le voguing avec bones the machine et kendall jenner

Le danseur New-Yorkais mis à l'honneur dans la vidéo Balmain X H&M nous parle de sa passion pour le mouvement et pour Madonna. Petit leçon de contorsion.

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nov. 9 2015, 5:20pm

Tandis que la caméra nous ouvre les portes du monde futuriste et dystopique de Balmain X H&M, Steven Hill, aka Bones the Machine, se déhanche et se déboite les os sous nos yeux. Dans la vidéo qui présente la collection capsule d'Olivier Rousteing, Bones danse aux côtés de Kendall Jenner et sa chic bande de copines au rythme de leur partenaire DJ Aaron. Qu'est-ce que ça fait de danser avec Kendall ? "Kendall défonce !" s'exclame le jeune natif de Brooklyn, âgé de 28 ans. "Je ne la connaissais pas danseuse et elle était au top, c'était très inspirant." Depuis treize ans le danseur autodidacte se façonne son propre style et a tapé dans l'oeil de Madonna qui l'a récemment fait danser lors de sa dernière tournée MDMA. Finaliste du show télévisé America's Got Talent, ses vidéos chorégraphiées sur son Instagram font chaque jour un peu plus d'adeptes. Des plages de Los Angeles aux rues de Londres et Paris, Steven fait du "flex", cette danse qui mélange les mouvements traditionnels du hip hop, le freestyle et la contorsion. Bones the Machine nous a impressionné. Nous l'avons rencontré. 

Comment as tu commencé la danse ?
Je me suis mis à la danse quand j'ai commencé à m'intéresser à l'art quand j'étais jeune. Je voulais être cool. Mais quand j'ai commencé à écouter de la musique, j'ai voulu devenir la musique donc j'ai commencé à danser. J'ai d'abord démarré le hip-hop. Puis je me suis intéressé au "flexing" et au "bone breacking" (forme de contorsion ndt). Au fil des années, j'en ai fait des chorégraphies. Il n'y a pas de limites dans la danse.

Qui t'a surnommé Bone the Machine ?
Quand j'étais plus jeune, mes amis du East New York m'ont donné ce surnom parce qu'ils hallucinaient de voir mes os se tordent dans tous les sens et que je puisse les déboiter comme je le voulais. Ils m'on d'abord appelé "Bones Crusher". Mais mon style de danse s'est orienté vers quelque chose de plus mécanique et saccadé donc les gens ont finis par m'appeler "Bones the Machines".

Quel type de musique t'inspire aujourd'hui ?
Madonna ! Mais j'écoute plein de trucs différents. J'écoute aussi Travis Scott et Kanye West. Je me nourris aussi de films comme Transformeurs et Matrix. La façon dont les acteurs et les machines bougent ensemble m'inspire beaucoup. Tout comme ils m'ont inspiré pour bouger en slow-motion, comme si je manipulais le temps et en faisant des mouvements très mécaniques.

C'était comment de danser avec Madonna ?
Mec, Madonna est hyper créative. Elle danse aussi bien que moi, c'est fou ! La leçon que j'ai retenu de notre rencontre c'est une leçon d'amour. Elle prêche l'amour avant tout.

Est-ce qu'Olivier Rousteing a essayé de voguer pendant le tournage ?
Non (rires).

Pour toi danser c'est raconter ton histoire ?

Oui. Ma bio Instagram dit, "je veux montrer la beauté de la douleur." C'est ce à quoi j'ai consacré ma vie. C'est une réalité qui s'est imposée à moi : soit je devenais danseur soit je me retrouvais dans un bureau de 9h à 17h. Je serais près à mourir pour faire ce que j'aime. Même quand j'avais rien, j'avais quand même la danse. Je me filmais et chargeais mes vidéos sur Youtube et Instagram. J'attendais que les gens commentent, ça m'inspirait.

Tu veux parvenir à quoi avec la danse ?

J'aimerais que l'on me considère comme un artiste du mouvement. Ce qui ne se réduit pas seulement à la danse. Je veux aussi jouer - j'aimerais être un acteur qui sait danser. Beaucoup de gens sont devenus acteurs et ont finis par oublier la beauté de ce qu'ils faisaient avant de devenir acteurs. J'aimerais jouer tout en conservant mon identité de danseur.

Quels sont tes projets ?

J'explore la danse et tente d'amener des gens à l'explorer avec moi. Je fais mes trucs et je m'amuse.  

Credits


Texte Antwaun Sargent
Photographie Ben Colen