Le cinéma est aussi célébré sur la côte Atlantique

Cap sur Anglet pour la 17e édition de l’International Surf Film Festival.

par Julie Le Minor
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12 Juillet 2021, 4:11pm

Pour sa 17ème édition, l’International Surf Film Festival a une fois de plus pris ses quartiers à la Chambre d’Amour d’Anglet, un lieu emblématique de la côte basque dont le doux nom repose en vérité sur une légende tragique, la mort de deux amants pris dans la marée. Pendant quatre jours, les spectateurs, novices et initiés, ont pu découvrir les meilleures productions et réalisations de l’année consacrées à ce sport adulé aux quatre coins de la planète.

Vingt-six films étaient présentés durant cette édition si particulière après près de deux ans confinées. Parmi ces multiples odyssées, on retrouve Vahiné Fierro, championne du monde de surf d’origine tahitienne dans le long-métrage pop et féministe De mer en filles où le surf se transmet d’une génération à l’autre comme une nouvelle source d’émancipation et d’empowerment. Réalisé par Lisa Monin et Sébastien Daguerressar, le documentaire nous entraîne sur les traces des sœurs Fierro dans les eaux turquoises de l’île de Tahiti. “À en croire les légendes locales, les Polynésiennes chevauchent les vagues depuis la nuit des temps, explique Lisa Monin. À l’heure où on parle beaucoup de la place grandissante des femmes dans le surf - comme partout ailleurs - c’était important de montrer qu’en réalité elles ont toujours été là et méritent la même reconnaissance que leurs pairs masculins. Quand on a le courage de s’élancer sur la vague de Teahupoo, comme le fait Vahine Fierro, ce n’est pas le genre qui prévaut. Finalement, on a voulu faire un film optimiste sur des surfeuses hors pair, et peut-être que demain, on n’aura même plus besoin de préciser que ce sont des femmes.”

Puis direction Tel Aviv avec Dirty Blading, le court-métrage décalé aux accents rétros de Yaeer Eldar et Erez Melamed dans lequel Shachar “Shushu” Aharoni, champion national de longboard, interprète un businessman de “Wall Street”, costume et clope au bec, et son pendant surfeur, voguant léger sur sa planche comme une contradiction de l’homme moderne coincé entre son désir de succès et d’argent et sa soif de liberté. “J'ai toujours souhaité présenter mon point de vue sur le surf en tant que véritable mode de vie, confie “Shushu” Aharoni. Je surfe depuis 25 ans et le surf m’aide à dépasser les moments difficiles. Au fil des années, j'ai découvert que faire des films avait le même effet.” En Afrique du Sud, le court-métrage The Armstrongs nous plonge quant à lui dans le quotidien d’une famille de surfeurs, aux yeux rêveurs et aux cheveux dorés par le soleil, ayant fait le choix d’une vie en marge, seuls face à l’Océan.

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​Courtesy of Alexandre Peneau

Parmi les septs finalistes de cette édition, le long-métrage Water Get No Enemy réalisé par Arthur Bourbon et Damien Castera a reçu le prix du meilleur film pour son récit des enfants soldats du Liberia qui ont troqué leur fusil d’assaut contre des planches de surf afin de reprendre goût à la vie. Maxime Garenne et Alexandre Peneau ont également été récompensés pour leur court-métrage Les Inséparables dans lequel deux amis, Maï-Linh, danseuse, et Luc, surfeur, esquissent une chorégraphie poétique et envoûtante entre terre et mer, mettant à nu les liens évidents entre surf et danse. “À l’origine, c'était un projet entre amis qu'on a tourné l'été dernier à la maison pour se faire plaisir, explique Alexandre Peneau. On était persuadé qu'il y avait quelque chose à montrer sur les liens entre surf et danse, mais on ne s'attendait vraiment pas à être sélectionné à l’International Surf Film Festival. On a été très surpris et profondément heureux à l'annonce du résultat.

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​Courtesy of Alexandre Peneau

Vous pouvez découvrir la totalité des films présentés lors de cette 17e édition sur le site de l’International Surf Film Festival.

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