît peu après dans la scène. C'est à ce moment que l'on comprend la particularité esthétique de ce film: le flux des couleurs semble donner naissance à une peinture géante. Le Cinquième Élément marque un tournant majeur dans le cinéma de science-fiction en ce qu'il opère une fusion entre un monde un peu geek et un univers plus modasse. Bref, sauver le monde d'une destruction imminente n'a jamais semblé aussi cool.

Matrix

Pour ceux qui ne l'ont pas encore vu (oui, c'est possible) il faut avant tout retenir que Matrix et la démonstration cinématographique la plus complexe qui soit de l'existence d'un monde parallèle et la remise en question la plus abouti de notre système de pensée. Certes. Mais il faut également retenir que grâce à Matrix, les longs trenchs de cuir noir sont passés de la case "gros naze" à celle de "hipster". Un look ressuscité par le personnage principal Néo, qui parvient à s'échapper du monde factice dans lequel nous vivons grâce après avoir suivi les indications d'un troll sur internet. Sur fond de Rage Against The Machine, Néo évite les balles de ses adversaires en slow-mo (même son trench s'en sort sain et sauf), peut faire le poirier sur une main tandis qu'il tire sur une équipe du SWAT et ne perd jamais ses lunettes de soleil dans un triple salto. Trinity, son alter ego féminin, est tout aussi stylée dans un trench encore plus long que celui de Néo, porté par-dessus une combinaison flamboyante. Quelques jours après la sortie du film, les magasins de cuir se faisaient dévaliser mais à ce jour, personne n'a su égaler le degré de style de Néo.

Tank Girl

Le célèbre styliste de Madonna, Arianne Phillips, a relevé la lourde tâche de penser et designer les costumes de ce film culte. Pour faire court, l'histoire s'articule autour d'une femme au volant d'un tank sillonnant les paysages sans fin d'une région dévastée par la chute d'une comète. Lori Petty, en punkette du futur, devient alors l'icône d'un style riot grrrl dystopique : cheveux blonds décolorés, la tête à moitié rasée, des vêtements déchirés, des épingles à nourrices un peu partour, des chaînes (beaucoup) et un collier de bonbons. Un genre de Mad Max dans lequel Mel Gibson aurait été remplacé par Gwen Stefani en 1995. Réalisé par Rachel Talalay, sur fond de Hole, Björk ou encore Iggy Pop, Tank Girl s'impose aujourd'hui comme LA référence de son genre et de sa décennie.

Ghost in the Shell

Matrix ne serait probablement rien sans ce film. Que ce soit au niveau de son style, de sa photographie, de ses looks légendaires ou de ses paysages urbains, Ghost In The Shell a influencé tout le mouvement sci-fi occidental. Ce manga réalisé par Mamoru Oshii raconte l'histoire d'une magnifique policière cyborg qui pourchasse un hacker du nom de Puppet Master dans une combinaison ultra-moulante. Ce film ressemble à une version longue du clip réalisé par Chris Cunningham pour la chanson All Is Full of Love de Björk, dans lequel la chanteuse apparaît en cyborg. Un look que nous, simples mortels, n'arborerons pas de sitôt, assurément.

Mars Attack

À la fois loufoque et pointu, le style de Mars Attack, un film réalisé par Tim Burton, est sans pareil. Mars Attack est une ode aux films de science-fiction ringards des années 1950 : à leurs couleurs flashy et à leurs personnages dont le straits caricaturaux et les yeux globuleux frisent le comique. Dans ce film, on ne sait pas toujours qui est humain et qui ne l'est pas surtout quand l'humain en question est Sarah Jessica Parker, qui joue ici une journaliste en bottes turquoise et veste multicolore. Dans ce film, les extraterrestres eux aussi ont un sens aigu du style : on les reconnaît facilement à leur démarches- ondoyante et bizarre, leurs coiffures façon B52's ou leurs bagues montées d'yeux humains. Seul Burton pouvait nous offrir ce genre de cirque. Seul Burton pouvait dévoiler ce genre de looks hors du commun.

Strange Days

Ce film dystopique de Kathryn Bigelow, dont la narration s'articule autour d'un vendeur au black qui découvre une conspiration à Los Angeles à la fin des années 1990, est probablement le plus sobre des films de cette liste. J'entends par ici que ce n'est un film de science-fiction avec des voitures volantes et des costumes délirants comme on a l'habitude d'en voir. Filmé en 1996, ce film brut montre la ville de Los Angeles sous tous ses angles. Et si Ralph Fiennes y apparaît en héro futuriste et sombre, la véritable star de ce film est bel et bien Juliette Lewis. Elle éblouit le spectateur grâce à son manteau d'argent et sa chevelure rousse rutilante. Cerise sur le gâteau, Bigelow s'est attaché les services de l'artiste trip hop Tricky ainsi que ceux de Skunk Anansie pour la bande son du film - une piqûre nostalgique en plein coeur.

Credits


Texte Oliver Lunn