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je me rappelle, le grand retour de jérémy chatelain

Le musicien partage en exclusivité sur i-D son nouveau clip, Je Me Rappelle. L'occasion de revenir avec lui sur son parcours, son absence et son futur.

par Micha Barban Dangerfield
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15 Mars 2017, 10:55am

Tandis que Jérémy Chatelain se souvient à la chaîne des totems et reliques de son adolescence, nous, on se rappelle du paysage musical des années 2000 qui l'a mis au monde - monté dans la petite boîte de nos écrans télé. Le temps où la musique s'écoutait pixélisée, dans des émissions comme Popstars ou la Star Academy. Des émissions qui, tour à tour, ont enfanté leurs lots d'idoles précaires : adulées, on connaissait tous l'existence de leur obsolescence programmée. Il fallait bien laisser la place aux suivants, que la roue tourne et que le bif cumule. Mais si les têtes tombent, les images restent. Et lorsqu'on ré-entend la voix de Chatelain après plusieurs années d'absence, c'est toute une décennie qui défile. On se rappelle du parterre de paillettes, des grisgris dans les cheveux de Jennifer et Élodie, des génériques dance, de la mèche bétonnée de Jérémy et de son sourcil scotché dans les airs, plein sourire. Un air ingénu qu'il a gardé. Cette candeur et ces quelques années d'absence ont été la promesse d'un retour d'une justesse inouïe. Voilà quelque temps maintenant que Jérémy oeuvre et s'échauffe dans l'ombre auprès d'artistes comme Alizée, Oxmo Puccino, la MZ ou encore Busy P. Il revient aujourd'hui avec Je Me Rappelle, un titre-bilan où la nostalgie lui sert à réinventer la chanson française. Le clip puissant réalisé par Partel Olivia apparaît comme la matérialisation de sa persévérance. i-D a rencontré Jérémy Chatelain pour parler de cette nouvelle sortie, de son prochain album et d'« harmonie populaire ».

Tu reviens après plusieurs années d'absence. Comment te sens-tu ?
Bien, très excité par ce retour, c'est un moment assez spécial pour moi. J'ai l'impression de renouer avec une vie que j'ai laissée il y a 10 ans. C'est plutôt agréable.

C'était important pour toi de prendre du temps ?
La vie m'a mené à ce break en tant que chanteur. Mais j'ai oeuvré dans l'ombre et collaboré avec beaucoup d'artistes. Ça a commencé avec Oxmo Puccino qui m'a proposé de produire un morceau sur son album Larme de Paix. Puis ça s'est enchainé avec la Mz, Sneazzy de 1995, Kohh, Nadus, jusqu'à Boston Bun et Pedro Winter aujourd'hui. Donc non, au final je n'ai pas vraiment eu le temps pour moi !

Tu sembles avoir pris un nouveau tournant. Quel regard portes-tu sur l'évolution de ta carrière ?
Ce n'est pas un tournant contrôlé, ces dix dernières années m'ont permis de travailler avec des gens d'horizons musicaux différents, ça serait mentir que de dire que cela n'a pas eu d'impact sur moi. La musique que je fais aujourd'hui est la somme de toutes ces rencontres. Tout ça m'a beaucoup nourri.

Il y a quelque chose de très candide dans ton approche de la musique, et du coup de très libre. Ton dernier titre, Je me Rappelle, est inclassable. Toi, comment définis-tu ta musique ?
C'est toujours très délicat de définir sa musique. Disons que quand je produis pour d'autres personnes, je suis guidé par le background et les envies de la personne avec qui je collabore, c'est un vrai échange intellectuel. Quand je fais de la musique pour moi, je suis leadé par mes émotions dans les mots et l'harmonie, une forme de candeur certainement.

Un jour pour décrire ta musique tu as parlé d'« harmonie populaire ». Ça veut dire quoi pour toi ?
C'est une harmonie qui peut toucher tout le monde au coeur. Les chansons au service de l'émotion.

Avec Je me Rappelle, tu prends le temps de regarder en arrière. Pourquoi ?
J'ai été médiatisé très jeune, comme une image figée dans le temps. Ce morceau est une façon de retracer les choses qui ont fait celui que je suis aujourd'hui. Une manière de donner des nouvelles aux gens qui se demandaient ce que j'étais devenu.

Tu y parles de tes icônes et totems de jeunesse. Tu es nostalgique de cette époque ?
C'est une nostalgie, une nostalgie positive comme une madeleine de Proust. On est une génération de trentenaire à avoir été bercé par Hook, la neo geo, une paire de Patrick Ewing ou encore le catch de la wwf sur Canal +. Je trouvais ça intéressant de donner ça en chanson.

Comment s'est faite ta collaboration avec Partel Olivia pour le clip de ton titre ?
Ce sont des amis de longue date avec qui j'ai déjà collaboré dans le passé sur d'autres projets. Ils sont restés très proches de moi et ont suivi mon parcours ces dix dernières années. C'était logique et naturel de leur confier la DA de mon projet et la réalisation de mon clip.

Que représente ce jeune boxeur dans la vidéo ?
Le combat face soi-même, la persévérance , l'abnégation. La vie d'un homme selon moi.

On retrouvera quoi dans ton prochain album ?
Beaucoup d'amour.

Credits


Texte : Micha Barban Dangerfield
Photo : copyright control