Photographer Amber Mahoney and writer Kate Bould traveled to Standing Rock in North Dakota to spend time with the water protectors who have been, and continue to, peacefully resist the Dakota Access Pipeline. Despite the recent success — the Army Corps of Engineers denied a key permit to the company behind the oil pipeline, Energy Transfer Partners — the fight to protect Standing Rock and its people continues. In part one of their coverage, Kate describes the movement happening at Standing Rock, but also looks beyond, to the historical subjugation of Native Americans and the wider racism at play. This is not just a moment in modern times, she points out, and there is nothing simple about the circumstances — the implications are manifold. 

au-delà du pipeline, les vies amérindiennes (1ère partie)

Dans la première partie de notre reportage sur la résistance pacifique qui s'organise contre le Dakota Access Pipeline à Standing Rock, Kate Bould explore le contexte racial, structurel et historique plus large qui explique ce combat, et nous dit...

par Amber Mahoney and Kate Bould
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12 Décembre 2016, 9:55am

Photographer Amber Mahoney and writer Kate Bould traveled to Standing Rock in North Dakota to spend time with the water protectors who have been, and continue to, peacefully resist the Dakota Access Pipeline. Despite the recent success — the Army Corps of Engineers denied a key permit to the company behind the oil pipeline, Energy Transfer Partners — the fight to protect Standing Rock and its people continues. In part one of their coverage, Kate describes the movement happening at Standing Rock, but also looks beyond, to the historical subjugation of Native Americans and the wider racism at play. This is not just a moment in modern times, she points out, and there is nothing simple about the circumstances — the implications are manifold. 

Dans la seconde partie, la parole sera directement donnée aux protecteurs de l'eau - ils expliqueront les raisons de leur présence à Standing Rock, ce que le mouvement signifie pour eux, et ce qu'ils veulent faire entendre au monde.

La victoire ?

Sans arrêt, j'entends ou je lis le mot « révolution », accompagné d'images de poings en l'air, des masses de personnes étourdies par la célébration de la victoire de la résistance pacifique. Sans arrêt, je tombe sur des vidéos avec des agents de police, ponctuées par des cris et des balles en caoutchouc, avec en mots-clés des choses comme « manifestations » et « affrontements ». En dehors de ces vidéos filmées au smartphone, je vois aussi des œuvres façon années 1960 : « pour le sacré », « défendons l'eau », « chère terre mère », et pas mal de re-posts et de textes en majuscules sur les fils de mes réseaux sociaux. Je vois beaucoup de célébrations, un peu de stagnation, une accalmie. Le corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis a bloqué le permis de forer sous la rivière Missouri. C'est bien, mais il est bon de rappeler que la compagnie à l'origine du projet, Energy Transfer Partners, a déjà fait appel de cette décision et tient à la casser.

La situation à Standing Rock semble être un véritable mouvement, une révolution, un événement très actuel. Mais ce qui s'est passé et continue de se passer à Standing Rock n'est pas un événement qu'actuel. Ce n'est pas aussi bref, ce n'est pas une image, ni une vidéo ou un graphique. Ce ne sont pas que ces mains en l'air, ces violences policières, cette terre, ce racisme, ces droits de l'Homme ; ce n'est pas qu'un moment de l'Histoire, une photographie dans le temps. Surtout, ce n'est pas fini.

La résistance pacifique l'a emporté, mais cette victoire ne marque pas la fin du combat.

Ce mouvement est en marche depuis que les européens se sont emparés avec violence de l'identité et de la terre des amérindiens. Bien avant le traité de Fort Laramie de 1851, les indiens d'Amérique se battaient déjà pour le droit de conserver leur terre, mais aussi pour leur droit à la vie, et à être entendus.

Le pipeline Dakota Access est une pièce importante mais petite d'un puzzle bien plus large. On espère qu'avec ce projet, vous serez en mesure de saisir ses tenants et aboutissants, et comprendre que tout cela va beaucoup plus loin qu'un pipeline. Beaucoup plus loin que cette année chaotique, que cet exemple précis à Standing Rock et que les combats liés à l'arrivée de Trump au pouvoir.

