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dans les coulisses du clip "gosh" de jamie xx réalisé par romain gavras

On se demande tous comment Romain Gavras a géré 400 écoliers chinois teints en blond lâchés dans une ville-fantôme aux accents parisiens pour le dernier clip de Jamie XX. Kim Chapiron vient de sortir le making off du clip.

par Salvatore Maicki
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05 Octobre 2016, 2:30pm

En juillet dernier, pour le clip de Gosh de Jamie xx, Romain Gavras nous emmenait en voyage en Chine, à Hangzhou, avec une vidéo monochrome et militairement chorégraphiée. Aujourd'hui, un mini making-off réalisé par Kim Chapiron nous dévoile les dessous de cette production dantesque aux 400 participants, enfants - de leur séance de teinture blonde aux traductions nécessaires à Gavras pour réaliser ses angles de caméras minutieux. La vidéo suit donc ces écoliers - nouvellement blondinets - courir dans un hôtel vide, lâcher un doigt d'honneur au caméraman et appréhender la précision militaire nécessaire au final du clip. 

Un clip qui doit son aspect familier à la spécificité du quartier de Tianducheng, une ville pseudo-parisienne surplombée par une reproduction de la Tour Eiffel haute d'une centaine de mètres. La construction du quartier a débutée en 2007, de concert avec une tendance chinoise, la "duplitecture", qui consiste à reconstruire des villes (souvent européennes) dans le but de développer le tourisme intérieur. Une tendance de laquelle sont nées Thames Town, une ville à l'anglaise dans le district de Songjiang ; Hallstatt 2, une réplique quasi complète de la ville autrichienne, à Guangdong ; et plus récemment un canal vénitien dans la ville de Dailan. 

Si l'on ne sait pas grand-chose de ces villes jumelles, ces endroits sont souvent relégués à l'état de "villes-fantôme". En 2013, Gizmodo décrivait Tianducheng comme un lieu "déprimant", s'appuyant sur sa population de 2000 habitants pour illustrer cette grandeur vide. 

Et c'est peut-être pour ça que le moment le plus beau du film de Chapiron est ce montage, touchant, d'habitants dansant joyeusement sur la grande place de la ville. Si le passage est bref, le message est puissant au vu du contexte de Tianducheng, supposément "ville-fantôme". Cette vidéo annexe amplifie le clip initial et le transforme en quelque chose d'encours plus beau et captivant. Et on parle d'un clip dans lequel apparaît un albinos, dont le réalisateur est d'origine grecque, à l'attention d'un producteur de musique britannique, et tournée dans une "ville française" de Chine. C'est dire. 

Credits


Texte Salvatore Maicki