ce qu'ils pensent, un an après

Un an après les attentats du 13 novembre, i-D est parti à la rencontre d'une jeunesse en révolte mais pleine d'espoir et d'humilité.

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nov. 11 2016, 1:05pm

Il y a un an exactement, nous nous demandions quelle était la meilleure façon de parler des attentats et du triste sort qui s'abattait sur la France et sa jeunesse. Un an après, la question se pose toujours. Comment fait-on pour parler du 13 novembre 2015, pour en définir une mémoire, en tirer un "bilan" ? Une leçon même peut être. Il nous a semblé juste de repartir à la rencontre de cette jeunesse, alors qu'elle s'apprête à passer le baptême douloureux du "un an après". Sauf que cette fois-ci, d'autres variables se sont immiscées dans l'équation désolante que fut 2016. Les attaques, Nice, la percée fulgurante de Marine Le Pen, le Brexit et l'avènement de Donald Trump à la tête du pays le plus puissant du monde. Au regard de tous ces évènements, il serait peut-être temps de la rebaptiser, cette jeunesse. Génération X, Y, Z, Bataclan, Me Me Me ? Peut être devrions nous en fait parler de génération Invincible. Parce qu'elle encaisse les coups sans que son humanité ne s'en retrouve mutilée. Alors que la France entame une nouvelle parade électorale, qu'elle s'apprête à rendre hommage à ses morts et à passer le seuil d'une nouvelle année, i-D est parti sonder la jeunesse française, ses désirs et ses défiances. Straight-ups.

Idriss, 18 ans

Tu fais quoi dans la vie ?
Je suis au lycée, je fais du mannequinat parfois et je skate.

Comment s'est passée cette année depuis les attentats ?
C'était un peu lourd. Ma mère était plus stressée que d'habitude. Moi j'ai pris conscience qu'on pouvait mourir à tout moment. Je skate beaucoup à Répu. J'aurais pu passer par là moi aussi. Après j'ai 18 ans tu sais. Il faut que je vive ma jeunesse.

C'est comment d'avoir 18 ans à Paris en 2016 ?
C'est chaud. Surtout quand t'as pas d'argent !

Qu'est ce que t'aimes faire à Paris ?
Je vois des potes, j'ai un petit boulot, je fais du skate. On va souvent dans une arcade aussi. Elle est ouf.

C'est quoi tes rêves ?
Voyager, voir autre chose que Paris. Peut être que le mannequinat m'aidera. Je veux pas faire que les grandes villes du monde. Je veux vraiment voir des pays lointains, différents. Et puis skater, encore et toujours.

Tu as pensé quoi de l'élection de Trump ?
Je ne sais pas trop quoi en penser. Tout le monde est choqué mais c'est une réalité qu'il faut questionner. Ce n'est pas arrivé pour rien.

Tu appréhendes comment les élections françaises ?
Je flippe. J'ai reçu un courrier ça y est et ce sera mon premier vote. Je commence à avoir la pression ! Je n'ai envie de voter pour personne, je ne me sens pas représenté. J'irai voter, mais là pour le moment, personne ne me donne envie.

Si tu avais le pouvoir de changer une chose au monde, ce serait quoi ?
Le racisme. Surtout en France. On pense vivre dans un pays libre et ouvert. Mais c'est pas vrai. Les plus grandes victimes sont les arabes. Mes amis se font insulter tout le temps.

Si je te demandais de jouer un morceau de musique au monde entier, ce serait quoi ?
"Dans les poèmes de Michelle" de Terri Moise

Nadja Settel, 27 ans

Qu'est ce que tu fais dans la vie ?
Je suis comédienne.

Comment s'est déroulée cette année pour toi, au regard des événements de l'année dernière ?
Elle est passée à une vitesse hors-temps. J'ai l'impression que ces événements auraient pu se dérouler hier comme il y a mille ans. J'appréhende le 13 novembre qui arrive.

