Anaïs porte une jupe et un top Diesel Black Gold

toutes les françaises sont des cagoles

Le documentaire Cagole Forever, qui sera diffusé sur CANAL + le 15 février à 22h50, déjoue les stéréotypes et érige la cagole en symbole féministe. i-D a décidé de célébrer tout ce que la mode leur doit.

|
09 Février 2017, 9:30am

Anaïs porte une jupe et un top Diesel Black Gold

Carla porte un top et un pantalon Paco Rabanne

Ça fait trop longtemps que la mode française a pris Paris pour modèle; ses percées haussmanniennes, ses jardins symétriques, ses filles toutes minces, ses chuchotements et ses clichés. La mode est en train d'essayer d'arrêter de faire semblant d'être ce qu'elle n'est pas (même si c'est tout ce qu'elle est mais c'est un autre débat). Quand i-D s'est lancé en Angleterre en 1980, c'était pour parler de style. Ils en avaient marre de ceux qui se regardaient trop entre eux. Ils ont été les premiers à prendre les punks de Camden ou les chavs de Leeds en photo pour célébrer leur allure. La rue, la foule, les autres : tous étaient les bienvenus.

En France, la « capitale » a du mal à accepter qu'elle ne vit pas seule. À l'heure où les élites tremblent en réalisant que le reste du monde ne pense pas comme elles, il faudrait peut-être aller voir et comprendre ce qu'il se passe dehors. Le style de la France n'est pas Parisien, et i-D compte bien lui rendre hommage.

On a décidé de vous parler de la cagole, de la piche, de la girl next door à la française. Bref, cette fille que la société a érigée en totem de la vulgarité, comme si le bon goût allait en être éclaboussé. C'est sûrement parce que beaucoup la confondent avec la bimbo. Sébastien Haddouk, réalisateur du documentaire Cagole Forever tient à mettre les choses au clair : « La bimbo est conforme à une idée de la féminité, elle va faire l'effort de s'y ajuster. Elle triche et essaie de se greffer à une certaine idée du luxe, de l'élégance et de la féminité. La cagole, elle, est dans l'excès. Elle déborde. Elle ne veut pas rentrer pas dans le moule. »

Ne collez pas d'étiquette à la cagole, elle s'en charge. Elle rit fort, elle ne se cache pas derrière sa frange. Elle se perche toujours sur des talons parce qu'elle est invincible. Quand un mec l'emmerde, elle ne rougit pas, elle s'en amuse et vocifère. En forçant les traits de sa féminité, elle dépasse le regard de l'autre, l'anticipe et le désamorce. Pourtant jamais la cagole ne renie sa magie de fille. Elle sait. Elle se rappelle de l'enfance, de la douceur et de la douleur. Elle connaît les femmes et leurs secrets, elle ne les plantera jamais.

C'est dans son refus de choisir un camp qu'elle est puissamment féministe. Ça en dérange beaucoup d'imaginer qu'une femme qui déborde puisse participer à l'émancipation de ses consœurs. Ils vont pourtant devoir s'y faire. Derrière les clichés et les insultes, la cagole est sans doute (loin devant la faussement insoumise Marianne inventée par des moustachus) le modèle de féminité le plus candide et puissant que la France ait connu. On est toutes des cagoles, on vous l'avait dit.

Mélody porte une robe et une coque pour iphone Louis Vuitton

Carla porte un perfecto, un pantalon et des chaussures Gucci

Anaïs porte un top et une jupe Diesel Black Gold

Alicia porte un bustier, un pantalon et des chaussures Christian Dior

Cet article a été rédigé en partenariat avec CANAL + dans le cadre de la sortie du documentaire Cagole Forever, diffusé le mercredi 15 février à 22h50. Pour plus d'informations, veuillez cliquer ici.

Credits


Texte : Micha Barban-Dangerfield et Tess Lochanski
Photographie : Jun Yasui
Assistant photographe : Thibaut Vasseur  
Stylisme : Xenia May Settel
Assistante stylisme : Julia Tarissan 
Hair : Yoshiko Haruki

Makeup : Mayumi Oda 
Manicurist : Chloé Desmarcherlier 
Models : Melody @thefaceparis, Carla @thefaceparis, Alicia @ouimanagement et Anaïs @girlmgmt