Photographie Wanda Martin

15 questions à fat white family (le groupe le plus timbré de ces dernières années)

Après la sortie de leur troisième album, et juste avant leur tournée cet automne, votre groupe de rock préféré (même si vous ne le savez pas encore) à répondu à nos questions.

par Felix Petty; photos Wanda Martin
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27 Août 2019, 8:16am

Photographie Wanda Martin

Arrêtons-nous deux secondes sur un fait : Fat White Family est le groupe le plus divertissant, le plus libre et le plus bizarre du moment. Et leur troisième album, Serfs Up ! en est le gage. On y retrouve ce savant mélange de pop weirdo, de nihilisme psyché et de satire politique pour un résultat étonnamment tendre. Le disque n’est pas foisonnant par hasard : pendant sa production le groupe a vécu une rupture, quelques addictions à la drogue, une réunification et un déménagement à Sheffield, dans la campagne anglaise. Résultat : c'est notre album préféré de 2019. Avant leur tournée, nous nous sommes posés quelques minutes avec Fat White Family, pour trouver des réponses aux questions que tout le monde se pose.

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Vous faites quoi aujourd’hui ?
Lias : Je vais faire le trajet en voiture de Manchester à New Malden avec mon grand frère Tam. En arrivant, je vais aller répéter avec mon nouveau groupe, Decius. Pour ceux qui ne seraient pas au courant (c’est-à-dire à peu près tout le monde), Decius est un conglomérat d’acid house dont le seul objectif est d’envoyer la sauce.

Sam : Moi je vais faire ce que je fais tous les jours, essayer de dominer le monde.

Alex : Ce soir je joue au Windmill avec Scud FM. C’est le projet de Warren, de Meatraffle, sa femme Ros, Adam Brennan et Nathan, enregistré aux Chamzone Studios de Sheffield.

Adam : Je vais chiller.

Où avez-vous grandi, et comment ?
Lias : C’est compliqué de répondre à ça de manière succincte. J’ai grandi à Galway, Ayr, Cookstown et Dungannon. C’était ok, jusqu’à ce que je déménage en Irlande du Nord, où c’était la merde.

Sam : Kettering Town. Le centre culturel des Midlands.

Alex : À côté de Newbury, près d’une forêt. C’était assez plaisant.

Adam : Je n’ai pas envie de parler de mon passé.

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Votre meilleur souvenir d’enfance ?
Lias : Quand je me suis chié dessus sur la place principale de Montpellier, à 9 ans, parce que mon grand frère ne voulait pas décrocher d’un jeu d’arcade, Daytona sur Sega. Pour info j'étais en short.

Sam : Quand j’ai compris que Dieu n’existait pas.

Alex : Quand on tuait des poulets, et quand on mangeait des poulets.

Adam : Quand ma grand-mère m’a enfermé dans la grange parce que je faisais des conneries, et que j’ai pu jouer avec tous les outils dedans.

Le moment de votre carrière qui vous rend le plus fier ?
Lias : Voir mon petit frère balancer du whisky dans la gueule de Mark E Smith qui venait de lui balancer du champagne dans la sienne. Manchester 1, Brixton 1.

Sam : Voir Nathan pisser sur scène.

Alex : De la sortie du dernier album à notre concert au Kentish Town Forum : je suis fier de cette période. Fier de tout le monde, pour avoir réussi à faire tout ça aussi bien.

Adam : Quelle carrière ?

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Décrivez-vous en quatre mots.
Lias : Il va mourir seul.

Sam : Énigmatique, flemmard, irritable et radin.

Alex : C’est quoi ce bordel ?

Adam : Plutôt cool, en vérité.

Décrivez Serfs Up ! en quatre mots.
Lias : Dieu merci, c’est fini.

Alex : Chansons pour nos mères.

Adam : L’album numéro trois, non ?

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Qu’est-ce qui vous rend le plus fiers de cet album ?
Lias : Le seul fait qu’il existe.

Alex : Avoir fait partie de son processus de création.

Adam : Le fait que ça m’ait donné un boulot.

Le paradis, ça ressemble à quoi ?
Lias : Walking Street, à Pattaya ?

Sam : Un half-pipe ?

Adam : Asda, sur Rye Lane.

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La composition de votre dîner de rêve, et votre menu ?
Lias : Hitler, Mussolini, Kadhafi, et Morissey. Forcément, je préparerais un menu végétarien.

Sam : Gary Lineker, Jerry Seinfeld, Tony Soprano et Bez. Des chips, des céréales, des pâtes et des ecsta.

Alex : Ray Charles, Marvin Gaye, Stevie Wonder, Lee Perry, Sly Stone et George Clinton. Je demanderais à Nathan de faire le traiteur, il cuisine hyper bien.

Adam : Juste moi et Nathan, et une fabuleuse bolognaise. Préparée par lui, évidemment.

Vous vous voyez où en 2029 ?
Lias : À Walking Street, Pattaya.

Sam : Dans un meilleur groupe.

Alex : Toujours devant des microphones.

Adam : En train de chiller.

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Comment vous avez dormi cette nuit ?
Lias : J’ai utilisé les antidépresseurs de mon grand frère pour m’évanouir sur le sol de sa cuisine à Manchester. Il ne va pas bien en ce moment, il a été déporté de Chine pour consommation de drogue et a tout perdu.

Alex : J’ai eu le sommeil douloureux, mais le rêve joyeux.

Adam : J’ai fait des cauchemars toute la nuit. Peut-être parce que j’ai fumé un peu de shit avant de dormir. Mais je croyais que c’était censé te faire des nuits sans rêve.

Qu’est-ce que la presse comprend mal de votre groupe ?
Lias : À peu près tout.

Sam : Je pense que la presse – et un tas de gens au-delà – voient Fat White Family comme des antagonistes, alors qu’on s’amuse au dépend des autres mais surtout au dépend de nous.

Alex : Ils essayent, mais ils finissent toujours par nous faire de la pub.

Adam : Ils disent de nous qu’on est des gauchistes.

Et qu’est-ce qu’elle comprend bien du groupe ?
Lias : On peut dire que Serfs Up ! a plutôt été bien compris et critiqué.

Alex : Cinq étoiles… Mozart… Ce genre de trucs.

Adam : Très peu de choses.

Comment pensez-vous que l’on se souviendra des deux premières décennies de 2000 ?
Lias : L’époque où les gens ont enfin arrêté de faire semblant et se sont noyés dans un narcissisme total, un non-sens politique et l’imagination la plus flasque possible.

Sam : La new rave, les twin towers, le métro, la haine, l’avidité et le reste (les famines et compagnie).

Alex : Le début de la fin.

Adam : « Touch my bum, this is life. »

Vous faites quoi demain ?
Lias : Je vais me choper du Valium, et j’espère voir ma filleule.

Alex : Un « five park challenge » – cinq parcs et deux galeries dans la journée, sans transport. Un bon moyen de remettre les idées au clair après une soirée agitée.

Adam : Je vais rencontrer le nouveau chiot de mes frères. Je suis impatient. T’es vraiment un psychopathe si tu n’aime pas les chiots.

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Credits


Photographie et direction créative Wanda Martin
Stylisme Lucy Isobel Bonner
Coiffure Emma Tierney
Maquillage Anna Inglis Hall
Décor Phoebe Anne Harris
Assistance photographie Diego Hernandez et Panna Donka
Assistance stylisme Felix Mackow
Assistance maquillage Madeleine Mary Feeney

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