Courtesy of Alex Brunet 

Mannequinat, cinéma et rap : bienvenue dans le monde d'Ali Latif

En marge de ses collaborations avec Versace ou Louis Vuitton, le Franco-Tunisien dévoile un premier single, « Roko c'est le Texas ». Soit deux minutes et trente secondes de rap ultra mélodique, taillé pour séduire.

par Maxime Delcourt
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30 Juillet 2020, 9:00am

Courtesy of Alex Brunet 

Ali Latif est un artiste de son époque. Un jeune homme qui a fait de l'entre-deux l’atout principal de son parcours, tiraillé entre ses origines tunisiennes et son enfance passée dans le Sud de la France, entre sa passion pour le rap (Fonky Family, Scred Connexion) et son goût pour la chanson française (George Brassens), entre la musique et ses envies de cinéma qui l'ont incité à tenter sa chance à Paris lorsqu'il avait 18 ans, entre le studio, où il passe le plus clair de son temps depuis le début d’année, et ses voyages à l’étranger, entre son ancien job de serveur et sa réputation dans le mannequinat, notamment chez Versace, Coach, Louis Vuitton ou H&M - des collaborations qui lui ont permis de défiler dans les Fashion Week du monde entier (Milan, Londres, New York, Paris).

À seulement 23 ans, cet équilibre perpétuel lui permet aujourd’hui de donner vie à un univers singulier, jamais réellement éloigné des tendances actuelles (il cite volontiers Frank Ocean comme influence), mais toujours connecté avec ses propres expériences : son enfance passée entre deux cultures, son adolescence freinée par des rêves difficiles à réaliser, les désillusions personnelles et toutes ces nuits passées à arpenter les rues en quête de repères.

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Courtesy of Alex Brunet

Ali Latif dit d'ailleurs aimer les textes qui racontent « des tranches de vie avec une touche positive, mais sans naïveté ». « Roko c’est le Texas », c’est exactement ça : un single intelligemment produit, à la ligne mélodique contagieuse et au propos ambigu, qui ose l’introspection sans céder le pas au dévoilement le plus total. « Roko, c’est Roquebrune sur Argens, le village où j’ai grandi dans le Sud de la France et le “c’est le Texas », c’est un délire que nous avions créé avec des amis : un monde imaginaire pour nous sortir de notre ennui quotidien », précise-t-il. Et d’ajouter : « Ce titre est né à Metline, dans le village où je suis né dans le Nord de la Tunisie ». Il y parle de ses origines ( « Mec de village, pas de tess »), de ses goûts personnels ( « J’aime pas le cool-al »), de sa nouvelle vie couronnée de succès ( « Je ne suis plus d’humeur vengeresse/Toute la journée j’encaisse ») et de la liberté dont il jouit ( « J’ai scié les barreaux/Libéré de mon sceau »). À l'image du clip où on le voit tour à tour parcourir les montagnes sur le dos d'un cheval, assis face à la mer, les yeux tournés vers l'horizon, ou en pleine ride avec ses comparses. « Un hymne à la vie », d’après lui, annonciateur d’un premier EP ( 520) à paraître prochainement.

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Roko c'est le Texas