Still from "Wild at Heart."

Sept films romantiques cultes à regarder solo 

Du film intello coquin japonais L’Empire des Sens au film de David Lynch carrément hot Sailor et Lula, voici nos favoris.

par Kristen Yoonsoo Kim
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29 Décembre 2020, 11:00am

Still from "Wild at Heart."

On ne manque pas de romcoms classiques à regarder à la Saint Valentin : Coup de foudre à Notting Hill, Pretty Woman, Le Mariage de mon meilleur ami (pour ne citer que la filmographie de Julia Roberts). Mais au delà des bonbons en forme de coeur, des papillons ou de rencontrer des libraires charmants, la vie est un peu moins scénarisée. Cette année, pensez à vous que vous soyez en couple ou non avec certains films cultes qui correspondent peut-être mieux à votre état d’esprit, que ce soit coquin, triste, aigri, ou même un peu angoissant. Parce qu’après tout, parfois on dit « je t’aime » pendant un jeu mortel de « cap ou pas cap » ou après avoir placé un oeuf là où il ne devrait pas y avoir d’oeuf. Repensez les règles de la drague avec l’un de ces sept films qui parlent d’amour de manière différente. 

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Still from "In the Realm of the Senses."

L’Empire des Sens, Nagisa Oshima, 1976


Le chef d’oeuvre si particulier de Nagisa Oshima a été censuré et banni à l’époque, et on peut comprendre pourquoi. Le film présentait des scènes de sexe non simulé, et hésitait ainsi entre film d’auteur et pornographie. Inspiré d’une histoire vraie où en 1936 une femme de chambre a castré son patron après leur liaison, le film est également situé dans les années 1930 et Eiko Matsuda joue le rôle de la femme de chambre qui débute une relation sexuelle obsédée avec le propriétaire de l’hôtel (Tatsuya Fuji) où elle travaille. Ils baisent, baisent, et baisent encore et leurs rapports deviennent de plus en plus coquins à mesure que leur amour (à moins que ce ne soit leur désir) n’augmente pour jouer avec des strangulations érotiques ou un oeuf mentionné plus haut. Regarder ce film est une expérience viscérale et trempée de sueur, sperme et d’autres liquides encore (« on dit que l’amour véritable signifie manger de la nourriture trempée dans les jus de celui qu’on aime »). Évidemment, les choses se terminent mal pour Matsuda. Peut-être qu’on ne connaitra jamais un amour comme ça.

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Still from "My Beautiful Launderette."

My Beautiful Laundrette, Stephen Frears, 1985


Ce classique queer absolument culte est situé dans l’Angleterre des années 1980 avec Daniel Day-Lewis dans le rôle de Johnny, un ancien skinhead qui porte veste large, jean déchiré et mèches blondes. Johnny tombe amoureux de son ami d’enfance avec qui il vient de se retrouver, mais ce dernier est le genre de personne que la bande de skinheads choisit comme victime : un homme d’origine pakistanaise nommé Omar (Gordon Warnecke) qui passe ses journées à s’occuper de son père alcoolique. Johnny et Omar se retrouvent, et finissent par s’occuper ensemble du lavomatique de l’oncle d’Omar qui devient leur petit paradis. Le film de Stephen Frears tourne autour d’un amour interdit, des frustrations de l’ère Thatcher, de questions raciales, de sexualité, et tout cela d’une manière joyeuse, drôle et sexy (qui peut oublier ce lick dans le cou).

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Still from "Wild at Heart."

Sailor et Lula, David Lynch, 1990


Cette année, on a vu Laura Dern en avocate de la famille dans Marriage Story, en mère dans Les Quatre filles du Docteur March, mais il y a trente ans, elle jouait l’un de ses rôles inoubliables dans le film chaud de David Lynch sur des amants en cavale, Sailor et Lula. Après avoir joué la gentille fille dans Blue Velvet quelques années auparavant, Laura Dern retourne sa veste pour interpréter Lula qui ne cache pas son désir (fun fact : c’est le nom de la fille de David Lynch qui a sept ans). Elle tombe amoureuse d’un homme destiné à la prison avec sa veste en peau de serpent nommé Sailor, interprété par Nicolas Cage, qui chante à la fin du film « Love Me Tender » d’Elvis Presley qui va vous faire fondre le coeur. Le couple de jeunes amants est forcé de quitter la ville quand la mère de Lula (interprétée par la vraie mère de Laura Dern, Diane Ladd) engage le gangster Marcello Santos pour tuer Sailor. Attention danger !

