Raul Solis of LRS, and stylist Alison Marie Isbell. Photography Alex Lee.

7 créateurs new-yorkais à suivre

Ils font tous partie de la nouvelle garde de la mode new-yorkaise. Celle qui déjoue les codes de l'industrie en imaginant une esthétique DIY – à la marge des grands podiums.

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nov. 17 2016, 2:05pm

Raul Solis of LRS, and stylist Alison Marie Isbell. Photography Alex Lee.

LRS Studio
Nom : Raul Solis. Âge : 31 ans. Ville d'origine : Los Angeles. Quartier new-yorkais : Bed-Stuy. Qui est ton mannequin et comment tu l'as rencontrée ? Alison [Marie Isbell] est une amie et styliste avec je travaille sur LRS. Qu'a-t-elle en commun avec l'esprit de ta marque ? L'individualité, le courage et l'âme. Alison est quelqu'un de très original, à l'identité très marquée. Elle est une source d'inspiration et de bonté sans fin. Quelle est l'histoire de ta collection la plus récente ? Les références sont à chercher dans les photos de lycéens du début des années 2000, des gangs de skateurs, des fêtes et raves. Qu'est-ce qui est le plus excitant dans le fait d'être designer à New York aujourd'hui ? La tolérance, l'acceptation. Aujourd'hui plus que jamais, l'industrie se tourne vers de jeunes designers, elle est prête à s'essayer à de nouvelles idées, à supporter de nouvelles marques. Et qu'est-ce qui est le plus dur ? Le manque de soutien financier. Si tu pouvais habiller une personne pour les Oscars, ce serait qui ? Helena Bonham Carter, dans une robe spécialement pour elle, à rayures, faite à la main, au crochet. 

Song Seoyoon
Nom : Song Seoyoon. Âge : 25 ans. Ville natale : Séoul. Quartier new-yorkais : Bushwick. Qui est ton mannequin, et comment vous êtes-vous rencontrés ? Kevin Tierney, c'est un skateur pro, né à New York. Je l'ai rencontré via une amie, Taylor, qui est sa copine. J'aimerais qu'un jour il porte l'un de mes survêt' aux imprimés monogrammes en roulant sur sa fausse planche Gucci. Qu'a-t-il en commun avec ta marque ? Je suis encore en train de développer mon identité, donc je ne sais toujours pas ce que ma marque est censée être. Je fais simplement ce que je veux, à ce moment, à cet endroit. Quelle est l'histoire de ta dernière collection ? Je l'ai d'abord initiée pour montrer la beauté de la confection d'un vêtement. J'ai utilisé des garnitures, des broderies, des imprimés et des appliqués pour mimer le processus de conception des patrons, du drapage et de la couture. Et puis, pendant mes recherches dans les usines de confection de New York, je suis tombée amoureuse du style des couturières : des costumes formels avec des sweats sporty, de belles chaussettes dans des pantoufles en plastique, des faux sacs de designers, de la matière de designers sur leurs mains. Des tenues en conflit, qui se réconciliaient parfaitement. Qu'est-ce qu'il y a de mieux dans le fait d'être designer à New York en ce moment ? Tu peux tout trouver ici. Tout genre de musique, d'art, de design, de culture, de personnes… Tout ce que tu veux, tu le trouves. Et qu'est-ce qu'il y a de plus dur ? Le fait que ce soit une ville. J'aimerais bien que New York soit une énorme montagne, ou une île tropicale. Si tu pouvais habiller quelqu'un pour les Oscars, ce serait qui ? David Lynch. 

Vaquera
Noms : Patric Dicaprio, Bryn Taubensee, David Moses et Claire Sully. Âges : Patric et Bryn ont 26 ans, David et Claire ont 22 ans. Quartier de New York : Greenpoint. Qui est votre mannequin et comment l'avez-vous rencontré ? Lilien Fritz. On l'a rencontré au boulot de David et Patric. C'était à notre tour de mettre de la musique, et on dansait comme des fous derrière la caisse, et on a vu quelqu'un avec une énorme fourrure sur les épaules, en train de faire comme nous de l'autre côté de la boutique. On est allé lui parler. Qu'a-t-il en commun avec votre marque ? L'audace et le besoin de comprendre et d'exprimer son identité, même à un aussi jeune âge. On pense l'engager en tant que consultant créatif. Quelle est l'histoire de votre dernière collection ? On s'est intéressé à la connexion entre les référence grecques des fraternités universitaires et la Grèce Antique. En gros, Vaquera qui faisait une fan fiction Abercrombie & Fitch. Le mieux dans le fait d'être designers à New York aujourd'hui ? Toute la presse qui nous a été consacrée nous a offert une plateforme où discuter des problèmes de l'industrie de la mode. On est là pour prouver qu'avoir une marque de vêtement ce n'est pas que gloire et argent. Le plus dur, dans le fait d'être designers à New York aujourd'hui ? Être considéré comme une marque underground new-yorkaise de plus. Beaucoup de nos amis sont designers. On adore ce qu'ils font, mais c'est toujours assez vexant d'être mis dans le même panier que d'autres, qui font des choses complètement différentes, juste parce qu'on habite au même endroit et qu'on a les mêmes âges. Vous aimeriez faire quoi dans dix ans ? Continuer à faire des vêtements qui nous inspirent. 