Qu'est ce qui a changé depuis ?
Il y a eu une prise de conscience, celle de la mort, avant toute chose. C'est une réalité qui nous nous est tombée dessus et c'est sans doute une bonne chose. Parce qu'on apprécie mieux son existence quand on sait qu'on n'est plus immortel. Après bien sûr, le racisme, la peur de l'autre sont de plus en plus vivaces - pas qu'en France mais partout dans le monde.

Et dans ta vie ?
Ça a changé mon rapport à la spiritualité. Je suis devenue croyante au sens spirituel du terme. Pendant six mois, j'étais en colère. Je n'avais pas la structure de passer outre ces événements, de me reconnecter avec la spiritualité, la mort et la vie.

Quel est le meilleur moyen de se révolter, aujourd'hui ?
N'importe quelle action peut être synonyme de révolte. Se révolter, c'est avant tout ressentir l'injustice : dans les rues, à travers les films et avec les récentes élections américaines. J'ai pleuré mercredi matin dans le métro. Et je considère que ressentir, c'est déjà une forme de révolte.

Comment appréhendes-tu les élections présidentielles françaises ?
Je pense que tout ça va créer la révolte et j'espère que les gens, dans l'urgence, se projetteront, agiront et sortiront de leur déni. On dépense trop d'énergie à être dans le déni.

Si tu devais jouer un morceau de musique au monde pour lui faire du bien, tu mettrais quoi ?
Erik Satie.

Olivier Nguyen, 21 ans

D'où tu viens ?
De paris, je suis né et j'ai grandi dans le 10ème arrondissement.

Est-ce que les attentats ont changé quelque chose à Paris selon toi ?
Oui, ne serait-ce que dans l'air de la ville, son ambiance. On s'est tous aperçu que notre petit confort ne tenait pas à tant de choses que ça. J'ai ressenti un avant et un après. Mais avec du recul, je pense que les événements nous ont permis de mesurer le poids des choses, la valeur de ce à quoi on tient. Tout prend plus de sens à la lumière de ce qui s'est passé le 13 novembre.

Tu penses que notre rapport à la fête est différent ?
Sans y penser vraiment on est plus dans l'instantané. On accorde plus de sens à l'éphémère, l'instant présent. C'est cette incertitude et cette fragilité qui nous font vivre les choses avec plus d'intensité et forcément différemment. Il y a eu Nuit Debout et c'est à mon sens un mouvement né en partie du 13 novembre et de la violence au sens plus large. Ces événements ont accéléré le temps. J'ai l'impression d'avoir vécu 5 ans en 365 jours.

C'est quoi le meilleur moyen de se révolter en 2016 ?
Être créatif. Créer des alternatives. Avec une vidéo, un son, un dessin, l'écriture... Faire voir les choses différemment et s'autoriser à être plus singulier et créatif. On a tous vécu la peur, le sursaut, l'angoisse maintenant il faut aller au-delà du ressenti. Moi j'ai repris mes études et à côté, je fais du hip-hop avec un ami : il rappe, je fais des prods. À moindre échelle on avance et on crée des choses.

Comment envisages-tu les prochaines élections françaises ?
Je les regarde avec une certaine distance. J'y crois, mais je préfère me concentrer sur ma vie, tenter d'être quelqu'un de bien, d'agir bien autour de moi - toutes proportions gardées.

Si tu pouvais changer une chose dans le monde, qu'est-ce que ce serait ?
Dans l'idéal, faire en sorte que les gens soient plus cool. Plus détendus. Que tout le monde se pose un peu, tranquillement.

Si tu devais jouer un morceau au monde entier pour qu'il aille mieux aujourd'hui, ce serait lequel ?
"Pom Poms", de Betty.

Karim, 27 ans

Tu fais quoi dans la vie ?
Je suis doctorant.

Comment tu as vécu l'année qui s'est écoulée ?
Très mal. Le 13 novembre a ouvert plein de brèches en France, et ça a été une année très difficile. Il y a eu un point de non-retour.