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Still from "Laurence Anyways."

Laurence Anyways, Xavier Dolan, 2013


Le jeune réalisateur canadien Xavier Dolan (que l’on surnomme parfois enfant terrible) n’avait que 24 ans lorsqu’il a sorti Laurence Anyways, un mélodrame sur l’amour qui dure 168 minutes. Ce film de 2013 se situe dans les années 1990 et raconte l’histoire de Laurence et Fred qui s’aiment pour la vie. Laurence (Melvil Poupaud), approchant la quarantaine, décide qu’il veut s’affirmer en tant que femme et demande le soutien de sa petite amie Fred (Suzanne Clément) pendant la transition. Si Fred prend du temps pour accepter la nouvelle, elle aide finalement Laurence avec son maquillage et ses vêtements féminins. Ceux qui sont moins à l’aise avec la transition de Laurence : sa mère et les parents d’élèves de l’école où il enseigne. À travers les presque trois heures de film, on suit les hauts et les bas de Laurence et Fred, entre rupture, réconciliation, et autres histoires. Ça vous brise le coeur, ça peut être épuisant, mais c’est aussi explosif avec des tenues hautes en couleurs et montages rythmés sur la musique de l’époque.

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Still from "Love Me If You Dare."

Jeux d’enfants, Yann Samuell, 2003


Poursuivons sur la lancée des films où les amants se prouvent leur amour de façon complètement folle, on se souvient tous de ce romcom à la française qui est un grand jeu de « cap ou pas cap » avec Marion Cotillard et son compagnon dans la vie Guillaume Canet. Les personnages de Sophie et Julien se sont rencontrés alors qu’ils étaient enfants et deviennent amis en jouant à « cap ou pas cap » qui se termine par un chahut pas possible en classe et leur convocation chez le directeur. Alors qu’ils grandissent, ils ne cessent de faire grimper les enjeux de leurs paris à un niveau incontrôlable tout en cachant leurs sentiments l’un pour l’autre. Avec un rendu aux couleurs très saturées, Jeux d’enfants est conçu comme un conte (n’essayez pas ce qu’ils font chez vous) et décrit une relation qui serait sans doute terrible dans la réalité mais qui est terriblement hot au cinema.

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Still from "Syndromes and a Century."

Syndromes and a Century, Apichatpong Weerasethakul, 2006


Le réalisateur thaï Apichatpong Weerasethakul revient sur la rencontre de ses propres parents (tous deux médecins travaillants dans le même hôpital) pour construire son film qui se divise en deux parties conçues en miroir. La première se déroule dans un hôpital de campagne où les médecins (y compris les personnages de ses parents) se séduisent. On retrouve les mêmes acteurs dans la seconde partie située dans un hôpital citadin à Bangkok qui vivent la même histoire d’amour. Si les fins sont différentes, Syndromes and a Century est un exercice de mémoire, et un réflexion sur la manière dont on se souvient des histoires, le réalisateur explique que c’est aussi un film sur la transformation.

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Still from "The Annihilation of Fish."

The Annihilation of Fish, Charles Burnett, 1999


Si ce film est considéré comme un détail de la filmographie de Charles Burnett (le réalisateur de To Sleep With Anger), je considère que The Annihilation of Fish est un bien meilleur film au sujet d’un couple bi-racial. Deux personnages principaux plus si jeunes que ça interprétés par James Earl Jones et Lynn Redgrave, qui prouvent qu’il n’est jamais trop tard pour trouver l’amour de sa vie. Tous les autres les auraient peut-être considérés impossibles : il combat un démon (physiquement il tourne en rond dans son appartement) et elle est persuadée que feu le compositeur Giacomo Puccini est amoureux d’elle. Les deux voisins deviennent des compagnons improbables et si ils ont clairement tous les deux leurs bizarreries, Burnett nous donne à voir une histoire d’amour entre deux originaux avec beaucoup d’empathie.

Cet article a été initialement publié par i-D UK.   

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