Lou Dallas
Nom : Raffaella Julia Hanley. Âge : 27 ans. Ville natale : New York. Qui est ton mannequin, et comment vous connaissez-vous ? Mon amie Emma McMillan. On s'est rencontrées à une fête où je crochetais ma première collection. On n'a cessé de collaborer depuis. Qu'a-t-elle en commun avec l'esprit de ta marque ? L'esprit de Lou, c'est vivre dans son imagination, et Emma transpire la fantaisie. Elle est capable d'incarner l'essence de Lou Dallas, en tant que mannequin comme en tant que scénographe. Si je pense à Marie Antoinette, à l'écoterrorisme ou au sportswear, elle est la clé pour décrypter ces idées. Quelle est l'histoire de ta dernière collection ? Je me suis inspiré de robes. J'ai regardé Christian Lacroux, Galliano à Dior, Alexander McQueen et Cristóbal Balenciaga. J'ai également été inspirée par la Taliesin West House de Franl Lloyd Wright ; par les paysages d'Arizona, les plantes désertiques, les couleurs de Joseph Albers et Georgia O'Keefe. Je me suis imaginé un diplomate en visite sur une autre planète. Quel endroit t'inspire le plus à New York ? N'importe quel endroit où je déambule. Tu écoutes quoi en travaillant ? Double Fantasy de John lennon et Yoko Ono, et I'm Your Man de Leonard Cohen. Si tu pouvais habiller quelqu'un pour les Oscars, ce serait qui ? Hedy Lamarr, en jarretières et robe orange, cape canari et talons roses de 20cm. 

Gauntlett Cheng
Noms : Esther Gauntlett et Jenny Cheng. Âges : 27 ans et 26 ans. Villes de naissance : Perth, Australie, et Long Island, NY. Quartiers new-yorkais : Bed-Stuy et Chinatown. Qui est votre mannequin et d'où la connaissez-vous ? Zoe Kestan. Zoe et Jenny ont toutes les deux étudié les textiles à RISD. Qu'incarne-t-elle de l'esprit de votre marque ? La parcimonie. Quelle est l'histoire de votre dernière collection ? On doit toutes les deux gérer des jobs alimentaires, en plus de sortir le soir et de bosser sur la marque. La collection raconte ce moment, quand on perd un peu pied, quand on perd son calme au travail, quand on oublie qu'on doit se lever tout le matin pendant qu'on fait la fête toute la nuit. Quand ces deux mondes s'entremêlent. Quel endroit de la ville vous inspire le plus ? Brighton Beach. Qu'est-ce que vous écoutez en travaillant ? En ce moment, Ray of Light de Madonna. Qu'est-ce qu'il y a de mieux dans le fait d'être designer à New York en ce moment ? J'ai l'impression qu'en ce moment, les institutions, les stylistes et magazines sont de plus en plus intéressés par les jeunes designers. C'est très encourageant, surtout quand ta marque n'est tenue que par toi et l'aide de tes potes. C'est un travail de passion, et ça fait plaisir de le voir reconnu. Qu'aimerez-vous faire dans dix ans ? Être payées pour la même chose qu'on fait en ce moment - avec un peu plus de voyages d'affaires. 

Eric Schlösberg
Nom : Eric Schlösberg. Âge : 28 ans. Ville natale : Miami Beach. Quartier de New York : East Village. Qui est ton mannequin et d'où le connais-tu ? Logan est mon mari ! Qu'est-ce qu'il incarne de l'esprit de ta marque ? Ma marque célèbre l'expression personnelle, le fait de s'habiller comme le personnage que l'on veut être à un moment précis. Tous mes amis qui ont servi de modèles pour cette collection font ça tous les jours. Quelle est l'histoire de ta dernière collection ? Cette saison, j'ai voulu raconter l'histoire d'une fille de la campagne qui bouge à Hollywood pour devenir actrice, et qui devient une star ! Mais je me suis concentré sur le côté obscur du succès, et la quête insatiable de perfection. Tu écoutes quoi en travaillant ? Korn, Limp Bizkit, Hole, Rihanna, Ariana Grande et Marilyn Manson, bien sûr. Qu'est-ce qu'il y a de mieux dans le fait d'être designer à New York aujourd'hui ? Pour la première fois depuis très longtemps, on a l'impression que New York vit un moment décisif. Et qu'est-ce qu'il y a de plus dur ? Parvenir à se maintenir à flots en tant que jeune designer, dans une des villes les plus chères du monde. Qu'aimerais-tu faire dans dix ans ? J'espère m'acheter un chez moi, ici à New York, ah ah ! Si tu pouvais habiller quelqu'un pour les Oscars, ce serait qui ? Dans un monde idéal, Alaska Thunderfuck serait nommée aux Oscars, et je l'habillerai avec les vêtements les plus brillants, horribles et vulgaires qui me viendraient en tête. 

Barragán
Nom : Victor Barragán. Âge : 24 ans. Ville d'origine : Mexico. Quartier de New York : Bed-Stuy. Qui est ton mannequin et d'où la connais-tu ? Alexandra Myshalov. On s'est rencontrés sur Instagram. Qu'a-t-elle en commun avec l'esprit de ta marque ? C'est une femme forte, qui a confiance en elle. Quelle est l'histoire de ta dernière collection ? Le mythe de Sisyphe. Quel endroit de New York t'inspire le plus ? N'importe quel supermarché de Chinatown. Qu'est-ce qu'il y a de mieux dans le fait d'être designer à New York en ce moment ? La diversité qu'il y a dans tous les domaines, et le fait de pouvoir commander de la bouffe 24h/24. Et qu'est-ce qu'il y a de plus difficile ? Trouver du temps pour dormir et traîner avec les potes. Tu aimerais faire quoi dans dix ans ? La même chose, à plus grande échelle. Si tu pouvais habiller quelqu'un pour les Oscars, ce serait qui ? J-Lo, dans quelque chose de transparent, avec des cristaux de Swarovski. 

Credits


Texte Alice Newell-Hanson
Photographie Alex Lee