dépression, anorexie, bipolarité... les pop stars n'ont plus peur de parler de leurs troubles mentaux

De Lady Gaga à Chance the Rapper en passant par Selena Gomez, ils ont décidé de faire de leurs faiblesses une source de créativité.

par André-Naquian Wheeler
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17 Octobre 2017, 8:21am

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Cet article a été originellement publié sur i-D UK

La dépression des adolescents a connu une hausse de 30% ces dix dernières années. Si cette donnée a de quoi faire froid dans le dos, les jeunes adultes sont cependant de plus en plus enclins à parler de ce qu'ils traversent. Si la parole s'est libérée, c'est aussi grâce à une vague de célébrités parmi lesquelles figurent Selena Gomez, Pete Davidson et Lady Gaga, qui n'ont pas hésité à évoquer la solitude qu'ils traversaient. Dans son titre, « 1-800-273-8255 », le rappeur Logic nomme sans détour ses pensées suicidaires « I don't wanna be alive/ I just want to die ». C'est l'un des plus gros tubes de l'année.

À l'occasion de la Journée Mondiale pour la Santé Mentale, créée dans le but de « focaliser l'attention sur les problèmes liés aux troubles psychologiques », nous avons voulu revenir sur les héros qui donnent envie de se battre pour aller mieux.

Dans Growing Up Gay, Olly Allexander montre combien la communauté LGBTQ est exposée

Olly Alexander, le chanteur de Years and Years, a toujours dit ouvertement que son combat contre la dépression et l'anxiété étaient intimement liés à l'acceptation de son identité queer. Il a affirmé que ces troubles étaient liés au bizutage et à l'absence de confiance en lui qui l'envahissaient quotidiennement avant de faire son coming out. Cette année, il s'est associé à la BBC pour produire Growing Up Gay, un documentaire s'attardant sur la grande proportion de troubles psychiques au sein de la communauté LGBT. Ce programme d'une heure contient des séquences bouleversantes d'intimité : Olly ouvrant le journal d'un adolescent en lutte contre ses tendances boulimiques, sa mère en larmes, regrettant de n'avoir pas su identifier les signes avant-coureurs de son malaise et Olly, discutant avec sa meilleure amie lesbienne des cicatrices laissées par ses années lycée. Growing Up Gay montre à de jeunes spectateurs LGBTQ que s'il est possible de vivre une vie heureuse en étant queer, les souvenirs douloureux ne s'effacent cependant pas d'un coup de baguette magique. Et doivent faire l'objet d'un combat quotidien.

Avec Five Foot Two, Lady Gaga prouve combien la dépression affecte la santé physique

En 2017, les pop stars n'ont plus rien à cacher. Katy Perry a retransmis en live une session de thérapie. Demi Lovato a évoqué son abus de substances dans un documentaire qui sortira bientôt. Dans Five Foot Two, Lady Gaga se détache de son image de pop star enroulée dans une robe de viande pour se révéler comme une jeune femme fermement rattachée à la réalité. Au-delà de ses chapeaux de cowboy et de sa passion pour les chevaux, des moments très personnels nous plongent dans l'intimité de la star. À travers une scène poignante, Gaga évoque la solitude et la dépression générée par la célébrité : « C'est que… Je suis seule, Brandon. Chaque soir. Et tous ces gens vont partir, n'est-ce pas ?Il vont partir et je serai seule. Je passe de ces moments où tout le monde se presse pour me toucher et me parler à des instants de silence total. » Gaga partage aussi la douleur aliénante que lui provoque sa fibromyalgie, qui s'intensifie au gré de sa dépression. En regardant la chanteuse étendue dans un sofa, pleurant de la douleur que lui causent ses spasmes, l'idée trop souvent écartée selon laquelle la santé mentale affecte l'intégrité physique prend une toute nouvelle dimension.