Avec ce projet, nous espérons humaniser une culture trop souvent réduite et fétichisée. Les gens que vous verrez, les visages que vous allez peut-être reconnaître des articles que vous avez lus, sont les visages de survivants, de protecteurs de l'eau, d'activistes, de mères, d'ouvriers, d'anciens, de traditionalistes, d'adolescents, de skateurs, de progressistes, de danseurs, d'environnementalistes, et avant tout d'humains. De gens qui méritent un traitement humain, de la sécurité, du respect, de l'attention, un foyer, une école et un endroit où restaurer et protéger une culture qui a été déformée par une occidentalisation barbare et élitiste.

La suite ?

Cet exemple est un symbole d'espoir.

Malheureusement, la prise de fonction de Donald Trump va très vite arriver, ce 20 janvier. Il faudra rester vigilants. Nous devrons alors nous soulever et nous substituer à un gouvernement qui ne nous défendra pas.

Laissons aux indiens d'Amérique le droit de fêter leur victoire, de s'arrêter sur le sentiment de sécurité qui leur est dû. Mais nous nous devons de continuer à garder la tête haute, de continuer à lutter, continuer à nous organiser, à mettre la pression sur les investisseurs et les banques qui soutiennent Energy Transfer Partners, continuer à pousser pour une annulation totale et définitive de ce projet de pipeline. Nous devons continuer à nous rassembler, et à forcer le département de police de Morton County à lever les accusations qui pèsent sur 550 protecteurs de l'eau. Nous devons lutter pour les droits des amérindiens. Standing Rock n'est qu'un exemple de ce que vivent au quotidien les indiens d'Amérique, et plus généralement les personne de couleur aux États-Unis. Il ne s'agit pas de ne gagner qu'un combat.

Il faut continuer à faire des donations aux collectifs qui participent encore au combat. Il faut continuer à harceler le standard du département de police de Morton County pour demander la fin des violences policières. Continuer à donner aux gens qui ont abandonné leurs foyers pour vivre et se battre pour un futur meilleur. Souvenons-nous que si le pipeline a été ré-acheminé, ce n'est pas le résultat de la volonté d'Energy Transfer Partners - ils demandent déjà au district de revoir cette décision. Nous devons continuer de barrer la route aux personnes et aux corporations qui considèrent cette victoire que comme un obstacle surmontable. Souvenons-nous surtout que Trump n'a vendu ses parts dans le projet qu'il y a très peu de temps. S'il est plus facile pour lui de conserver la construction du pipeline à cet endroit, il ne se gênera pas.

Le DAPL, c'est le Dakota Access Pipeline. Ce pipeline est un projet et une propriété d'Energy Transfer Partners qui veulent l'utiliser pour acheminer du pétrole brut du Dakota du Nord à l'Illinois. La réserve de Standing Rock se trouve sur un territoire de l'armée qui, grâce au traité de Fort Laramie de 1851, est devenu le foyer des tribus Lakota, Dakota et Nakota, et qui aujourd'hui en comprend bien d'autres, venues de tous les Etats-Unis. Le pipeline ne passe pas directement sur le territoire de la réserve, mais il passe sous le cour d'eau qui coule en aval et qui est utilisé par toute la communauté. 

Le pipeline pose problème pour de nombreuses raisons. 

1. Le corps de l'armée n'a pas consulté dans les règles les tribus de Standing Rock sur le projet de construction. Ils sont légalement obligés de le faire quand il s'agit d'une terre sacrée ou historiquement chargée.

2. Si le pipeline fuit et s'infiltre dans l'eau de la communauté de Standing Rock, et de toutes les communautés qui suivent ce courant, les impacts pourraient être très sérieux. Pensez à la crise de l'eau de Flint, dans le Michigan. 

3. Le Dakota du Nord compte plus de 270 cas de déversements de pétrole et de marées noires sur ces 12 derniers mois. Les inquiétudes sur la pollution de l'eau sont plus que justifiées. 

4. À l'origine, le pipeline devait passer par la ville majoritairement blanche de Bismarck. Les citoyens ont élevé la voix, et le pipeline a été redirigé vers les terres des amérindiens. Dans sa forme la plus crasse et basique, le racisme protège les vies blanches au dépend des autres. 

Pour en savoir plus sur la chronologie et l'histoire du projet, c'est par ici

Alors, on fait quoi ?

Appelez.
Appelez ces numéros et demandez à ce que les accusations absurdes contre les protecteurs de l'eau soient abandonnées. Continuez à mettre la pressions à toutes les parties impliquées, pour vous assurer qu'elles ne s'attaqueront pas à nouveau à la réserve de Standing Rock en janvier prochain. 