Ça a changé quelque chose chez toi ?
Au cours de cette année, en grande partie à cause du 13 novembre et de ce qu'il s'est passé après, je pense que j'ai arrêté de me définir comme français. Ce que je n'avais jamais fait auparavant.

C'est un acte de revendication ?
Non, même pas. Je n'en suis ni fier ni heureux. C'est quelque chose qui s'est imposé. C'est assez difficile à expliquer. Je n'ai pas non plus été la cible d'un racisme de fou ou quoi que ce soit. Mais dans le climat général, pas seulement les discours médiatiques, mais l'entourage de tout le monde, je me suis rendu compte que je n'y appartenais pas. Qu'on me soupçonnerait toujours de quelque chose.

Tu penses que les attentats du 13 novembre ont changé notre rapport au collectif ?
Oui, absolument. Je pense que c'est trop tôt pour dire de quelle manière. Moi qui vis à Paris, il y a évidemment plus de peur, mais il y a aussi un désir de se réapproprier l'espace public. Je ne sais pas ce que ça va donner, mais ce désir est là.

Comment tu envisages les prochaines présidentielles françaises ?
J'envisage de quitter la France. Sérieusement. Et pareil, c'est pas du tout un truc de revendication. Du coup les élections, j'ai presque peur de dire que je n'en ai plus grand chose à faire. Par contre, si Christiane Taubira se présente je voterai pour elle.

Si tu avais le pouvoir magique de changer quelque chose, ce serait quoi ?
Je pense qu'il y a une accélération énorme d'un système néo-libéral qui devient de plus en plus confortable et éhonté. Si je pouvais arrêter ça, j'arrêterais ça.

Si tu devais jouer un morceau de musique au monde entier, tu mettrais quoi ?
Soit "Dont Touch My Hair" de Solange, soit "I Only Have Eyes For You", la version des Flamingos.

Dilan, 23 ans

Un an s'est passé depuis les attentats. Est ce que les choses ont changé dans ta vie depuis ?
En fait tout a changé avant. Le 11 janvier 2015. Là j'étais vraiment triste. Puis le 13 novembre, finalement j'étais plus blasée qu'autre chose, presque détachée. Peut être qu'on a fini par intégrer ce genre de sursauts. On s'est presque habitués la violence. Nice a eu le même effet.

Tu penses qu'il y a une manière de remédier à cette ultra violence ?
Je veux croire que l'humain est encore capable de s'aimer et de diffuser des bonnes ondes. Mais au fond je me demande bien ce qu'on devrait faire. J'ai plein de questions et peu de réponses.

Tu te poses quoi comme questions ?
Comment fait-on après ça ? Comment reconstruit-on les choses ? J'aimerais bien qu'on me prenne par la main et qu'on me montre. Qu'on me donne un mode d'emploi. C'est ce qui est dangereux avec ce genre d'événement, on est souvent blasés au lieu d'être révoltés.

Tu penses qu'on peut tirer quelque chose de ces évènements, un an après ?
Je pense qu'on peut maintenant prendre du recul sur la situation et se soulever. On peut le faire de façon calme et pacifique. On pourrait s'aimer fort déjà.

Comment tu appréhendes les prochaines élections présidentielles ?
J'ai un peu perdu espoir depuis mercredi matin. On ne peut pas se laisser faire c'est tout ce que je pense.

Tu iras voter ?
Oui je le ferai par devoir mais je ne suis pas sure que cela servira à grand chose.

Si tu devais jouer un morceau pour faire du bien au monde, tu mettrais quoi ?
Don't Stop Me Now de Queen.

Ivan, 28 ans

C'est quoi le bilan de cette année pour toi, depuis les attentats ?
Je pense que j'ai fini par accepter ce qu'il s'est passé. Il se passe beaucoup de choses terribles ailleurs dans le monde, il faut qu'on y pense aussi. J'ai vécu des choses similaires dans le passé. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne faut pas se laisser mourir et avancer à fond.

