Courtesy of Théo Gosselin 

Le road trip dont on a tant rêvé en 2020

Quand il n’est pas confiné à Paris, le photographe Théo Gosselin sillonne le monde, appareil en main, de la Suède à l’Italie en passant par les USA. Il a compilé pour nous quelques clichés de ses road trips.

par Claire Beghin
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28 Décembre 2020, 3:13pm

Courtesy of Théo Gosselin 

On l’a tous en tête, cette image d’une bande de goudron plantée au milieu d’un désert de l’ouest américain, qui file droit vers un horizon à peine perceptible et emmène avec elle tous nos rêves de road trips, de motels plantés sur le bord de la route, de vieilles Cadillac Thunderbird et de stations services. On pense aux clichés de Lee Friedlander ou de William Eggleston, à Paris, Texas, à Easy Rider, à Thelma et Louise… toutes ces images ancrées dans l’imaginaire collectif, qui un jour nous ont donné envie de prendre la route, nous aussi, direction l’inconnu. Si c’est raté pour cette année, il nous reste encore le pouvoir de suggestion des images. Et celles de Théo Gosselin nous transportent sur le chemin parfait d’un road trip idéalisé.

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Courtesy of Théo Gosselin
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Courtesy of Théo Gosselin
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Courtesy of Théo Gosselin

Côté cinéma, il a plutôt grandi avec les films de Larry Clark et de Gus Van Sant, et les classiques de l’enfance comme les Goonies. « Ce que j’aimais, c’était déjà les lieux, mais aussi ces enfants qui gravitent au milieu d’une Amérique un peu pourrie, et qui prennent des initiatives pour bouger, pour s’amuser… » Lorsqu’il s’agit de bouger, il y connait quelque chose. Né au Havre en 1990, il s’essaye rapidement à la photographie, shootant ses potes skaters ou musiciens, avant de partir étudier le design graphique à Amiens. Bercé par la folk de Neil Young, par le classic rock des années 1970 et par ces images de gamins qui évoluent parmi les grands espaces de l’Amérique rurale, il décide de gouter, lui aussi, à ce mode de vie un peu idéaliste, où on avance au gré des paysages et des rencontres. Depuis, il ne s’est pas arrêté, et enchaine les campagnes de pub pour Marlboro, Coca-Cola ou pour l’industrie du luxe, pour pouvoir financer ses longues escapades sur la route.

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Courtesy of Théo Gosselin

« J’ai longtemps considéré ça comme une utopie, quelque chose que je ne pouvais pas vivre parce que je n’étais pas né à la bonne époque. À force de voyager, j’ai compris que je pouvais en faire un mode de vie, être en mouvement tout le temps, grandir avec les gens que je rencontrais sur la route… » Naturellement, l’ouest des États-Unis s’est rapidement imposé. « On pourrait en parler des heures. Le climat y est rude, le soleil tape, mais la vie n’est pas chère et on t’accepte comme tu es. C’est un lieu où les gens vont pour trouver des réponses, on y rencontre beaucoup de marginaux, les même qu’on croise dans la littérature ou les films. À force, on a envie de devenir ces personnages. » Et surtout, on s’y attache. Au fil de ses voyages, Théo Gosselin s’est constitué un petit groupe, des amis venus des quatre coins du monde et rencontrés au hasard, qui se retrouvent maintenant régulièrement pour voyager ensemble.

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Courtesy of Théo Gosselin
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Courtesy of Théo Gosselin
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Courtesy of Théo Gosselin

C’est ce mode de vie et ces personnalités qu’incarnent ses photos, où l’on passe du désert californien à un parking de Denver et des routes suédoises à la région des Pouilles. Avec, toujours, cette impression de liberté et de chaleur humaine, où l’inconnu s’invite dans des paysages familiers, où l’on dort dans sa voiture et l’on se baigne nu au hasard des points d’eau. « Il y a quelque chose d’extrêmement cliché dans ce que je fais, mais si c’est bien fait ça reste gravé dans la tête. Chez moi ça part de films indés autant que de block busters ou de comédies romantiques. J’aime mettre de tout dans mes images : de l’émotion, de la musique, des moments rudes, de la liberté… »

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Courtesy of Théo Gosselin
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Courtesy of Théo Gosselin

Tout ce qu’on cherche à trouver quand on part sur la route et qu’on est prêt à embrasser l’inconnu. Comme cette baignade dans les eaux des Pouilles, où l’on plonge nu pour se laver entre deux étapes. Ou cette semaine passée à Denver à attendre la réparation d’une voiture. « Avec Thibault, un ami d’enfance, et Emmanuel, que j’avais rencontré à New York en 2012, on a acheté pour 1 000 $ une vieille Ford Ltd de 1973. On l’avait appelé Brown, on a fait le tour des USA avec. Elle tombait souvent en panne, on s’est donc arrêté une semaine pour la faire réparer, chez des gens qu’on avait rencontré à Austin quelques années plus tôt. La photo de groupe sur le capot de la voiture date de cette semaine là. »

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Courtesy of Théo Gosselin
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Courtesy of Théo Gosselin

Bien sûr, la crise du Covid-19 a quelque peu freiné les choses. Mais Théo Gosselin prévoit déjà de repartir, avec l’Afrique du Sud pour prochaine destination. « Depuis que j’ai commencé à bouger, pendant mes études, je ne me suis jamais arrêté longtemps. Je vois tout ça comme un seul grand voyage où les souvenirs s’emmêlent, sans véritable début, et surtout sans fin. »

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