Garde Nationale: 701.333.2000
Bureau du Gouverneur du Dakota du Nord: 701.328.2200
Corps des Ingénieurs : 202.761.8700
Ministère de la Justice : 202.514.2000
Bureau du Sheriff de Morton County : 701.328.8118 and 701.667.3330
Energy Transfer Partners (ceux qui construisent le pipeline): Lee Hanse (Vice Président Exécutif) 210.403.6455. Glenn Emery (Vice Président) 210.403.6762 Michael Waters (Chef Analyste) 713.989.2404
Ligne Ouverte Maison Blanche : 202.456.1111
Appelez ces banques qui soutiennent DAPL et faites-les annuler leurs financements. Faites-leur comprendre l'injustice du projet. 

Continuez à appeler. Et ne soyez pas nerveux au téléphone, vous n'êtes pas les seuls à faire ça. 

Email.
Envoyez un mail au département de la Justice pour que les charges contre les protecteurs de l'eau soient abandonnées : DOJ@USDOJ.gov

Donnez.

Des organisations et des collectifs qui se battent au quotidien :
1. Native American Rights Fund: Pour les droits des amérindiens
2. Campaign Zero: contre les violences policières
3. Stand with Standing Rock: donnez directement à Standing Rock
4. Water Protector Legal Collective: Pour la protection de l'eau
5. Standing Rock Sioux Tribe DAPL Donation Fund: Le fonds de Standing Rock Sioux Tribe's DAPL
6. Mní Wičhóni Nakíčižiŋ Owáyawa (Defenders of the Water School): Une école traditionnelle dédiée aux Amérindiens
7. Sacred Stone Camp: Fonds Sacred Stone Camp, fait partie du Standing Rock Camps
8. Sacred Stone Legal Defense: Pour la défense de Sacred Stone Camp
10. Red Warrior Legal Defense: Red Warrior Camp
11. Oceti Sakowin Camp: Fonds pour le camp Oceti Sakowin
12. Winterize Water Protectors Camp: Des provisions pour préparer l'hiver
13. Wiyan Healing Wellness Space
14. Medic and Healer Supply List
15. Frankie + O'Shea's Teepee: Pour aider le projet Frank + O'Shea's teepee (et leurs deux fondateurs)
16. Earth Lodges at Standing Rock: Finance directement la construction d'un village autonome à Standing Rock. Une aide cruciale dans la continuité du soutient à la communauté de Standing Rock, alors que le front du combat se déplace de la terre aux tribunaux. 

Faites attention à bien envoyer vos dons aux bons camps : Sacred Stone Camp, Oceti Sakowin Camp, Rosebud Camp, etc. 

Lisez et partagez.
No DAPL Syllabus Project

The Legal Case for Blocking the Dakota Access Pipeline

I am a White Person Who Went to Standing Rock. This is What I Learned.

The Media's Standing Rock Problem Looks a Lot Like its Black Lives Matter Problem

DAPL Timeline

Indigenous Environmental Network

Unicorn Riot

Notes.
Les camps et les habitants de Standing Rock sont pacifiques et vivent dans la prière. Ils ne sont pas des "manifestants", ils sont des "protecteurs de l'eau". Les lignes de fronts ne sont pas des "marches" et encore moins des "émeutes", ce sont des "actions", qui sont en fait des prières et des cérémonies sacrées qui s'attachent à la protection de la terre. 

Si vous vous rendez aux camps : venez préparés, prêts à travailler, à aider, et apportez toutes les provisions possibles.

Les photos ne sont pas autorisées, sauf si vous êtes allés récupérer un pass média à la tente média. Pour avoir un tel pass, vous devez avoir une mission confirmée par la lettre d'un rédacteur en chef et ses coordonnées. 

À votre arrivée, pensez s'il vous plaît à vous inscrire au camp de bénévoles et à participer au premier parcours d'intégration. On vous informera sur la configuration du camp, ce qui y est acceptable et ce qui ne l'est pas, comment passer à l'action et ce que vous pouvez offrir à la communauté. 

Ne prenez pas de photos des feux sacrés dans les camps. 

À lire aussi : "au-delà du pipeline, les vies amérindiennes (2ème partie)"

Credits


Projet collaboratif mené par Amber Mahoney
Photographie Amber Mahoney
Texte Kate Bould

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