lukas ionesco est un alien, la musique est sa planète

Le jeune musicien et acteur sort aujourd'hui « Burning Inside », deuxième single de son EP à venir, accompagné d'un clip où il déambule dans les rues enneigées de New York en quête de lui-même.

par Antoine Mbemba
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10 Octobre 2018, 7:39am

Il faut parfois savoir partir, pas forcément pour mieux revenir mais déjà pour mieux se trouver. Dans le cas de Lukas Ionesco, pour le peu qu’on en ait vu musicalement, le voyage a été gagnant. Celui que l’on présente volontiers plus comme un acteur ou une figure récurrente de la mode – oubliant un peu vite ses armes avec le groupe Diaperpin – nous tease un EP depuis de nombreux mois maintenant. Un disque dont la première étape, le premier single, remonte à février dernier et dont le second extrait, « Burning Inside » sort aujourd’hui, une fois de plus accompagné d’un clip collant parfaitement à l’esthétique romantique et doucement déchirée du jeune homme.

Une vidéo tournée à New York, là où tout l’EP Paris Texas (qui sortira en fin d'année) a d’ailleurs été enregistré. « C'est moi qui ai voulu aller là-bas, explique Lukas . Mais aussi parce que mon label a été créé là-bas, donc on avait la possibilité d'avoir un super studio, où Bob Dylan a enregistré, et où aujourd'hui plein de gens du rap enregistrent. » Au-delà d’un héritage folk et d’un confort technique qui ne se refusent pas, l’exportation était nécessaire à la création. Paris devenait trop… étroit ? « Je pense que je corresponds plus à cette ville, et à l'Amérique en général, plutôt qu'à Paris, où je me sens un peu seul dans mes idées. C'est petit, serré, même dans les émotions et la créativité. »

Mais peu importe où Lukas Ionesco met les pieds, il reste un alien un peu partout, un « jeune garçon qui ne sait pas qui il est, qui se cherche, qui n’a pas confiance en lui » et ne sait pas vraiment – chante-t-il sur « Burning Inside » – s’il est une fille ou un garçon. Et c’est ça qui fait tout le sel de la musique. Une fois qu’on a compris que l’on était un alien, et qu’on le resterait sûrement pendant longtemps, l’issue réside dans la manière que l’on a de l’accepter et de cultiver son soi merveilleusement marginal. « À la fin du morceau, le jeune garçon dont je parle, qui représente une partie de ma vie, finit par s’assumer. Il s’est créé son propre monde magique, il accepte de brûler de l’intérieur, il joue avec. »

Côté musique, on reste sur ce que Lukas sait faire de mieux : une « grunge-folk » traînante et hypnotique, soulevée par un clip suivant son errance dans les rues enneigées de New York, ou guitare à la main dans une baignoire, cerné par des jouets flottants. « C’était mon morceau préféré et je trouvais qu’il allait bien avec New York, ce paysage hivernal très bizarre. On l’a tourné pendant l’enregistrement, dès qu’on se baladait ou qu’on avait un jour de pause. C’est fait-maison, avec ma VHS. » Un retour à l’esthétique des années 1990 auquel on a toujours bien du mal à ne pas succomber et dont on attend impatiemment la suite, un peu frustrés par le rythme de sortie de ses singles.

« J’aimerais que ça aille plus vite, ça ne dépend pas que de moi. Mais bon comme on dit, on ne peut pas aller plus vite que la musique. Il faut que je construise mon image de musicien. Je débute là-dedans, j’ai plus une image dans la mode ou le cinéma. » Une image, un visage que l’on verra notamment sous peu dans les films Jessica Forever et Une jeunesse dorée, qui ne veut pas choisir entre les deux – « parce que les deux me passionnent » – mais qui pense déjà musicalement à l’avenir. « La suite, quand l'EP sera sorti en fin d'année, c'est l'album qu'on va aller enregistrer à Detroit dans une église qui a été transformée en studio. À la Only Lovers Left Alive. » Alors pour la suite des aventures de cet alien en Amérique, restez (très) attentifs.

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