inspirez, expirez : l'ambient tranquillisante de d.k. va nous faire beaucoup de bien

Son nouvel EP « Distant Images » vient de sortir chez Antinote – un doux mélange d'ambient et de sonorités liquides salvateur.

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nov. 15 2017, 11:47am

Nous en parlions il y a quelques temps, l’ambient fait son grand retour. Le genre ressurgit dans un paysage électro mondial et français un peu trop en boucle et incarne comme une nouvelle envie de slow culture. Un besoin partagé de se laisser porter par de longues volutes sonores ataraxiques – celles qui donnent l’impression de flotter en étoile, béat, à la surface d’un lac imaginaire. En septembre dernier, le Red Bull Music Academy Festival consacrait même toute une soirée au répertoire à Paris, et confirmait ainsi l’avènement d’une nouvelle vague d’artistes ambient. Et si on devait attribuer le titre de maitre en la matière à un musicien français, il reviendrait sans aucune hésitation à Dang Khoa Chau, plus connu sous le nom de D.K. (ou 45 ACP pour son versant techno) qui oeuvre depuis plusieurs années maintenant au sein du label parisien Antinote.

Des nappes vaporeuses qui s’étirent sur des beats langoureux, des percussions exotiques portées par des carillons et des fréquences basses qui dessinent des alcôves semblant si réelles qu’on croirait pouvoir les toucher. Les sons de D.K. répondent à une équation complexe qu’il affine et fait évoluer à la manière d’un sculpteur ou d'un chimiste : à chaque nouvelle sortie, ses compositions semblent gagner en épure sans pour autant tomber dans l’évidence. « J’attache de plus en plus d’importance au travail de textures et au choix des pads que je vais utiliser. Chaque élément doit être indispensable, c’est peut-être pour ça que ma musique tend à s’épurer davantage, » explique-t-il. Son nouvel EP, Distant Images témoigne d’un passage assumé dans l’ambient vers lequel il s’oriente naturellement depuis plusieurs années. Une évolution organique qui se ressent plus puisement à chaque nouvelle sortie.

Lorsqu’on lui demande qui ont été ses héros de l’ambient, D.K. répond : « Deux compositeurs m’ont beaucoup influencé, Hiroshi Yoshimura et Yoshio Ojima. Ces deux artistes, pionniers de l’ambient au Japon, m’ont donné envie de m’intéresser davantage au genre. Chaque album est une expérience sonore qui s’écoute du début jusqu'à la fin, comme une pièce improvisée. C’est vraiment très beau et apaisant, il y a quelque chose d’immersif dans cette musique. On a vraiment l’impression de plonger dans un univers très liquide et aquatique, grâce à ces longues nappes de synthés FM. » Et la filiation est plus qu'évidente.

C’est pourtant à Rennes que D.K. a fait ses premières armes. Un peu plus loin de l’ambient, plus proche de la techno, il se souvient de ceux qui l’ont influencé : « Je pense à Jean Carval (Editions Gravats), Low Jack et Dj David Coquelin (de PRR! PRR!) avec qui j’ai commencé à écouter de la techno mais aussi plein d’autres trucs bien pétés à l’époque haha. On organisait des soirées trop débiles où on jouait tout et n’importe quoi, mais c’est finalement pendant ces teufs où j’ai vraiment pris goût à mixer des disques. Je ne connais plus très bien la scène musicale Rennaise car ça fait un moment que je n’y habite plus. Par contre, Il y a deux artistes qui y vivent et qui font des trucs hyper cool, Felicia Atkinson (de Shelter Press) et Black Zone Myth Chant (aka High Wolf). »

Pour célébrer la sortie de son nouvel opus, D.K. partage en exclusivité sur i-D, le titre homonyme « Distant Images » – 4,30 minutes de circonvolutions rêveuses et orbitales, de vagues caressant nos synapses et de grelots quasi liquides. Un son qui ralentit le monde et l'apaise. On a demandé à D.K. la meilleure façon de découvrir cette nouvelle sortie : « allongé c’est bien ». Vous savez ce qu’il vous reste à faire.


Crédit photo : Benjamin Schmuck.