Dans Fetish, Selena Gomez et Petra Collins s'attaquent aux troubles alimentaires

Pour son clip « Fetish » réalisé par Petra Collins, Selena Gomez a fait part de son combat personnel contre la dépression et l'anxiété, effet secondaire du lupus dont elle a été victime. Dans le clip, on peut voir la chanteuse briser de la vaisselle dans une cuisine et pleurer sous une pluie torrentielle. Selena Gomez est sincère lorsqu'il s'agit d'évoquer la dimension personnelle de ce clip : « la scène de la cuisine a eu un effet libérateur sur moi, dans la perte de contrôle de mon corps et l'éloignement de soi. » Selena a aussi évoqué la difficulté de se soigner, qui en passait parfois par la nécessité de se séparer d'un entourage toxique. « C'est un parcours où l'on se retrouve profondément seul pour en venir à comprendre d'où vient ce malaise », expliquait-elle à Business of Fashion. Et où il faut se défaire de son sentiment d'insécurité et du doute permanent. « Ça devient une addiction, une habitude, où il est impossible d'empêcher son esprit de vriller lorsqu'on dit quelque chose de faux, lorsqu'on commet une erreur, lorsqu'on porte quelque chose ou qu'on représente une certaine culture. Mais c'est un parcours solitaire, durant lequel j'ai dû dire au revoir à de nombreuses personnes dans ma vie pour en arriver là où je suis. »

Chance the rapper et le Syndrome du Choc Post Traumatique

Chance the rapper a créé une conversation particulièrement bienvenue au sujet de la santé mentale dans la communauté noire, admettant qu'il s'agissait s'un sujet qui n'était pas discuté lorsqu'il était enfant. « Je crois que l'anxiété est quelque chose que je découvre à peine aujourd'hui » affirmait-il lors d'une interview pour Complex. Il finissait par dire qu'il pensait être atteint du syndrome du choc post-traumatique à la suite des décès de ses amis, qu'il avait refoulé par peur que ça ne l'entrave. « Le grand débat avec lequel je me familiarise en ce moment est la santé mentale chez la population noire. Pendant un long moment, c'est quelque chose dont nous n'avons pas parlé. Je ne m'en souviens pas. Je ne me rappelle pas de gens parlant d'anxiété, je ne me rappelle pas avoir entendu ce sujet évoqué alors que j'étais enfant. » Mais, comme beaucoup de gens, Chance a des réserves quant au traitement médicamenteux concernant l'anxiété. On estime à seulement 20% le nombre de jeunes adultes traités contre l'anxiété. « J'ai un peu peur des médicaments, admet-il . L'automédication ne me pose pas de problème. J'aime fumer de l'herbe et du shit pour me détendre… Je n'ai pas très envie d'essayer de nouvelles drogues, même si elles me sont prescrites. »

Pete Davidson a révélé qu'il été atteint d'un trouble de la personnalité borderline
En septembre, Pete Davidson a révélé publiquement être atteint d'un trouble de la personnalité borderline. Les personnes atteintes de troubles mentaux ont souvent fait l'expérience d'importantes saute d'humeur et de comportements autodestructeurs. Davidson est apparu sur Saturday Night Live le weekend dernier afin de parler de son diagnostic et sensibiliser l'opinion. « Comme certains d'entre vous le savent peut-être, on m'a récemment déclaré que j'étais atteint d'un trouble de la personnalité borderline, une forme de dépression. La dépression affecte plus de 16 millions de personnes à travers ce pays, et il n'existe pas de remède en soi, mais pour toutes les personnes qui traversent cette situation, il existe des traitements qui peuvent aider. » Avant son apparition sur SNL, Davidson a confié combien il était difficile de garder une prise sur sa vie et sa santé mentale lors de sa participation à l'émission de radio WTF with Marc Maron. « Ça a été la pire année de ma vie, apprendre ce dont j'étais atteint et essayer de comprendre comment faire pour continuer à vivre », affirmait-il avec sincérité dans cette interview.

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