Tu penses que les gens ont réussi à se rapprocher ?
Certains oui ! Après ça dépend énormément des milieux, de la proximité géographique avec les évènements aussi. Certains sont restés bloqués et n'ont que la télé comme référent. D'autres ont réussi à développer une certaine analyse des choses.

Qu'est ce que ça a changé dans l'espace public ?
Tout le monde a pris conscience que tout pouvait basculer. Il y a beaucoup de militaires partout, plus de contrôles. Il y a une trace de ces attentats, une présence. Mais c'est pas pour autant qu'on reste bloqués chez nous.

La plus grande urgence en France c'est quoi ?
Que tout le monde puisse manger à sa faim. De travailler à favoriser les liens sociaux. Et puis il est temps qu'on change de système politique et électoral. Le notre est anachronique, complètement décalé par rapport à la complexité de nos sociétés. Je trouve ça étrange qu'il y ait encore un clivage gauche/droite dominant. Ça ne veut plus rien dire.

Comment as-tu réagi à l'élection de Trump ?
Pour moi c'est une régression. Je suis qu'à moitié surpris, aux Etats-Unis, n'importe qui peut parvenir à se faire élire. C'est très triste. Ce qui me fait peur, c'est que ça amorce un mouvement plus large, dans d'autres pays. J'espère qu'on aura assez de jugeote pour ne pas répéter le même schéma en France.

Si je te demandais de jouer un morceau là maintenant, ce serait quoi ?
I Get Around de 2Pac.

Serena, 23 ans

Tu fais quoi ?
Je dessine.

Tu penses que la jeunesse vit différemment depuis les attentats de 2015 ?
On a eu vraiment peur, mais on est jeunes, on est à un âge où on passe au-dessus, on continue. Moi je sais que ça m'a révolté, ça m'a donné envie d'exister encore plus fort et de faire ce que je kiffe.

Ça a changé quelque chose pour toi, comme ta façon de dessiner par exemple ?
Oui j'ai eu envie de créer encore plus. Je dessinais déjà des monstres, des explosions, des choses un peu violentes. Avec des couleurs très flashy. Là j'ai eu envie d'aller encore plus loin dans mon délire.

Notre rapport à la fête est différent aujourd'hui?
Dans mon univers, vachement. Les gens ne pensent pas à leurs études ou autre. On a juste envie d'exister, d'arriver à vivre notre truc. Et la fête c'est un moyen d'être tous réunis, tous en harmonie, peu importent les religions, les nationalités, de nous défouler, d'exister ensemble.

Comment tu envisages les prochaines élections présidentielles ?
Je panique un peu. Et je suis totalement à côté de la plaque, je n'arrive pas à m'intéresser à la politique. Pour moi c'est un milieu d'araignées qui se battent entre elles. Je sais que je vais voter parce que j'ai peur, mais j'ai l'impression que toute ma vie je voterai contre quelque chose, et jamais pour. Avec mes copains on rêve juste d'aller sur une île déserte et de refaire notre monde.

Qu'est ce que tu souhaites au monde ?
J'aimerais que tout le monde soit de bonne humeur et heureux. Un monde de Bisounours. Qu'on gambade comme les Télétubbies.

Si tu devais appuyer sur "Play" pour jouer un morceau au monde entier ?
"Garcimore" de Booba.

Antoine, 24 ans

Tu fais quoi ?
Je suis journaliste enquêteur dans une boîte de prod qui fait des reportages pour la télévision.

Comment tu as vécu les attentas il y a un an ?
Alors j'étais à la projection du documentaire d'un pote à New York. Il devait être 15-16h, et j'ai appris les attentats par ma petite soeur, qui buvait un verre à Parmentier, qui me disait qu'elle venait d'entendre des cris dans la rue, qu'elle avait couru jusqu'à la maison.

Comment on le vit quand on est loin ?
J'ai eu un sentiment de culpabilité, d'impuissance, du fait d'être loin de mes proches, ça m'a fait vraiment peur. C'était vraiment un sentiment d'impuissance ; l'impression de ne servir à rien, d'avoir abandonné ses proches dans un moment difficile.

