Still from Firestarter, 1985

les films d'horreur n'ont jamais été aussi cool que dans les années 1980

Stranger Things revient cet été. Alors pour étancher votre soif de pouvoirs surnaturels et de synthés stridents, i-D a dressé son palmarès des meilleurs films d’horreur qui remettent les années 80 à l’honneur.

par Oliver Lunn
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10 Août 2016, 8:50am

Still from Firestarter, 1985

Vous vous êtes probablement saoulés à Stranger Things sur Netflix. Si vous ne l'avez pas fait, vous pouvez toujours vous rattraper, c'est les vacances, tout est donc permis. Bref, vous avez la tête pleine de 8 épisodes et de 440 minutes cruellement laissées en suspens, puisque, avouons-le, personne ne sait ce qui est arrivé à Will Byers, voilà. Bon, vous étiez contents de la fin, toujours plus, en tout cas, qu'à la fin de Lost qui vous a sacrément laissé dubitatif. Comment, maintenant, allez-vous tarir votre soif de nostalgie et de shots de la décennie 80 ? tout le monde sait que Stranger Things est bourré de références à cette folle époque. Talkie walkies et VTT à gogo. Croyez le ou non, votre série préférée a puisé son inspiration dans les films de votre enfance et adolescence. Vous les avez d'ailleurs sûrement vus un million de fois. D'autres références, pour leur part, sont carrément pointues et vont étancher votre soif cinéphile. Parce qu'il n'y a pas pire épreuve que celle d'admettre qu'il n'y aura pas d'épisode supplémentaire. PARCE QUE C'EST FINI.

Super 8 (2011)

Comme le show des frères Duffer, celui-là rappelle des films comme E.T. et Rencontre du Troisième type. Sauf qu'il a bien été conçu au 21ème siècle par un réalisateur probablement très nostalgique de l'ère 80. On y retrouve en effet un gang d'amis qui rident (des Solex). Sinon, mêmes talkie walkies, même vestiaire, même t-shirts rayés et mêmes indétronables k-way jaunes. Quant à l'intrigue qui se déroule dans une petite ville tranquille où des choses surnaturelles se passent (coucou David Lynch), la présence d'un monstre vivant sous terre, la liste de similitudes est longue. En bref, Super 8 recèle de références à une époque révolue mais que les réalisateurs s'entêtent à déterrer, à l'image de Stranger Things. (En moins bien, forcément).

Escape to Witch Mountain (1975)

Quand on jette un œil à la scène qui se déroule ci-dessus, la première chose qui nous vient à l'esprit est une image de Stranger Things. Plus précisément, l'image d'Elle qui utilise son super-pouvoir pour que le souffre-douleur de l'école se pisse dessus. Mike s'était moqué d'Elle et comme chacun sait, la vengeance est un plat qui se mange froid. Même état d'esprit ici puisqu'un jeune garçon se saisit de ses super-pouvoirs pour fermer le clapet de quelqu'un. La télékinésie lui sert à déplacer un gant de baseball pour le faire attérir sur la tête de son adversaire, haut comme trois pommes. Mais plus généralement, l'intrigue du film vous rappellera sans doute votre série favorite : le jeune garçon et sa sœur - tous deux orphelins et télékinésistes - font face à un millionnaire véreux qui veut se faire de l'argent sur leur dos. La fin des seventies et leur insoutenable légèreté résonnent comme un écho à Stranger Things.

Firestarter (1984)

Elle, de Stranger Things, n'existerait probablement pas si Drew Barrymore n'avait pas joué un jour Charlie, le personnage principal du film éponyme signé Stephen King. Charlie a des pouvoirs. Elle peut faire brûler des choses à distance - un phénomène scientifiquement nommé pyrokinésie. En plus, son père est capable de faire bouger des objets par la simple pensée, au prix de saigner du nez à chaque fois. Le père et la fille travaillent pour une agence de renseignement ultra-secrète. Des mecs en costumes de laboratoire veulent mettre Charlie en quarantaine afin d'étudier, contrôler et détruire ses pouvoirs. Comme Elle, on la regarde comme une bête dangereuse. "Si je fais quelque chose de mal, tu m'aimeras toujours ?" demande-t-elle à son père. On aurait presque envie de pleurer tant elle se sent impuissante face à ses propres possibles. Encore un kid perturbé par ses pouvoirs magiques. Et la bande-son magique, spéciale eighties, de Tangerine Dream.

Midnight Special (2016)

Dans Midnight Special un père et son fils sont pourchassés par les forces gouvernementales et une secte étrange. Pourquoi ? Parce que l'enfant en question détient des pouvoirs surnaturels. De ses yeux sortent des lazers lumineux - ce qui l'oblige à porter des lunettes ultra épaisses - et il peut faire tomber des satellites grâce à son intelligence surdéveloppée. Tout comme dans Stranger Things, le gouvernement souhaiterait mener une série de tests sur lui et l'utiliser comme arme de dissuasion contre l'ennemi. Les effets spéciaux s'apparentent à ceux qui ont fait le cinéma de Spielberg et ses yeux fendant l'obscurité ne sont pas sans rappeler E.T. Et puis le poster du film en dit long : un petit garçon lit une BD à la lumière des lazers bleus qui lui sortent des yeux. Parfait.

Poltergeist (1982)

Une petite fille est bloquée dans un monde surnaturel. Une mère hystérique qui ne lâche rien. Non, toujours pas ? Un petit indice : ce film d'épouvante signé Spielberg a largement inspiré le cinéma du même genre et la série Stranger Things. Une des répliques du film en résume toute l'essence : "Il y a un truc là-dedans, avec mon bébé", suivi d'un long plan fixe sur une télé qui grésille. Ya-t-il quelqu'un derrière l'écran ? Serait-ce la petite fille disparue ? Tenterait-elle de communiquer ? Jamais une petite ville de banlieue n'a été aussi angoissante. Mais voilà, ses maisons ont été bâties sur un vieux cimetière. Une très mauvaise idée.

Phenomena (1985)

Jennifer Connelly y joue une jeune fille victime de somnambulisme - un léger handicap surtout qu'un tueur en série rôde dans son internat de campagne. Mais tout n'est pas perdu : la jeune fille est aussi télépathe, un don qui lui permettra (ou pas) de s'en sortir indemne. À la réalisation, le maestro du cinéma d'horreur des années 1980, j'ai nommé Dario Argento, sert un film oppressant à souhait. Et même si le jeu des actrices principales reste douteux, l'atmosphère angoissante du film n'épargne personne.

Eerie, Indiana (1992)

Si vous avez grandi pendant les années 1990 vous vous souviendrez probablement de Eerie, Indiana, une série suivant les errances de deux pré-ados présentant des coupes au bol comme on en voit malheureusement plus. Le jeune Marshall 'Mars' Teller déménage dans une banlieue nommée Eerie "l'épicentre planétaire de l'étrange". Pour faire bref, il se passe plein de trucs chelous à Eerie. Dans un des épisodes par exemple, une femme (un peu étrange) enfourne ses jumeaux dans des sacs sous vide dans l'espoir qu'ils ne vieillissent jamais. Un épisode inoubliable. Avec son meilleur pote Simon Holmes - la seule personne au monde qui le prend au sérieux - Mars sillonne la petite ville d'Eerie à la recherche de phénomènes paranormaux. En redécouvrant cette série deux décennies plus tard, on se rend compte de la dimension lynchéenne de ses intrigues et décors. L'étrangeté ambiante d'une petite ville de banlieue, ses clôtures blanches immaculées et ses habitants biens (ou fous) sous tout rapport. Tout y est.

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