Tu penses que ça a changé notre rapport au collectif ?
Moi au début j'ai eu peur, en voyant tous les drapeaux français aux fenêtres, comme une levée de boucliers identitaires et forcément sécuritaires, ce qu'on a eu tout de suite avec l'état d'urgence. J'ai eu peur du rejet de l'autre, et d'une escalade de la peur du musulman. Mais en rentrant j'ai été rassuré par les discours que j'ai entendus, qui étaient d'abord sur le vif, mais qui se sont assez rapidement nuancés.

Qu'est ce qu'on devrait tirer de ces attentats, à froid ?
Je trouve qu'on n'a pas tiré de leçons. C'est proche des leçons qu'on aurait dû tirer des émeutes de 2005 ; le fait de voir qu'il y a une population jeune issue de l'immigration qui souffre. Il y a des politiques d'intégration économiques et sociales qu'on devrait mettre en œuvre au lieu de ce spectacle sécuritaire qui ne sert pas à grand chose selon moi. En 2005, les jeunes de banlieue ont exprimé leur mécontentement, personne n'a fait attention. Il y a beaucoup de leçons à en tirer en termes d'éducation, de politique sociale, économique, des territoires défavorisés, etc.

Comment appréhendes-tu les prochaines élections présidentielles ?
Je ne sais pas du tout pour qui je vais voter. Brexit, Trump, ça fait peur, quand on a vu comment Marine Le Pen exultait ce matin. Et quand on voit tous les sondages qui ne prévoyaient ni le Brexit, ni Trump, et qui ne prévoient pas Marine Le Pen. Je n'ai jamais été autant dans le flou par rapport à une élection.

Victoria, 23 ans

Tu fais quoi dans la vie ?
Je suis étudiante en sciences humaines.

Comment s'est passée cette année pour toi ?
Elle a démarré sur un électrochoc. J'ai réalisé que peu de gens avaient conscience de ce qu'il se passait dans le monde, avant ces attentats. Je crois que les gens sont désormais plus sensibles à la situation diplomatique dans laquelle nous vivons.

Qu'est ce que les attentats ont changé dans ta vie ?
J'ai été sensibilisée je crois. D'habitude, lorsqu'on débat sur les politiques internationales, on parle souvent de pays étrangers. Cette fois-ci, ça s'est passé chez nous. Ça change beaucoup de choses.

Tu crois que la jeunesse devrait se révolter ?
Oui. Elle aurait dû le faire il y a bien longtemps en fait.

C'est quoi la meilleure façon de se révolter selon toi ?
Je ne crois pas que ça passe nécessairement par l'urne. Je vois le vote de plus en plus comme une participation passive. Il y a une urgence. Il faut être dans l'action.

De quoi souffrons-nous le plus en France pour toi ?
Du racisme je pense. La France black, blanc, beur est devenue une illusion. Les attentats en France ont permis à certain de s'unir mais en ont poussé d'autres à réclamer un retour à une "vraie France". Ça ne veut rien dire, c'est terrifiant. Et puis il y a beaucoup de gens qui souffrent de misère sociale. Il faut les prendre en compte. Et il faut trouver une intersectionnalité entre les luttes. Nous sommes tous concernés.

Quelles sont tes luttes à toi ?
Moi je suis une femme, noire et de banlieue. Ma lutte se situe entre ces trois réalités et contre une oppression blanche capitaliste et patriarcale et contre la domination masculine noire. Je suis profondément afro-féministe et panafricaine.

Comment tu appréhendes les prochaines élections présidentielles françaises ?
Moi je suis apolitique. Je ne m'intéresse pas au jeu politique, aux luttes électorales. Je ne m'y retrouve pas du tout. Je ne participerai pas au processus électoral. Je lutterai autrement.

Si tu devais jouer un morceau de musique, là maintenant, ce serait quoi ?
Solange - F.U.B.U / For Us By Us.

Credits


Photographie : Roddy Bow
Texte : Micha Barban-Dangerfield